Nicolas Sarkozy , Sécurité

Serge Portelli, Ruptures | 10 mars 2007 | | 3 commentaires

Serge Portelli, Ruptures, chapitre III : Nicolas Sarkozy, la "Justice automatique"

Suite de l’essai de Serge Portelli

Chapitre III

JUSTICE AUTOMATIQUE

L’excuse de la barbarie

« Si l’on excuse la délinquance aujourd’hui, il faut s’attendre à la barbarie demain », dit Nicolas Sarkozy. L’expression revient souvent dans sa bouche, le slogan, apparemment réussi, ayant eu l’heur de plaire. Excuser : mettre hors de cause, justifier, pardonner. Barbarie : état très éloigné de la civilisation, acte d’une grande cruauté. Qui justifie ou pardonne les délinquants en France ? Apparemment personne. Qu’est-ce qu’un barbare ? « Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie », disait Claude Lévi-Strauss. La formule de Nicolas Sarkozy est évidemment malheureuse. Mais il faut la suivre jusqu’au bout, au-delà du haussement d’épaule que provoquerait un bon mot légèrement maladroit. Le mot barbarie sert à décrire cette fin de civilisation, cette décadence violente qui suivrait une trop forte compréhension de l’acte de délinquance, qui s’accompagnerait d’un énervement de la répression et en définitive d’un refus de juger. Tenter de comprendre aboutirait finalement à laisser les délinquants en liberté et à accroître le crime dans un monde sans juge ni police, un monde sans règle, ni loi. On peut se demander d’où Nicolas Sarkozy tient cette vision apocalyptique qui ne correspond à aucune évolution encore connue de l’humanité. Pourquoi assimiler le questionnement sur les causes du crime à une excuse ? Pourquoi cette peur de comprendre ?

Peut-être ce refus s’explique-t-il par la crainte d’être confronté aux véritables causes de la délinquance, et à cette vérité d’évidence : le délinquant n’est pas un monstre, il nous ressemble, il n’a pas de gêne particulier. Nous pourrions être à sa place si sa vie avait été la nôtre. Nous avons tous en nous de quoi faire un parfait délinquant.

En fait, il est beaucoup rassurant de penser qu’il n’y a rien à comprendre. Nous évitons ainsi de jeter le moindre regard et sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure. Dès lors la délinquance devient quelque chose d’extérieur, une entité propre, Elle n’a pas de cause, elle est un pur produit. Nous pouvons la choisir ou la rejeter librement. Elle fait l’objet d’un pur choix de l’esprit humain. Elle est l’expression d’une volonté délibérée. Commettre un crime ou un délit devient une affaire de volonté, une volonté qu’il faut donc briser puisque c’est à ce niveau-là qu’il faut agir, à l’exclusion de tout autre. La lutte pour la sécurité devient dans cette optique un combat de volontés contraire : d’un côté celle du délinquant qui tient farouchement à passer à l’acte pour y trouver diverses satisfactions, de l’autre celle de l’Etat protecteur qui doit légitimement punir sévèrement et même de plus en plus sévèrement si le délinquant persévère et récidive.

Quand les esprits seront mûrs ou la rengaine des pleines plancher

« Je demande que les peines plancher, c’est à dire que des gens qui reviennent pour la 20ème fois devant le tribunal correctionnel, je souhaite qu’ils soient automatiquement condamnés à une peine lourde » (Emission à vous de juger, France 2). « Faut-il établir des peines minimales, dites “plancher” ? À terme oui ; mais les esprits ne sont peut-être pas encore assez mûrs pour cela » (intervention du 21 novembre 2006 à l’Assemblée Nationale).

Voici plus de deux ans que le fruit mûrit. Inlassablement Nicolas Sarkozy revient sur le sujet et en fait l’un de ses principaux chevaux de bataille. Il avait tenté, en vain, d’introduire cette réforme dans la loi sur le traitement de la récidive promulguée en décembre 2005. Personne n’en voulait, sauf lui : il a du renoncer provisoirement. Il a retenté sa chance un an plus tard, dans le cadre de la loi sur la prévention de la délinquance ; il voulait, là, faire appliquer les peines plancher aux mineurs récidivistes. Le groupe parlementaire UMP a tenté de proposer un amendement en ce sens mais la manoeuvre a échoué de la même façon et pour les mêmes raison qu’en 2005. L’UMP n’a pas osé et le premier ministre a renouvelé sa profonde hostilité au principe.

On peut légitimement se demander pourquoi une telle obstination. Le ministre-candidat a moins le mérite du courage car il était très isolé dans la classe politique, en dehors de ses amis proches, lorsqu’il a commencé à proposer cette mesure. Au sein du gouvernement, depuis 2002, il n’a trouvé aucun appui. Même ses fidèles alliés que furent les gardes des sceaux successifs, Dominique Perben ou Pascal Clément, pourtant prompts à le soutenir, ont condamné son initiative. Tous le lui ont dit sur tous les tons, rien n’y a fait. La réforme a donc été écartée provisoirement des registres du parlement mais elle resurgit dans la campagne présidentielle. Si le ministre de l’intérieur est élu, il a promis qu’il la ferait voter « tout de suite ». Il faut donc essayer de comprendre le sens de cette proposition, dans quel projet elle s’inscrit et si elle correspond à un vrai problème. D’autant que cette idée de peine plancher, proposée aujourd’hui pour les récidivistes majeurs puis mineurs, a toute chance, si son promoteur est élu, de s’appliquer à bien d’autres catégories de délinquants que les récidivistes.

Peine-plancher, peine-plafond, l’argumentation de Nicolas Sarkozy

L’argumentation principale en faveur de la peine-plancher est très simple. Elle est de nature purement répressive. Il s’agit de frapper fort pour être dissuasif. On rejoint là la philosophie de base sur l’excuse et la barbarie. Tel était le motif principal de la proposition de loi déposée le 4 février 2004 par les amis du ministre de l’intérieur, M. Estrosi en premier. Son intitulé était clair : « proposition de loi tendant à instaurer des peines minimales en matière de récidive ». L’exposé des motifs était une longue lamentation répressive contre les réductions de peine. « Les peines prononcées par les juridictions répressives en cas de récidive légale restent la plupart du temps très largement inférieures au maximum de peine encouru hors application des dispositions d’augmentation de la peine. En outre, les mesures d’aménagement de la peine et l’application des dispositions relatives au cumul et à la confusion des peines ôtent au principe d’aggravation des peines en matière de récidive légale une grande partie de son exemplarité et de son effet dissuasif ». En conséquence, « le dispositif proposé adressait un message fort aux délinquants afin de ne plus banaliser la récidive légale ». Il ne s’agissait pas, contrairement à ce que laisse croire le ministre-candidat, de punir celui qui revient pour « la 20e fois » mais celui qui revient simplement pour la 2e fois. Il est évidemment plus facile de parler de la 20e fois que de la deuxième ou de la troisième. Mais dans la réalité, la peine plancher sera très rapide. Le disposition mérite d’ailleurs qu’on la rappelle. Pour les délits, à la première récidive, la peine serait fixée à un tiers de l’emprisonnement ferme maximum prévu. À la deuxième récidive, la peine-plancher est fixée aux 2/3 et à la troisième, c’est le maximum qui est automatiquement appliqué sauf « à titre exceptionnel », par décision spécialement motivée du juge. On voit donc que le terme de « peine-plancher » est impropre, il faudrait plutôt parler de « peine-plafond ». Dans leur fureur de répression, les auteurs de la proposition demandaient même qu’aucun aménagement de peine ne soit possible pour les récidivistes de la part du juge de l’application des peines et que même le placement sous surveillance électronique soit exclu.

Le système de peine-plancher désormais proposé par Nicolas Sarkozy est encore plus sévère que celui développé début 2004. Il l’a exposé dans une interview au Parisien, le 21 février 2007 puis dans une interview à RMC le 26 février 2007 : « alors je demande donc que lorsqu’il s’agit d’un récidiviste, à la première récidive, il sache qu’on ne peut pas le condamner à moins de la moitié de la peine potentielle. A la deuxième récidive, qu’il ne puisse pas être condamné à moins des deux tiers de la peine potentielle »... « Et pour la troisième, ce sera 100% de la peine prévue ».

L’autre argument avancé pour les peines planchers tient à une sorte de parallélisme des formes. « Si le plafond des peines n’empêche pas la liberté, pourquoi le plancher le ferait-il ? » s’exclame naïvement Nicolas Sarkozy le 7 novembre 2006 devant un parterre de procureurs généraux et de recteurs. Personne n’a répliqué à cette « pensée » profonde. Mais chacun comprend la différence sans qu’il soit besoin d’être ni avocat, ni procureur général. L’édiction d’un maximum par la loi répond au souci d’établir une proportionnalité entre l’acte et la peine. On ne peut pas punir un vol simple de 30 ans de réclusion criminelle. Il faut donc prévoir, pour protéger la liberté, que le juge soit limité par un plafond qui sera, autant que faire se peut, proportionné à la gravité moyenne de l’infraction. La liberté dont il s’agit est une garantie contre l’arbitraire des juges. Prévoir un minimum de peine en dessous duquel le juge ne peut descendre répond à un souci complètement différent. Cette institution ne protège la liberté de personne. Elle est simplement l’expression d’une volonté répressive de punir coûte que coûte.

Les oppositions au sein de la droite

Contre ce système de peines plancher, plusieurs voix se sont élevées. Les plus intéressantes viennent du propre camp de Nicolas Sarkozy. Dominique Perben, alors Garde des Sceaux, le 4 décembre 2003, ironique : « la justice n’est pas un questionnaire à choix multiples. Attention de ne pas s’enfermer dans un catalogue de peines ». Puis le 29 janvier 2004 : « dans un état démocratique, il faut laisser au juge indépendant la possibilité de tenir compte de la personnalité du délinquant et du contexte dans lequel le délit a été commis ». Il estimait qu’une loi contraire serait « sans doute anti-constitutionnelle ». Dominique de Villepin, ministre de l’intérieur, le 22 avril 2004, énergique : « je suis contre l’automaticité de la peine et pour l’individualisation, ce qui peut supposer une aggravation de la sanction pour les multirécidivistes. Personnalisation ne veut pas dire laxisme ». Jean-Luc Warsmann, membre UMP de la commission des lois, le 8 décembre 2004, patriotique : « les peines plancher sont une inspiration du droit anglo-saxon. Les instaurer reviendrait à bouleverser la philosophie du droit français, remettrait en cause l’individualisation des peines. Et ça, nous ne le souhaitons à aucun prix ». Dominique de Villepin, premier ministre, le 10 novembre 2006, pédagogique : « faut-il aller jusqu’aux peines plancher ? Je ne le crois pas. Pour qu’une peine soit efficace, il faut qu’elle soit personnalisée. Ce qui compte, ce n’est pas d’alourdir à l’excès les sanctions sur le papier, c’est de s’assurer que les sanctions soient effectivement appliquées sur le terrain ».

L’échec historique des peines automatiques

En fait ce système de peine plancher ou de peine fixe ou encore de peine automatique s’est toujours heurté en France à l’hostilité des juges. Mouvement corporatiste ? Défense indigné des magistrats attachés à leurs prérogatives ? Non, il s’agit d’un mouvement naturel, propre à l’acte de juger, qu’il s’agisse d’un délinquant primaire ou d’un récidiviste, d’une personne poursuivie pour délit ou pour crime. Les premiers refus n’émanaient pas de juges professionnels mais de jurys. Au début du XIXe siècle, les jurys préféraient déclarer des coupables innocents plutôt que de les voir condamner à des peines fixes trop fortes dont ils ne voulaient pas. Montesquieu lui-même disait : « lorsque la peine est sans commune mesure, on est souvent obligé de lui préférer l’impunité ». Le même mouvement était constaté lorsque la relégation était une peine obligatoire : les juges préféraient ne pas prononcer la peine qui allait automatiquement entraîner l’application de la relégation. Face à un homme, qu’il soit délinquant, ou non à l’écoute de sa vie, les plus belles constructions légales volent en éclat. C’est pourquoi, au terme de longues discussions, le nouveau code pénal français en vigueur le 1er mars 1994, a supprimé la notion même de minimum de la peine, préférant limiter les ambitions de la loi à la fixation du maximum de la peine.

Les peines plancher à l’étranger

On pourrait considérer que les peines planchers s’imposent en France parce qu’elles ont acquis leurs lettres de noblesse à l’étranger, que leur importation est une évidence, devant laquelle la tradition juridique française - qui n’est peut-être pas si déterminante - devrait s’incliner. Mais l’examen des expériences étrangères est loin de soulever l’enthousiasme qu’on imaginait. Et, pour tout dire, c’est plutôt un sentiment d’effroi qui vous refroidit et glace les premiers enthousiasmes. Certes les Etats Unis, en tout cas plusieurs Etats des Etats Unis, ont expérimenté les peines automatiques et beaucoup de démagogues ont réussi à conforter leur carrière politique sur des propositions de loi de ce type-là qui sont apparues dans les années 80. Car ces lois-là sont extrêmement populaires. On aurait tort de l’oublier. Elles ont l’immense mérite de la simplicité. Tout le monde n’a pas envie de réfléchir au sort des prisonniers : un délinquant puni a le sort qu’il mérite. Pourquoi s’embarrasser d’une quelconque réhabilitation ? Pourquoi se fatiguer quant la messe est dite, quand la peine a été prononcée ? Aux Etats Unis beaucoup de législations ont ainsi fleuri sur le terreau de la simplicité et de la démagogie. L’esprit de ces lois est exactement le même que celles que nous propose Nicolas Sarkozy. Empêcher les réductions de peine en appliquant le principe de la vérité des sentences (« Truth in sentencing ») : la majeure partie de la peine (85% généralement) doit être effectivement purgée en prison. Obliger le juge à prononcer une peine plancher (« mandatory minimum sentences ») sans qu’il puisse prendre en considération une quelconque circonstance atténuante. Prévoir une peine très élevée et incompressible à partir de la troisième condamnation : la fameuse loi dite« three strikes and you’re out » (expression de base ball : trois infractions et vous êtes hors jeu). Les peines s’échelonnent alors de 25 ans de réclusion à la réclusion criminelle à perpétuité.

Les exemples aberrants d’application de ces lois aberrantes sont connus.
- réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une mesure de sûreté de 27 ans pour le vol d’une roue de secours après deux condamnations pour vol avec effraction.
- 25 ans d’emprisonnement pour le vol d’une pointe de pizza après avoir été condamné pour cambriolage et possession de drogue.
- réclusion criminelle assortie d’une mesure de sûreté de 25 ans pour détention de 0,5 gramme d’héroïne, après deux condamnations pour vol avec effraction.
- 30 ans d’emprisonnement pour avoir volé le magnétoscope et la collection de monnaie de son voisin alors qu’il avait été condamné deux fois pour avoir mis le feu à une boîte à ordure et au vide-poche de la voiture de son voisin. Les conséquences de ces lois sur la société américaine sont aussi connues : en 30 ans, la population pénitentiaire des Etats Unis est passé (1972-2003) de 330 000 à plus de 2 millions Les conséquences de cet emprisonnement de masse commencent à se faire sentir car ces personnes qui ont passé de si longues années en prison finissent quand même par sortir dans des conditions épouvantables. On imagine l’ampleur des difficultés pour ces populations qui tentent de revivre une vie normale après une si longue absence et les risques de toutes sortes qu’ils encourent ainsi que la société dans son ensemble.

La loi n’est pas faite pour le particulier mais pour le général

Si l’hostilité est si forte contre les peines automatiques et les échecs si patents, c’est que le système recèle de graves dangers. Il repose surtout sur une conception erronée du rôle et de la place de la loi, ce qui est assez gênant dans une démocratie. La loi est faite pour le général, pas pour le particulier. C’est cette perspective, large et souple, qui permet au citoyen, à l’administration, au juge, à la défense, de faire passer la vie, l’équité, le souffle de l’imprévu, de l’imprévisible, de l’inconnu, bref, du juste. Cette constatation-là n’est ni très originale, ni bien neuve. On hésite à citer Aristote pour ce débat. Il ne s’agit pas de se référer à la justice de la Grèce antique mais simplement à une des plus grandes intelligences du monde qui, il y a 2300 ans, réfléchissait pertinemment au rapport de la loi et du juge sous l’angle des notions de l’équitable et du juste. « L’équitable, tout en étant supérieur à une certaine justice, est lui-même juste, et ce n’est pas comme appartenant à un genre différent qu’il est supérieur au juste... Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu’il y a des cas d’espèce pour lesquels il n’est pas possible de poser un énoncé général qui s’y applique avec rectitude » (Ethique à Nicomaque, V, 14).

Ces quelques lignes permettent de bien comprendre quelle est l’essence de l’acte de juger et en quoi un système de peine automatique est un non-sens. Mais pour le saisir il faut se pencher un peu sur ce que signifie juger : ce n’est pas appliquer abstraitement à une personne indéterminée une règle prédéfinie. Ce n’est pas appuyer rapidement sur la touche d’un distributeur de peines. Dans ce cas, il serait possible de s’en tenir à l’examen d’un simple dossier, ce que le procureur de la République de Boulogne, dans l’affaire d’Outreau, appelait de ce terme magnifique, « le dossier-papier ». La justice s’oriente de plus en plus vers ce type de « traitement » où l’on se passe allègrement du débat public, de l’écoute, de la parole, de ce qu’on appelle le « contradictoire ». Ces « procédures » expéditives ont l’immense et apparent avantage de la rapidité et de l’efficacité, s’agissant des chiffres en tout cas. Hélas pour tous les technocrates où germent de tels projets, il ne s’agit pas vraiment d’une « justice ». Tout au plus d’un traitement administratif. Même s’il a lieu en « temps réel » selon la formule aujourd’hui en vogue dans la technocratie judiciaire.

La justice suppose en effet que soient pris en compte et vraiment entendus la parole et l’histoire des personnes concernées : l’accusé comme la victime. Quand une « vraie » justice est rendue, se produit alors une sorte de miracle : les convictions préalables, les « intimes convictions » qui avaient éclos à la lecture des procès-verbaux peuvent se dissoudre, voire voler en éclat, ou, au contraire, se renforcer de façon inattendue. Le juge était sûr d’une culpabilité ou d’une innocence et voilà que le débat public fait surgir autre chose, d’autres éléments, une autre vision des faits. Aucun législateur, si sage, si prévoyant soit-il, ne peut imaginer à l’avance la complexité de la vie, quel que soit le cadre dans lequel elle s’exprime, judiciaire ou autre. Il ne peut descendre dans des détails infimes et doit s’en tenir à un niveau de généralité suffisant. La loi n’est que le cadre où peut se développer la vie, elle ne peut pas la remplacer.

Quand il faut choisir une peine, le législateur ne peut davantage tout prévoir. Sanctionner est loin d’être une opération simple. Le juge doit prendre en considération une quantité considérable de données même si, dans la pratique, à la lecture des jugements, cette complexité est rarement perceptible. Les juges se font discrets sur leurs réflexions et leurs tourments. Mais cette pudeur ne nous dispense pas de chercher. Dans la tête du magistrat, les indications de la loi sont un des éléments d’appréciation mais il y en a tant d’autres. Chaque infraction est spécifique. Chaque être est unique. Il ne suffit pas, par exemple, de dire qu’il y a eu un vol. Bien d’autres interrogations, et leur réponses, vont influer sur la décision. Ainsi : le vol a-t-il été préparé ou non ? Comment s’est-il déroulé ? Démontre-t-il une improvisation, une maladresse, ou au contraire une habitude, un professionnalisme ? A-t-il réussi ou échoué ? Y a-t-il un butin, un profit ? La victime a-t-elle souffert de ce vol ? Lui a-t-il causé une simple gêne ? Un traumatisme ? Le vol a-t-il causé un trouble dans le quartier, dans la ville, la région ? Quelle est l’attitude de l’accusé ? Est-il sincère, crédible ? Regrette-t-il réellement les faits ou pas du tout ? Avait-il des antécédents ? A-t-il évolué depuis ? Présente-t-il des troubles (toxicomanie, alcoolisme, maladie mentale, traumatismes divers...) qui peuvent être à l’origine du vol ? Ces troubles ont-ils déjà été repérés ? Ont-ils été soignés ? Ce n’est évidemment pas tel ou tel article d’un code quelconque qui permettra de répondre à ces questions. La justice est toujours un équilibre particulier même si les données juridiques de base sont identiques pour tous. C’est de cette différence entre la règle ordinaire et son application concrète que naît le sentiment de justice et que s’éloigne le sentiment si courant d’être étranger à son procès.

La peur du juge

Cette tentation d’une justice automatique découle d’une profonde incompréhension du rôle de la justice. Elle n’est pas étrangère à une peur du juge. L’équilibre des pouvoirs dans une démocratie passe par l’existence d’un vrai pouvoir judiciaire. Il ne s’agit évidemment pas d’une revendication corporatiste. Il y a longtemps que la crainte d’un « gouvernement des juges » s’est estompée. La misère de la justice et son faible crédit limitent de toutes façons ses ambitions. Mais, même réduite à sa stricte fonction, elle semble encore gêner. L’idée des peines plancher et d’une justice automatique participe d’une vision simplifiée de la société où tous les instruments ordinaires de régulation contribuent à la mise en oeuvre du plan politique décidée par un pouvoir sans contradicteur. La culture du résultat expérimentée dans la police et la lutte contre l’immigration, l’apologie de la tolérance zéro viennent compléter cette nouvelle philosophie politique qui en rappelle d’autres. La politique du tout répressif ne peut se satisfaire d’une justice indépendante qui risque de mettre à mal le nombre d’interpellations ou de gardes à vue décidé pour chaque année ou une baisse programmée de la délinquance. Si le juge reste indépendant, s’il s’écarte du credo officiel, s’il ose braver les objurgations du ministre, il faudra, dans un premier temps qu’il rende des comptes. Mais bien vite il signera sa reddition. Et la justice deviendra une administration. Elle prendra sa place dans la « chaîne » pénale dont tous les maillons sont déjà en place, entre la police et la prison.

Guider la main du juge

Nicolas Sarkozy ne souhaite d’ailleurs pas s’en tenir aux peines plancher, l’indépendance des juges le chagrine tant qu’il cherche n’importe quel moyen pour contraindre leur décision. On a rarement vu un ministre de l’intérieur proposer aux juges une meilleure façon de juger. On n’avait jamais vu, dans une démocratie, le chef de la police dire aux juges comment ils devaient juger. Nicolas Sarkozy l’a fait. Il ne se contente pas de faire voter ses lois. Il veut que la magistrature obtempère et les appliquent sans défaillir. « D’abord, il faut faire appliquer la loi. Ce que je veux dire par là, c’est que les citoyens doivent pouvoir faire confiance à la loi, en étant sûrs qu’elle sera appliquée. Trop souvent ils ont le sentiment que ce n’est pas le cas, qu’il y a un fossé entre la loi et l’application qui en est faite. Cela pose évidemment la question de l’appréciation des magistrats. Sans entrer dans aucune polémique, je veux dire simplement que la loi est l’expression de la volonté du peuple, et que, comme telle, elle doit être respectée... Pourquoi ne pas penser à une sorte de guide d’application de la loi, à l’exemple des “guide lines” édictées par la commission européenne vis à vis des juges nationaux, dans le domaine compliqué du droit de la régulation. Ce n’est pas moi qui en parle d’ailleurs, c’est le premier des magistrats de France, le premier président de la Cour de Cassation ».

On est consterné de voir les propos du premier président de la cour de cassation détournés de leur sens et mis au service d’un discours populiste. Qui a pu rédiger cette fiche technique pour le ministre ? L’exemple des « guides lines » correspond à un droit très particulier et extrêmement complexe, celui des autorités créées pour réguler des secteurs d’activité tels que l’énergie, les transports, les télécommunication, les finances, la bourse.... Il concerne un fonctionnement économique communautaire qui doit recevoir une application uniforme sur l’ensemble du territoire européen. Ces procès mettent en jeu des entités économique et absolument pas des individus. Il n’est en aucun cas généralisable à l’ensemble de la justice.

Peut-être le ministre-candidat rêve-t-il d’un système actuellement en vigueur aux Etats unis, celui des « sentencing guidelines », des recommandations de sanction ou « lignes directrices pour le prononcé de la peine ». Le juge s’y transforme en une sorte de distributeur automatique des peines, son rôle consiste à appuyer sur quelques boutons. Pour chaque infraction, le juge utilise deux paramètres. Le premier se réfère à la gravité de l’affaire, le second au passé judiciaire de l’accusé. Horizontalement, une ligne figure le passé judiciaire du prévenu, les infractions y étant classées par un système de points dans un ordre de gravité croissante. Verticalement, une autre ligne figure la gravité de l’infraction reprochée classée par niveaux de 1 à 43. Le juge n’a qu’à se rendre à l’intersection de ces deux lignes pour y constater la peine. Il peut certes légèrement la modifier en raison de circonstances aggravantes ou atténuantes, mais sa marge de manoeuvre est étroite. Le juge doit justifier de son écart et un appel est possible.

Ce système peut être la source de graves injustices. Tout simplement parce que juger est tout sauf une opération mathématique. La sanction est un équilibre qu’il faut rechercher à chaque fois. Il n’est de pire injustice que d’être pris pour un objet. Une sanction efficace est une sanction humaine à laquelle le condamné peut adhérer. Or personne ne peut adhérer à une démonstration mathématique, on peut simplement l’admettre, car les mathématiques existent en dehors de nous.

Droit et démocratie

Si le juge veut garder sa place, la place naturelle que les principes premiers de la démocratie lui assignent, il lui faudra être plus que jamais juriste. Car le droit lui impose de ne pas se contente de la peine qu’on lui souffle. Deux principes constitutionnels sont en jeu qui traduisent la nécessité d’adapter la peine au cas par cas, à l’individu jugé plutôt qu’à l’acte commis. Le premier principe est celui qui veut que la peine prononcée soit proportionnelle à la gravité de l’acte commis. Ce principe est posé depuis 1789 par la Déclaration des Droits de l’Homme (article 8) et rappelé régulièrement par le Conseil Constitutionnel français. L’autre principe est celui de l’individualisation des peines qui nécessite que sa personnalité soit prise en compte par le juge : « l’exécution des peines privatives de liberté en matière correctionnelle et criminelle a été conçue, non seulement pour protéger la société et assurer la punition du condamné, mais aussi pour favoriser l’amendement de celui-ci et préparer son éventuelle réinsertion ». Il lui faudra aussi prendre rang parmi les barbares. Fièrement. En revendiquant sa place parmi ceux qui écoutent, qui entendent, qui attendent, qui observent avant d’agir. On ne peut rien guérir que l’on ne connaisse. On ne peut rien punir que l’on ne comprenne.

Voir le chapitre IV : la justice des mineurs


- Serge Portelli



Commenter cet article


3 Messages de forum

D’Elie Barnavi l’Europe frigide et de Jean d’Ormesson Qu’ai-je donc fait

Hélène Renard, 8 janvier 2009 17:30

Lectures, Europe

Pourquoi l’Europe devenue "frigide" ne sait-elle plus se faire aimer ? Parce qu’on ne la regarde pas sous son angle enthousiasmant, celui de la culture ! Ce que propose Elie Barnavi dans son livre et c’est pourquoi Jacques Rigaud l’a beaucoup apprécié. Notre chroniqueur termine sa chronique en évoquant le dernier (...)

l'année 2009 s'annonce chaude pour les internautes, un nouveau shériff arrive !

Gaël, 8 janvier 2009 16:30

Frédéric Lefebvre, Liberté d’Internet

Il y a quelques jours, les mots ont un sens signalaient un article du Monde annonçant la mise en place d’une censure d’internet par le gouvernement ... australien. Aujourd’hui Mallox signale un article du Journal du net annonçant que la police anglaise pouvait désormais s’introduire sur les ordinateurs et ce sans (...)

Crise : on continue de supprimer des fonctionnaires

Sarkofrance, 8 janvier 2009 16:20

chômage, Crise mondiale, Service public

Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France, dimanche 4 janvier, le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, ministre du Budget, a déclaré que le gouvernement continuerait de réduire le nombre de fonctionnaires malgré la crise de l’emploi. En 2008, près de 23.000 postes ont (...)

Hardware, software... que nous réserve le futur ?

Newzy, 8 janvier 2009 16:14

Numérique, Futur

Les nouvelles technologies nous permettent de transmettre de plus en plus d’infos, de plus en plus vite, partout, tout en étant mobile… au risque de suffocation et d’une perte de sens. Des réflexions sont en cours et de nouveaux moteurs de recherche viennent à notre (...)

La grande crise des déchets.

Patrick Reymond, 8 janvier 2009 16:06

Crise mondiale

Les déchets, à chaque grande crise, sont fortement impactés. Cartons, métaux, verre, tout le pondéreux, qui peut représenter, à certaines époques, de belles valeurs, peuvent représenter à d’autre, un problème insoluble. La pâte à papier, par exemple, connu une trajectoire démentielle pendant les années 1990. Les allemands (...)

Israël est l’opium du peuple, et autres tabous arabes

Par Mona Eltahawy , 8 janvier 2009 15:23

Israël, Palestine

Une intellectuelle arabe en colère contre l’hypocrisie et les tabous du monde arabe. Elle la crie en rappelant certains faits enfouis au nom d’une cause palestinienne que tous les pays arabes, d’une façon ou d’une autre, ont contribué à démolir, tout en maintenant une posture de circonstance, bien utile aux dictateurs pour (...)

Lettre à Sarkozy : les présidents d’université dénoncent "l’état de tension" sur les campus

Napakatbra, 8 janvier 2009 15:00

Education

La Conférence des présidents d’université (CPU) monte au créneau. Dans l’après-midi du lundi 5 janvier, l’instance représentative de la communauté universitaire a adressé au président de la République une lettre ouverte intitulée "Chronique d’une crise annoncée dans les universités"... en lire (...)

La pilule, mère de tous les pêchés…

Marc Vasseur, 8 janvier 2009 14:49

Femmes, Religion

On savait le Vatican réfractaire à tous modes de contraception, on savait le Vatican hostile à toutes formes de « vie » sexuelle au nom de la seule sacro-sainte reproduction. Aujourd’hui, le Vatican franchit un pas supplémentaire en décrétant la Pilule (...)

M6 : Pour un peuple presque parfait

Seb Musset, 8 janvier 2009 14:45

Jeunesse, Société

Précisons d’abord qu’elle n’est pas spécifiquement française. En Angleterre par exemple, on l’appelle génération Channel 4. En France, ses fidèles ont entre 14 et 35 ans et ce point commun de n’avoir aucun souvenir d’une France sans M6. La nature des programmes de cette chaîne, son introduction du concept d’évaluation puis (...)

Etat d'urgence en Slovaquie

Gus, 8 janvier 2009 14:29

Énergie, Russie

A en croire les affirmations du premier distributeur de gaz slovène^w^w^waque, les réserves nationales ne permettront guère de faire face que dix jours face à l'actuelle pénurie de gaz russe. Bien plus qu'à agiter des menaces d'intervention militaires ici et là dans le monde, c'est bien sur cette (...)

Passe Navigo : La CNIL épingle la RATP, incognito...

Napakatbra, 8 janvier 2009 13:34

Libertés individuelles, CNIL

Le Parisien révèle le contenu d’un rapport confidentiel de la CNIL, qui a réalisé une opération de « testing ». Résultat : la RATP fait preuve de mauvaise volonté pour respecter l’une des libertés fondamentales de ses clients : voyager librement et anonymement. en lire (...)

428 milliards pour l'économie, 1 milliard pour les pauvres

Nicolas, 8 janvier 2009 13:07

Inégalités, Relance de l’économie

Certaines Une de sites d’actualité sont édifiantes.

Les ventes de Chrysler s’effondrent de 53 % en décembre

Le Monde, 8 janvier 2009 12:04

Crise mondiale, Automobile

La chute a été particulièrement marquée pour les berlines (- 59 %) et les véhicules lourds (- 51 %).

Le populisme contre la démocratie des corps intermédiaires

Sauvons la recherche, 8 janvier 2009 11:39

Quinquennat Sarkozy, démocratie

Dans les organismes de recherche scientifique et dans les Universités l‘humeur est de plus en plus sombre et tout n’est pas question d’argent. Devant les annonces qui se succèdent de réformes précipitées, parfois aussi peu judicieuses que de vouloir distinguer dès le recrutement, au grand dam de l’équité et avec une (...)

2009

François Mitterrand, 8 janvier 2009 11:37

François Mitterrand

Aujourd’hui, en France, faute de moyens, on meurt dans les rues, sur des trottoirs gelés ; on meurt dans les hopitaux, en attendant un médecin ; on meurt dans les prisons, pendus dans la fleur de l’âge. Aujourd’hui, en France, un homme sans envergure ni culture se moque du sort de ses compatriotes, ne se préoccupe du (...)

Autoréduction. Nous ne paierons pas : Vive la crise

Loran, 8 janvier 2009 11:10

luttes sociales

Comme à Rennes, et à Grenoble, une cinquantaine de chômeurs, précaires, intermittents de l’emploi, intermittents du spectacle, étudiants... ont bloqué cet après-midi les caisses du Monoprix de la rue du faubourg Saint Antoine. 13 chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui (...)

Que veut la Russie ?

Gus, 8 janvier 2009 10:43

Énergie, Russie

Il faut tout d'abord ne pas oublier que la Russie est particulièrement touchée par la crise financière à deux titres : tout d'abord par la fuite (ou la faillite) des capitaux étrangers de son sol que même l'autoritarisme de Vladimir Poutine n'avait pas effrayé. Mais aussi par l'effondrement qui durera (...)

Un exécutif autocratique face à une majorité parlementaire indocile

Section socialiste de Sciences-Po, 8 janvier 2009 10:34

démocratie

Que l’on soutienne ou que l’on rejette l’opposition parlementaire existante en France, ce qu’on ne peut lui ôter, c’est son obstination à combattre tous les projets proposés, voire imposés par la droite. Le dernier en date étant celui du projet sur l’audiovisuel public. Ce (...)

Conducteur de bus pour 2 euros de l’heure

Aline, 8 janvier 2009 10:28

Travail, Allemagne

Assurer le transport des enfants à l’école, conduire des personnes handicapées au nom de l’État pour deux euros de l’heure, c’est en Hongrie, en Lituanie ou en Slovénie que l’on trouve ces salaires pingres ? Loin s’en faut, cela se passe en Allemagne (de l’Ouest). Salaires de misère - vive le dumping salarial, et bonne (...)

La Russie, une menace pour l’Union ?

Quatremer, 8 janvier 2009 10:24

Europe, Russie

Moscou est loin d’être un partenaire comme un autre. Elle en fait une nouvelle fois la démonstration, après le conflit en Géorgie. La Russie vient, en effet, d’annoncer qu’elle interrompait le transit de son gaz à travers l’Ukraine, au motif que Kiev en prélèverait une partie pour ses propres besoins. Ce qui revient à (...)

Hôpitaux : Deux accidents graves par jour

Gilles Devers, 8 janvier 2009 10:18

Santé

En 2006, on a compté 735 accidents médicaux graves dans les structures hospitalières. Ce sont les chiffres de l’Observatoire des risques médicaux. Vendredi 2, c’est un nourrisson de six mois, Louis-Joseph, hospitalisé depuis à l’hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion (Yvelines) qui est décédé dans l’après-midi (...)

On torture pour te faire taire pas pour te faire parler par Danielle Bleitrach

socio13, 8 janvier 2009 10:13

Droits de l’homme

Quand un ami, connu ici sous le nom de Caius Gracchus, a dit cela « On ne torture pas pour faire parler mais pour faire taire ». j’ai été frappé par la vérité de ces mots. C’était le moment où je traduisais l’interview de Dick Cheney à une radio dans laquelle il reconnaissait avoir approuvé (...)

La Bulgarie menace de rouvrir des centrales nucléaires

Euractiv, 8 janvier 2009 09:59

Nucléaire, Russie

Touchée sévèrement par la dispute sur le gaz qui oppose la Russie et l’Ukraine, la Bulgarie est prête à rouvrir un des réacteurs nucléaires de sa centrale nucléaire Kozlodouï, dont la fermeture était l’une des conditions de l’adhésion du pays à l’UE.

Que font les banques ?

Jean-Louis Bianco, 8 janvier 2009 09:42

Banques

À la Rochelle, Fanny Gamelin a lancé un groupe sur le réseau social Facebook pour sauver l’entreprise familiale, les chantiers navals Gamelin, quelques jours après le suicide de son père. Ultime tentative de sauver une PME de 120 personnes. "Mon père n’a jamais rien demandé de sa vie, mais quand il a eu besoin des (...)

Sciences : des différences aux inégalités entre les femmes et les hommes

Valérie Schneider, 8 janvier 2009 08:31

Inégalités, Femmes

La mission pour l’égalité entre les femmes et les hommes de l’université Claude Bernard Lyon 1 organise un colloque sur le thème "Sciences : des différences aux inégalités entre les femmes et les hommes ou comment la science contribue à la construction des inégalités ? Comment peut-elle contribuer à leur réduction ?" le 30 (...)

Une place de marché pour financer des reportages coopératifs

Alain Joannes, 8 janvier 2009 08:01

Numérique, Médias

Spot.us est une plateforme californienne sur laquelle des citoyens demandent à des journalistes de réaliser des reportages que des organes de presse peuvent acheter. Ainsi résumée, la place de marché relèverait d’une forme de journalisme à la demande. Cependant, le fonctionnement détaillé de l’espace triangulaire - (...)

Relation de la grande polémique qui opposa la rédaction de Betapolitique aux blogueurs Koz et Narvic

La Rédaction, 8 janvier 2009 07:55

Blogosphère

Betapolitique avait initialement sélectionné ici le flux RSS d’un article d’un blogueur nommé Koz. Devant la virulente réaction de ce dernier, nous avons choisi de retirer l’article. Et devant le caractère passionné du débat, nous avons décidé de modifier le titre aussi. Voilà comment à la place d’un brouet tiède, on se (...)

L’œil de la caméra est aussi l’œil du spectateur, sa "conscience extérieure et malheureuse"

Betablog, 8 janvier 2009 07:31

Résistance, Israël, Guerre

Mardi 6 janvier 2009 L’œil de la caméra est aussi l’œil du spectateur, sa "conscience extérieure et malheureuse"...C’est aussi un moment de son humiliation permanente....le sentiment d’être objet. Bonjour les potos, Vous avez été plusieurs, à commencer pas notre ami Alain, puis Josh, à nous alerter sur la véracité et (...)

Crise, mondialisation, emploi et délocalisations

Indépendance des Chercheurs, 8 janvier 2009 07:14

Education, Recherche

Le 7 janvier, les médias font déjà état d’une mobilisation croissante des lycéens avant les manifestations prévues pour jeudi. Les suppressions de postes budgétaires dans l’Education nationale et l’affaiblissement progressif de ce service public, mais aussi une angoisse croissante des jeunes en ce qui concerne leur avenir (...)

Gaz : les livraisons de Gazprom en Europe s’arrêtent (-70% en France)

Napakatbra, 8 janvier 2009 05:38

Europe, Russie

La décision du géant russe Gazprom de réduire de 90 % ses exportations de gaz en Ukraine commence à avoir de sérieux impacts dans tous les pays de l’Union européenne. Des négociations Russie-UE doivent s’ouvrir demain à Bruxelles. en lire plus

Le chant de paix chalom2salam

Raphaël Anglade, 8 janvier 2009 05:06

Israël, Palestine

Pourquoi Sarkozy veut en finir avec les juges d’instruction

werdna, 7 janvier 2009 22:21

Justice, démocratie

Marianne - Mardi 06 Janvier 2009 - Sylvain Lapoix Pour Laurence Mollaret, vice-présidente du Syndicat de la Magistrature, l’idée de Nicolas Sarkozy de supprimer le juge d’instruction n’est qu’une décision politique : le président surfe sur [...]

Carla Bruni-Sarkozy commencerait-elle à lasser ?

Kropotkine, 7 janvier 2009 17:00

Carla Bruni

Chanteuse, top model et première dame de France : autant de raisons d’inviter Carla Bruni sur un plateau de télévision. Hier à 23h15, c’était la version reportage qui était au menu. France 2 diffusait un documentaire consacré à l’épouse de Nicolas Sarkozy qui n’a pas rencontré un grand succès : il n’a même pas réuni 1,4 (...)

L’escroquerie du plein emploi…

iledere, 7 janvier 2009 15:52

chômage, Quinquennat Sarkozy

Il est de bon ton pour un président en quête de voix ou un premier ministre en recherche de notoriété (Ça y est, le nain agité et son larbin vont se sentir visés…) d’annoncer avec un trémolo dans la voix que “nous mettrons tout en oeuvre par arriver au “plein emploi”… Menteurs !!! Dans le système capitaliste, le plein emploi (...)

Devedjian avance un total de 428 milliards d’euros injectés dans l’économie

Budgetor, 7 janvier 2009 15:39

Patrick Devedjian, Budget

Qui se dévoue pour lui dire que le budget de l’Etat est d’environ 290 milliards d’euros en 2009 ??? Quelle buse….

En vidéo : une visioconférence en 3D, à la Star Trek !

futura-sciences.com, 7 janvier 2009 15:14

Sciences

Avec une technique un peu lourde, une équipe américaine a mis au point un système de visualisation en trois dimensions. Une étonnante démonstration publique l’a montré en action pour une visioconférence simulée. Bientôt en tournée en France !Fantomatique, le visage de la jeune femme apparaît en noir et blanc au milieu d’une (...)

Balkanisation des consciences

Ruminances, 7 janvier 2009 15:00

Sarkozy, Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany

C’est un satrape de la Sarkozie triomphante, un repris de justice promu baron des Hauts de Seine, un homme politique qui a traversé la Vème république à coups de frasques et de scandales. C’est un ploutocrate apprécié de ces concitoyens, un récidiviste en col blanc, un grognard dévoué au souverain qui a désormais la chance (...)

“le lion et la gazelle”, par Uri Avnery

françois, 7 janvier 2009 14:53

Israël

les Israéliens doivent se libérer des mythes bibliques qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir leur histoire nationale juifs / israéliens

La petite phrase...de droite

, 7 janvier 2009 14:50

Christine Lagarde

"Le mauvais temps qui est épouvantable pour un certain nombre de personnes isolées ou sans abri, du point de vue des soldes est une aubaine", a dit Christine Lagarde sur Europe 1. No comment... Elle pousse vraiment là, non ?

L’appel du climatologue en chef de la NASA

Pyxmalion, 7 janvier 2009 14:40

Environnement

Article publié dans Le Monde du 30 décembre 2008 : “Pour préserver le climat de la Terre d’une dérive dangereuse et incontrôlable, il faut bannir le charbon, taxer le carbone et accélérer les recherches sur le nucléaire. C’est, en substance, la teneur de la lettre (document PDF en anglais) adressée, mardi 30 décembre, par (...)

Le "nouveau" costard d’Eric Besson.

Bibi, 7 janvier 2009 14:29

Gauche (politique), Eric Besson, idéologie

Il y a quelques années en arrière, on avait assisté à une Opération « Nouveaux Philosophes » pour recycler les vieilleries théoriques. Livres, séminaires, premières de « l’Express », couvertures du « Nouvel Obs », appui du « Monde », promotions à « Apostrophes » étaient mis sur le marché pour perpétuer, justifier et consolider (...)

Le monde universitaire a-t-il besoin de la « nouvelle criminologie » de MM. Bauer, Tournier et Raufer ?

Laurent Mucchielli, 7 janvier 2009 13:26

Sécurité, Science politique

Alain Bauer, propriétaire de la société privée de conseil en sécurité AB Associates – mais se présentant comme « criminologue » – s’est fait charger en 2007 d’une mission sur la formation et la recherche en matière stratégique, après avoir été nommé en 2003 président d’une instance liée au ministère de l’Intérieur, le conseil (...)

A deux doigts, voire un, du choc des civilisations

Alfred-Georges, 7 janvier 2009 13:08

Guerre

« L’humour juif, ça déchire sa race », aime scander le bonapartiste Eric Zemmour. Et si l’humour est effectivement la politesse du désespoir, alors les juifs sont des gens vachement bien élevés. D’ailleurs, on ne fait pas la queue devant les douches aussi sagement sans un minimum de savoir-vivre. Seulement voilà, les (...)

Le Sénat s’oppose au contrôle précipité du Web par le CSA

PCinpact, 7 janvier 2009 13:06

Liberté d’Internet

La Commission des Affaires Culturelles a fraîchement accueilli l’idée de réguler internet dans le cadre du projet de loi Audiovisuel. Elle vient d’indiquer qu’il était préférable de « ne pas régler au détour du présent texte [NDLR la loi sur ...

Orange a laissé un accès libre à 400.000 fiches de ses clients

Napakatbra, 7 janvier 2009 12:38

Libertés individuelles

Plus de 400.000 fiches clients du Fournisseur d’Accès à Internet Orange (D’après les constatations de ZATAZ.COM) ont été laissées en accès libre sur Internet via un lien officiel de la filiale de France Télécom. Une faille qui semblait exister depuis plusieurs semaines. en lire (...)

Nicolas Sarkozy distribue ses étrennes selon les mérites de chacun

LGB, 7 janvier 2009 12:33

Quinquennat Sarkozy

Dans une ploutocratie bien gérée, les puissants savent adapter les récompenses, les dons et les honneurs qu’ils distribuent au statut de ceux qui les reçoivent. À sa femme de chambre, Madame la Comtesse offre ses vieilles godasses. Pour sa cousine la baronne, elle va chez Louboutun. Dans les deux cas, elle a la (...)

Sarko au Proche-Orient : comme un ballet sans manche

Josh Lyman, 7 janvier 2009 12:33

International, Quinquennat Sarkozy

La question que soulève, entre autres, la visite éclair de N. Sarkozy au Proche-Orient est assez simple : faut-il à tout prix s’activer dans une démarche qui n’a absolument aucune probabilité de prospérer ? Convient-il au contraire de rester chez soi, pour ce motif, en attendant contre toute évidence, que les choses (...)

"Beaucoup reste à faire en matière d’information sur les inégalités", entretien avec Jacques Freyssinet

Aline, 7 janvier 2009 12:28

Inégalités

Malgré des efforts récents, l’opacité du système public d’information sur les inégalités reste d’actualité. Jacques Freyssinet, qui a présidé le groupe de travail du Conseil national de l’information statistique sur les inégalités, nous livre son analyse. Quelles sont les lacunes du système d’information public sur les (...)

Audiences 2008 : TF1 laisse la première place à M6 !

Régis Soubrouillard, 7 janvier 2009 12:15

Télévision

Contrairement aux années précédentes, TF1 a choisi de ne pas publier le classement des 100 meilleures audiences 2008. Tout simplement parce que si la Une rafle 96 des meilleurs scores, elle se fait piquer la première place par M6. Une place symbolique dont la première chaîne aurait sans doute préféré garder le monopole, (...)


Suite >>>
Betavideo

Le chant de paix chalom2salam

Notre sélection

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV (...) - 8 janvier

Ok koz... et quand vos lecteurs google reader ou netvibes partagent votre article ? Quand ils le font, ils donnent accès à votre article à des (...)

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV (...) - 8 janvier

Ah oui ? Et si vous partagez l’article RSS dans votre google reader ou votre netvibes, tout d’un coup il est automatiquement republié auprès de vos (...)

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV (...) - 8 janvier

Ma fois Marianne2.fr laisse faire à condition que ce soit non-commercial...

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV (...) - 8 janvier

Euh, narvic... Sur 10300 billets de Betapolitique il n’y en a qu’un seul qui vient de chez vous, et il est réduit à deux (...)

Quand Rachida Dati reprend le travail... STOP ! - 8 janvier

En vérité, c’est Zhora qui a exigé que sa mother retourne au turbin (bien sur la petite Zhora n’est pas tout a fait au parfum des fonctions de sa (...)

Israël est l’opium du peuple, et autres tabous arabes - 8 janvier

Madame Mona Eltahawy jette le bébé avec l’eau du bain. Elle a partiellement raison : en Algérie, après une manifestation de citoyens qui réclamaient (...)

Lévy & Coupat, simples fétichistes des voies de TGV (...) - 8 janvier

L’argument de la mise à disposition d’un flux RSS intégral est parfaitement abusif. Je m’étonne que l’on puisse se retrancher derrière de bonne foi. (...)

On torture pour te faire taire pas pour te faire parler par (...) - 8 janvier

ya un problème de lien puisque la page consulte est introuvable...

Dieudonné introducing Faurisson ! - 8 janvier

ma tante est une musulmane pratiquante loin d’être un intégriste mais le jour qu’elle à enttendu de dessins et les caricatures de Mahomet, pour elle (...)

Le juge enfin pendu, dansez Messires ! - 8 janvier

A propos de Tarnac, Benjamin Rosoux, "épicier terroriste" vient de publier sur Médiapart une lettre ouverte d’une grande finesse. Voir ici (...)
Afficher tous les commentaires
ADN


Afficher tous les mots-clés
Les 5 dernières vidéos

Bachelot n’aime pas qu’on lui parle des morts de SDF


Jean Ziegler se paye Eric Woerth...


Super Pouvoir d’Achat (la chanson du dimanche )


Dieudonné introducing Faurisson !


Le lundi au soleil


Charte et Mentions Légales | Participez | Espace rédacteurs | RSS 2.0

contact, signaler un contenu ilicite ou faire une suggestion : contact@betapolitique.fr

Réalisé par Happy Content | Hébergé par powered by typhon | Développé sous SPIP