Amérique Latine

Ben & Lémi, 19 décembre 2009 | 0 commentaires

Pablo Stefanoni : "Evo morales reste perçu comme le porteur du changement face au vieux régime"


Le 6 décembre dernier, Evo Morales était réélu à la présidence de la Bolivie. Victoire nette et sans bavure (64%), pourtant souvent regardée de haut, déformée. Loin de tout manichéisme, Pablo Stefanoni, directeur de l’édition bolivienne du Monde Diplomatique revient en détail sur les significations de cette victoire et sur les défis qui se profilent à l’orée de ce second mandat. Salutaire.

Tellement de conneries ont été dites depuis la réélection d’Evo Morales à la présidence bolivienne, il y a environ deux semaines, que trouver une voix mesurée, pondérée et informée sur la question semble parfois relever de la gageure. Comme d’habitude avec l’Amérique latine, le manichéisme est de rigueur : d’un côté, les ravis de la crèche qui s’enthousiasment pour la révolution en collant une rosette guevariste (ou assimilée) sur le plastron d’Evo Morales ; de l’autre, les nombreux tartuffes médiatiques qui s’ingénient laborieusement à dépeindre l’expérience bolivienne comme un fiasco teinté de pouvoir personnel, chavisme caché, supercherie démocratique et photogénique zoo andin (à ce sujet, voir ce très instructif article d’Acrimed, ici).

Pour tenter d’y voir plus clair, on s’est adressé au journaliste argentin Pablo Stefanoni, actuel directeur de la version bolivienne du Monde Diplomatique et co-auteur (avec Hervé Do Alto) d’un livre recommandé sur le premier président indigène de Bolivie : Nous serons des millions : Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie (éditions Raisons d’agir, 2008). Depuis La Paz, où il est installé de longue date, il nous a gentiment et longuement répondu en espagnol [1], disséquant - sans angélisme ni pessimisme - les caractéristiques politiques du système actuel et interrogeant les défis à venir de ce deuxième mandat. Une nécessaire mise au point.


Il existe un certain scepticisme quant à l’ampleur de la « révolution sociale et culturelle » promise en décembre 2005. Vous-même avez déclaré que « les doutes sont plus nombreux que les certitudes » concernant Morales. De quoi proviennent ces doutes ?

En réalité, je ne suis pas convaincu que la population se montre de plus en plus sceptique quant à l’ampleur des changements, en tout cas pas de manière globale. Le scepticisme radical provient en grande partie des secteurs libéraux minoritaires – comprenant des républicains honnêtes comme des pseudo-républicains opportunistes. Lesquels secteurs professent souvent des positions ethno-phobiques, par exemple « en Bolivie, nous sommes tous métis », ou bien « l’indianité a été inventée à des fins de démagogie politico-électorale ». À l’image – loin de Bolivie – du bolivianiste français Jean-Pierre Lavaud, qui a un jour comparé l’ex-leader aymara Felipe Quispe à Jean-Marie le Pen et s’est opposé au fait que le recensement comporte des variables ethniques.

« Le scepticisme radical provient en grande partie des secteurs libéraux minoritaires.  »

Cela dit, je crois qu’il existe beaucoup d’expectatives plus ou moins informées à l’égard du processus bolivien au sein de l’opinion publique et de la gauche internationale. Ce soutien plus ou moins diffus est basé sur la sympathie qu’inspire le premier président indigène de Bolivie, sur certains clichés concernant les Indiens et sur le caractère réactionnaire, plus ou moins raciste – et avec de forts relents d’ancien régime – d’une opposition qui a essayé de déstabiliser Evo Morales en 2008 par un coup civil.
Le problème est que cette sympathie progressiste – et parfois politiquement correcte – qui a des racines réelles (la Bolivie vit un véritable processus de valorisation de la citoyenneté et de renouvellement des élites) peut devenir presque délirant quand il attribue au processus de changement bolivien une série d’attributs relevant du fantasme absolu.

La réélection historique, inédite et indiscutable d’Evo Morales, avec 64% des suffrages, encourage encore davantage ce type d’analyses. À l’instar de celles de l’intellectuelle mexicaine Ana Esther Ceceña, qui se demande dans un récent article : « Est-ce en Bolivie que se joue un nouveau système d’organisation de la vie planétaire ? La Bolivie nous offre-t-elle la clé pour commencer cette nouvelle ère du capitalisme, l’ère du vivre bien dans le non-capitalisme ? [2] » D’autres analystes, comme le politologue argentin Atilio Borón, affirment que la Bolivie est en train de s’orienter vers le socialisme : ils utilisent des phrases toute faites d’Evo Morales sans aucun rapport avec le débat populaire, ni avec les politiques publiques officielles.

Entre l’ « indiophilie » et « l’indiophobie » idéologiques, il semble exister un vaste espace dans lequel développer une analyse sociologico-politique qui, si elle n’est pas basée sur l’analyse de terrain, doit au moins reposer sur des informations empiriques allant plus loin que ce que les acteurs eux-mêmes – indigènes ou pas – disent. À mon sens, cette approche permet de cerner le nationalisme populaire comme noyau unificateur du processus. Un nationalisme qui, s’il se présente avec un vernis plus indigène que dans les années 1950, a récupéré quasiment dans sa totalité l’imaginaire moderniste, industriel et développementaliste de la révolution nationale de 1952, en sus des axes de l’intégration ethnique et sociale, et de l’État providence.

Dans un contexte mondial difficile pour les gauches, où la crise économique ne semble pas laisser place à de grands mouvements contre le système, l’image de l’Indien (toujours) insurgé est convoquée comme la « grande alternative » au capitalisme et à la modernité. Cela n’a pas grand chose à voir avec l’insertion économique des populations indigènes – qui ont y compris des liens avec le marché mondial –, ainsi qu’avec leurs aspirations à une modernité qui les inclue et à un État qui les reconnaisse pleinement comme des citoyens, avec certaines doses de multiculturalisme.

« L’image de l’Indien (toujours) insurgé est convoquée comme la "grande alternative" au capitalisme et à la modernité. »

Concernant la phrase que vous mentionnez, je dois dire que les doutes exprimés dans l’article cité [3] se référaient explicitement à l’affirmation selon laquelle le gouvernement d’Evo Morales serait un gouvernement des mouvements sociaux. Cet article ouvrait un éventail d’interrogations lié aux aspects corporatistes des organisations populaires boliviennes, à la possibilité d’élaborer un projet émancipateur au-delà des différences et à la persistance d’une instrumentalisation des mobilisations sociales par l’État. Mais le journaliste Paulo Paranagua cite cette phrase de manière isolée dans Le Monde, hors de son contexte, afin de justifier le titre de son article : « Peu de changements chez Morales [4] ». Article qui ne reconnaît aucun des aspects progressistes de l’administration du président bolivien.

« La révolution sociale et culturelle » annoncée par le gouvernement Morales serait affaire de discours et d’annonces plutôt que de mesures concrètes ?

Il ne s’agit pas de déprécier le caractère formateur des discours d’émancipation dans un contexte de colonialisme interne comme celui qui est à l’œuvre en Bolivie. Via ce discours, on procède à un processus essentiel d’inversion des stigmates et de constitution de nouvelles élites.
Par ailleurs, le gouvernement d’Evo Morales a mis en place une politique active de reconstruction de l’État. Ce dernier intervient aujourd’hui dans le domaine des hydrocarbures, de la production des aliments, du secteur minier ou financier, et a récupéré le rôle productif et régulateur perdu durant les années 1990, sous les coups de boutoir des réformes structurelles néoliberales. Le vice-président Alvaro Garcia Linera l’a ainsi défini comme un « État-providence productiviste [5] ».
L’assemblée constituante a aussi dessiné un nouveau modèle constitutionnel (plurinational et autonome) et a dressé une liste non moins ambitieuse de droits individuels et collectifs, à l’instar du système de sécurité sociale universelle.

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Le gouvernement a également mis en place une série de politiques sociales qui, bien qu’elles n’aient pas mis fin à la pauvreté – et encore moins à l’extrême pauvreté – , incluent des transferts directs de ressources à des secteurs qui n’en bénéficiaient traditionnellement pas (allocations familiales, extension du revenu minimum garanti aux personnes âgées, assurances pour les femmes enceintes, etc…). Des centaines de médecins cubains ont apporté une aide sanitaire à des populations qui n’avaient jusque-là pas accès au moindre soin. Sans oublier ces 15 millions d’hectares de terres qui ont été officiellement reconnus comme propriété des indigènes et des paysans. Cela fait écho au modèle classique de nationalisme populaire latino-américain, dans lequel l’accent était mis sur l’intégration de nations traditionnellement déstructurées du point de vue physique (absence d’infrastructures) et social (exclusion de classe et ethnico-culturelles). À l’évidence, il s’agit bien d’un processus de réformes et pas d’une révolution stricto sensu, certaines de ces réformes s’inscrivant même dans une matrice keynésienne ou social démocrate molle – comme l’a fait remarquer le conseiller présidentiel brésilien Marco Aurelio Garcia – , même si les partisans du gouvernement et l’opposition croient qu’il y a réellement une révolution. Là où le changement est peut-être le plus visible, c’est dans l’émergence de nouvelles élites qui ne jouent pas leur capital social au club de golf, dans les cafés fashion ou les fêtes privées. Cela génère un fort sentiment d’insécurité dans les classes moyennes qui se sentent aujourd’hui victimes d’un racisme à l’envers, plus imaginaire que réel dans la plupart des cas.

« À l’évidence, il s’agit bien d’un processus de réformes et pas d’une révolution stricto sensu. »

Mais il est certain que les sermons industrialistes n’ont pas réussi à faire surmonter (et nous ne savons pas s’ils le feront) la dépendance de la rente issue des ressources naturelles d’une Bolivie qui ne souhaite pas stagner dans un passé et un présent de retard et de pauvreté. Aujourd’hui la prospérité économique bolivienne reste dépendante du gaz et de l’industrie minière. Ce n’est pas par hasard si l’un des slogans officiels est « la Bolivie redevient une puissance minière  » (après la crise de 1985) et si des ressources telles que le lithium apparaissent à nouveau comme salvatrices pour le développement national. Cela signifie qu’il existe une véritable tension entre le discours « développementiste » et la réalité rentière, tension qui cherche à se résorber grâce aux promesses d’un « grand bond industriel » à la base du programme électoral d’Evo Morales. Ce programme incluait l’acquisition future d’un satellite de télécommunications chinois – baptisé Tupac Katari en l’honneur du chef Aymara qui s’est rebellé contre les espagnols au 18e siècle – afin que la Bolivie entre dans « l’ère spatiale des communications ».

Reste qu’entre les illusions développementalistes prédominantes et les illusions communautaristes périphériques - mais bien réelles - , il y a aujourd’hui dans le gouvernement un véritable débat sur le modèle de développement le plus adapté à la réalité bolivienne du 21e siècle.

La Bolivie semble être devenue un bon élève du FMI, qui l’a récemment félicité pour son bilan économique. La politique économique de Morales serait plus orthodoxe et libérale qu’on ne le pense ?

L’échec de la gauche dans les années 1980, en grande partie causé par l’hyper-inflation et par le chaos économique et financier, a très visiblement marqué Evo Morales et son gouvernement – ce qui s’ajoute à une certaine aversion paysanne pour l’endettement excessif. On voit donc le chef de l’état bolivien "blinder" le ministère des Finances et la Banque centrale, où il place un personnel technique ayant eu l’expérience des années 1990 et menant une politique économique assez orthodoxe, via ce que l’économiste Brésilien Carlos Bresser Pereira appelle élogieusement du « populisme responsable ». Grâce aux prix élevés des matières premières (pétrole et minerais), Evo Morales bénéficie de réserves internationales inédites, aux alentours de neuf milliards de dollars (les plus élevées par habitant d’Amérique Latine), d’un excédent fiscal, d’une croissance moyenne de 5 % par an (6,2 % en 2008) et d’une inflation basse. Ces résultats – ajoutés à de bonnes relations avec les banques privées – ont motivé les félicitations du FMI. Lesquelles montrent, il est vrai, une certaine « orthodoxie » bolivienne en termes de prudence et d’équilibre fiscal – sans que cela soit un symptôme de libéralisme économique –, mais reflètent aussi les changements post-crise et une certaine évolution des discours du FMI.

Le soir de sa victoire, Evo Morales a promis à la foule rassemblée devant le palais présidentiel « d’approfondir et d’accélérer le processus de changement  ». Vous y croyez ?

La radicalisation possible – et ses modalités – du gouvernement d’Evo Morales fait partie intégrante du débat politique actuel en Bolivie, à la lumière du pouvoir sans contrepoids issu du vote du 6 décembre. Il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à approfondir les réformes de diverses manières : redistribution des terres non productives, sécurité sanitaire, changements dans la justice, loi d’investigation des fortunes mal acquises et application de la nouvelle constitution font partie de l’agenda officiel. Mais prendre au pied de la lettre les déclarations anticapitalistes ou socialistes d’Evo Morales peut porter à confusion. Les véritables bases du MAS sont constituées de petits producteurs, ruraux et urbains, recherchant la mobilité sociale qui leur a été jusqu’ici refusée et, comme à d’autres moments dans l’histoire, investis par des mouvements national-populaires. « [Avec ces résultats] Notre horizon s’éclaircit : le grand bond industriel, l’État-providence social et le déploiement de la décolonisation et de l’autonomie, se feront ainsi de manière plus rapide, plus convaincante et plus décidée  », expliquait récemment le vice-président Alvaro Garcia Linera, montrant par-là même sa pleine conscience des portées et des limites d’une possible « radicalisation » post-électorale. La radicalisation n’ira pas non plus, comme le montre clairement cette citation, sur la voie d’un éco-communautarisme certes utile pour générer des sympathies dans les sommets internationaux, mais loin de constituer le noyau dur du projet officiel.

Dans ce cadre, les tentatives pour séparer un « évisme » socialiste d’un « alvarisme » (pour Alvaro Garcia Linera) andino-capitaliste – qui émerge dans certaines analyses – ne nous donnent aucune piste d’analyse sérieuse et gênent même, au contraire, une compréhension d’ensemble des tendances actuelles du changement : plus que les biographies, les sensibilités politiques ou idéologiques et les appuis personnels, c’est le nationalisme populaire ou le post-néolibéralisme plus ou moins diffus qui les unit en tout, qu’ils parlent de socialisme, de capitalisme andin ou de communautarisme urbain.

L’intellectuel de gauche Raul Prada a déclaré qu’ « aux tensions entre le gouvernement et l’opposition, qui ont caractérisé le premier mandat d’Evo Morales, pourraient succéder les tiraillements au sein de sa propre majorité ». Morales est-il de plus en plus critiqué par ses propres alliés ?

L’histoire a montré qu’un parti hégémonique reflète généralement en son sein les tensions de la société dans son entier. Sans une opposition (un « ennemi à surveiller ») en vue, on peut prévoir une hausse de revendications diverses à la base du MAS. Il y a déjà eu des tensions en 2006 avec les coopératives de mineurs, qui soutiennent désormais à nouveau le gouvernement.
Mais ceci est de la théorie, une induction historique se référant notamment à l’usure interne de la révolution de 1952. Il faut attendre pour en savoir plus. Pour le moment, davantage qu’une critique des alliés, il y a un élargissement de la base politique et sociale du MAS, entretenu par l’idée qu’il faut accepter la participation des « égarés » d’hier soutenant aujourd’hui le gouvernement (comme les hommes de main d’Oriente Petrolero y Blooming qui, en 2008, s’attaquaient aux institutions et sont aujourd’hui des militants enthousiastes du processus de changement) et que seules les forces anti-nationales sont étrangères à la révolution. Ce schéma d’inclusion et d’exclusion, aux frontières plutôt mobiles, est assez proche de celui du premier péronisme en Argentine.

Actuellement, il est plutôt difficile pour les secteurs progressistes d’être éloigné du MAS. Il n’y a qu’à voir l’expérience du Movimiento Sin Medio du maire de La Paz, Juan del Granado, allié national du gouvernement qui ira pourtant tout seul aux élections d’avril 2010 (maires et gouverneurs) ; et ce même s’il n’a pas critiqué ouvertement Evo Morales et se présente comme allié du « changement ».

Issu des mouvements sociaux, Morales incarnait à son arrivée au pouvoir un certain idéal politique, celui d’un président dévoué aux luttes sociales et opposé aux compromissions politique. Est-ce toujours le cas ?

C’est encore en grande partie le cas, mais à condition de ne pas idéaliser la « nouvelle culture politique » émergeant du mouvement indigène et paysan. L’idée que les mouvements sociaux se font du gouvernement est beaucoup plus proche d’un pacte corporatiste (dans le style de la cogestion gouvernementale entre l’État et la Centrale ouvrière [7] dans les années 1950) que de l’occupation étatique par une multitude éthérée à la Toni Negri. Les ministres et vice-ministres issus des organisations sociales (qui ne sont pas nombreux) font souvent preuve de fortes fidélités corporatistes au détriment de visions plus universalistes. Et le MAS – une sorte de fédération de syndicats urbains et ruraux – est considéré à la fois comme une instance de politisation subalterne et comme un moyen d’accéder à des emplois publics. Evo Morales a l’habitude de tenir informées et de consulter les organisations sociales, cela débouche sur une tension : d’un côté la pénétration de l’État par les « mouvements sociaux », de l’autre l’effet inverse, l’étatisation croissante de ces organisation et la consolidation d’une bureaucratie syndicale naissante.

« Le MAS est considéré à la fois comme une instance de politisation subalterne et comme un moyen d’accéder à des emplois publics. »

Aujourd’hui, la légitimité du président bolivien combine une double dimension : l’ « evisme » (comme horizon identitaire) et les pactes corporatistes et territoriaux qui – comme le dit Morales – garantisse qu’aucun secteur ne se reste sans candidat, des pactes qui sont canalisés par le MAS.

La gauche marxiste ou « classiste » a quasiment disparu du paysage politique bolivien, ce que vous semblez regretter en écrivant : « La volonté de souligner la dimension ethnique de l’oppression a quasiment fait disparaître sa dimension de classe. » Le MAS se trompe de combat ?

En réalité, il ne s’agit pas d’un regret mais d’une constatation. La gauche marxiste n’a pas survécu à la crise du mouvement des ouvriers mineurs dans les années 1980. C’était la colonne vertébrale des secteurs subalternes, grâce à la Central Obrera Boliviana (COB) et à la propriété économique étatique surgie de la Révolution nationale de 1952. Le trotskisme, le Parti communiste, le guévarisme, les maoïstes et les divers courants de la gauche radicale se sont transformés en petits partis ou en sectes. Et la diaspora militante s’est soit ralliée au néolibéralisme des années 1990 – assaisonné de sympathiques réformes multiculturelles –, ou s’est réfugiée dans des ONG d’où elle a, en de nombreux cas, contribué à fortifier les mouvements indigènes et indiens. Mais cette gauche dispersée (laissons ici de côté les expériences relevant du cynisme institutionnel, comme le MIR de Jaime Paz Zamora) s’est raccrochée comme à une planche de salut au nouvel ethno-nationalisme qui a surgi des luttes des cocaleros [8] dans le Chapare. Cette orientation fut ratifiée par la formation de « l’Instrument Politique [9] » des paysans fondé en 1995. L’identité indigène, à géométrie variable, a remplacé l’ancienne identité de classe des ouvriers et des mineurs comme axe de cohésion dans le mouvement populaire. Et le discours anti-néolibéral et décolonisateur s’est transformé, sans grandes discussions, à travers la position commune de cette nouvelle gauche.

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De là a émergé une gauche nationaliste à visage indigène, qui a essayé de corriger les excès « classistes » des vieilles gauches qui ne parvenaient pas à comprendre les dimensions ethnico-culturelles des luttes émancipatrices en Bolivie et qui ont souvent cherché à appliquer mécaniquement les recettes des manuels chinois ou soviétiques. Bien que cette dimension est loin d’avoir disparu, de même que les luttes sociales, il est certain que la lutte des classes est immergée dans des clivages nationaliste tel que l’antagonisme peuple/oligarchie ou de l’antagonisme ethnique (indigènes contre q’aras [blancs]). Mais le social est désormais souvent assujetti à une ethnisation plutôt romantique, qui empêche de percevoir les différences sociales au sein du monde plébéien urbain ou rural, ou l’émergence propre d’une bourgeoisie commerçante aymara-quechua (celle qui a pu rester dans l’organisation de l’ « Ayllu [11] » qui survit dans des régions comme le Nord de Potosi est marginale en comparaison des énormes et bigarrés espaces de migration « post-communautaires »). Ou bien à certaines caractéristiques nationalistes : alliance de classes nationales contre l’impérialisme.

Bien qu’il soit nécessaire de reconnaître l’importance du « travail direct » dans l’économie informelle bolivienne, la thèse du communautarisme urbain dissimule les inégalités et la précarité du travail en un vaste tissu politique, économique et social. Lequel pourrait bien assimiler le monde plébéien décrit par les historiens de la vie quotidiennes pendant la transition au capitalisme, qui reproduit une série d’inerties communautaires mais articulés à l’économie de marché « moderne » et même au capitalisme global. La « ville aymara » d’El Alto est l’exemple paradigmatique de ce monde plébéien, avec 47% d’ouvriers – la majorité dans des petits ateliers – et 41% de travailleurs à leur compte (le commerce représente 30% de l’activité économique).
Il faut aussi noter l’émergence de fortes hybridations, qu’elles soient culturelles avec l’essor de la cumbia, du reggae ou du hip-hop, ou religieuses avec la silencieuse expansion de l’évangélisme pentecôtiste. Ici, on parle certes d’indigènes, mais éloignés des visions ancestrales, romantiques et essentialistes qui étaient à la base de beaucoup d’analyses post-coloniales.

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Tout cela a dérivé en une quasi-absence de débat sur les problématiques liées au travail (explicable en grande partie par la perspective paysanne adoptée par le gouvernement). Mais je ne dirais pas que le MAS se « trompe » de combat – aujourd’hui centré sur la lutte contre les vieilles oligarchies – , plutôt que certaines matrices idéologiques (nationalistes, indigènes…) empêchent en partie une meilleure compréhension du rôle des luttes socio-économiques dans la conquête de meilleurs niveau d’égalité et de citoyenneté.

Manfred Reyes Villa (droite) et Samuel Doria Medina (centre), les deux principaux adversaires de Morales pour cette élection, n’ont jamais développé un discours de campagne crédible, au point que le président Morales s’est publiquement réjoui d’avoir des adversaires discrédités. Est-ce que l’ampleur de la victoire de Morales (64% des voix) s’explique seulement par la faiblesse d’une opposition divisée ?

L’identification de Reyes Villa (ex-militaire lié à la secte Moon et ex-gouverneur de Cochabamba révoqué en 2008 par référendum) et de l’entrepreneur et ex-ministre Doria Medina avec la « vieille politique » a notablement joué en faveur d’Evo Morales. Mais cela n’explique que partiellement l’ampleur historique de sa victoire ; et en aucune manière la victoire en soi. Aucun autre candidat potentiel de l’opposition n’aurait pu vaincre Evo Morales, dont la popularité, loin de s’épuiser durant ses quatre premières années au pouvoir, a augmenté de dix points par rapport à celle déjà historique de 54% en 2005.

« Aucun autre candidat potentiel de l’opposition n’aurait pu vaincre Evo Morales. »

Evo morales reste perçu comme le porteur du « changement » face au vieux régime. La phrase qu’il prononce habituellement dans les meetings populaires, « aujourd’hui ’nous’ sommes présidents  », est bien plus qu’un acte de démagogie politique. Elle reflète un véritable sentiment de participation au pouvoir des secteurs traditionnellement marginalisés. À ceci s’ajoute l’impression qu’Evo « travaille inlassablement » pour le pays, pour lequel il est un meilleur gouvernant que ses prédécesseurs – y compris au regard de la grande stabilité sociale du pays – , et que les corrompus vont en prison.
Enfin, il ne faut pas négliger la popularité des mesures anti-impérialistes comme l’expulsion de l’ambassadeur des États-Unis, Philip Goldberg, pour avoir « conspiré » contre le gouvernement. Ainsi que l’orgueil national né du poids croissant de la Bolivie au plan international, par la voix d’un Evo Morales transformé en un véritable leader national et populaire.

Les partisans de Morales pensaient obtenir la majorité dans l’ensemble des départements boliviens. Mais les départements du Pando, du Beni et de Santa Cruz n’ont pas voté pour lui. Est-ce la preuve que le pays reste divisé ?

Bien que l’opposition ait réussi à gagner dans les départements de Santa Cruz, du Beni et du Pando, ce qu’on appelle la « media luna [13] » autonomiste se désagrège, et est de moins en moins un pôle de résistance régionalisée au projet national d’Evo Morales. De même, l’opposition politique et parlementaire est fragmentée et sans leaders coordinateurs, et l’influence politique du Mouvement vers le socialisme (MAS) s’étend jusqu’aux régions autonomistes de l’est du pays. Il n’existe désormais plus deux pôles ou visions du pays en désaccord constant. Le parti majoritaire a consolidé une série ininterrompue de victoires : 51 % à l’élection de 2006 pour l’Assemblée constituante, 67 % lors du referendum révocatoire de 2008 et 62 % d’appui à la nouvelle Constitution en 2009.

Mais l’élite de Santa Cruz n’est pas parvenue à prendre la mesure de l’ampleur de la popularité de Morales et s’est lancée lancée dans des actions subversives qui se sont révélées suicidaires. Elle a ainsi laissé l’espace nécessaire au gouvernement pour une série de démonstrations de force, telles que la détention de l’ex-préfet du Pando ou du candidat récent à la vice-présidence, Leopoldo Fernández.
Le 6 décembre le MAS n’a pas seulement gagné à Tarija (qui détient plus de 80 % des réserves très stratégiques de gaz), alliée historiquement à Santa Cruz, mais a aussi augmenté significativement ses suffrages dans cette dernière province (avec 41 %), ainsi qu’au Béni (38 %) et au Pando (45 %). Mais ce qui est plus significatif encore que les votes, c’est la politique : l’élite de Santa Cruz se montre divisée, affectée par les accusations et disputes intestines, ainsi que par la volonté de trêve de plusieurs secteurs du patronat, exprimée publiquement, face aux groupes radicaux.

Les régions conservatrices de la "Media Luna" sont-elles encore tentées par l’autonomie ? Existe t-il un réel risque de voir se reproduire les troubles de 2008 ?

L’autonomie est reconnue dans la nouvelle Constitution et constitue un triomphe évident pour les dirigeants de Santa Cruz, qui ont réussi à faire inscrire cette exigence dans l’agenda politique national. Le 6 décembre dernier, les départements de La Paz, Oruro, Potosi, Chuquisaca et Cochabamba sont revenus sur leur rejet de 2006 et ont massivement voté en faveur de l’autonomie, répondant ainsi à la consigne du MAS, ce qui entérine le nouvel État autonome en remplacement de la République centralisée. Les divergences tournent autour des compétences des gouvernements locaux : les attributions et la gestion de la politique agraire ou l’encaissement des impôts – que les élites de Santa Cruz se verraient bien conserver – restent des attributions exclusives du pouvoir central.
Les épisodes violents, tels que ceux de 2008, semblent bien loin aujourd’hui. L’opposition manque aujourd’hui de force pour susciter des tensions et entériner l’idée de « deux Bolivies » opposées, comme cela a parfois semblé être le cas les années passées. Les tentatives d’Eduardo Rozsa Flores – un ex-combattant boliviano-hongrois de la guerre des balkans, issu du camp croate – de créer des groupes de choc et d’autodéfense a été l’ultime râle d’un délire entretenu par une sous-estimation suicidaire de la force d’Evo Morales et par une surestimation de la sienne propre. De toute façon, l’opposition essayera de conserver certains espaces institutionnels – mairies et gouvernements dans la partie orientale du pays – aux élections régionales de 2010. En plus de cela, il lui faut retrouver des leaders et cesser d’apparaître comme un contrepoids néfaste au “processus de changement” que vit le pays.

La formation d’Evo Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a remporté les deux tiers des sièges à l’Assemblée législative plurinationale (Parlement). Cela change-t-il beaucoup de choses pour le gouvernement ?

Avec ce résultat s’accomplit l’aspiration principale du parti majoritaire : contrôler non seulement le gouvernement, mais aussi le pouvoir. Depuis 2006 il existe une tension née d’une logique de changement radical (révolutionnaire) devant s’opérer dans le cadre de la démocratie. Cela se vérifie, plus que dans les réformes concrètes, dans la relation du gouvernement avec les institutions, perçues comme un frein et le bastion des vieilles élites. Avec cette majorité, le MAS peut réformer la Constitution (une réforme qui devra ensuite être ratifiée par référendum) et désigner les candidats pour occuper la Cour suprême de Justice et du Tribunal constitutionnel, par exemple, qui seront plus tard élus par un vote populaire, comme le stipule la nouvelle Constitution. Il s’agit du premier parti hégémonique depuis les années 1950. Et de la première réélection depuis 1964.

Le récent scandale de corruption qui a éclaboussé le MAS à travers l’emprisonnement de Santo Ramírez risque-t-il d’avoir des répercussions ?

L’affaire Santos Ramírez (ex-président de l’entreprise pétrolière étatique YPFB) n’a pas affecté Evo Morales, qui a appelé à son incarcération. Cela s’est répercuté positivement dans les secteurs sociaux : « Désormais, pour la première fois, le président ne protège pas les corrompus, même dans son propre parti. » Il conserve un fort capital éthique – qui a joué dans les 64% - et le discours selon lequel il est au service de l’État et non à son propre service fait partie de « sa marque de fabrique ».
Mais cela ne doit pas occulter l’absence de débat sérieux sur la nécessaire réforme d’un État vu comme moyen d’ascension sociale, le tout lié à une mentalité rentière fortement enracinée dans la société bolivienne. La réforme morale et institutionnelle suit une pente descendante.

« Evo Morales conserve un fort capital éthique. »

La nouvelle loi de gestion publique est un bon exemple des ambivalences du gouvernement en ce domaine. Plusieurs membres de l’équipe de rédaction du projet de loi polémiquent en affirmant que la Bolivie est une « société communautaire » et que l’État devrait rendre des comptes sur cette infrastructure sociale. Dans le même temps, ils demandent une collaboration de l’ENA, en France – pays qui n’a pas précisément adopté un multiculturalisme radical –, pour remettre sur pied une école d’administration publique. Après quasiment quatre années de gestion, les emplois publique – considérés comme des privilèges dans la logique paysanne du MAS – restent sans syndicats, éliminés sous le néolibéralisme.

Quels sont les grands défis auxquels Morales va devoir faire face pour ce second mandat ?

Éviter que le puissant mouvement politique et symbolique qui s’est exprimé ne se finisse par une nouvelle frustration, similaire à de précédentes expériences nationales-populaires. En ce sens, une grande part de son succès tient à la construction d’institutions post néo-libérales efficaces, afin de dépasser l’ « étatisme sans État », le clientélisme et l’inefficacité étatique qui ont historiquement joué en défaveur de l’économie nationalisée. À mon avis, le grand défit consiste dès lors à construire un État différent de celui des années 1990 - mais aussi de celui des années 1950 - et à sortir du développementalisme ingénu qui teinte certaines dimensions du grand saut industriel. Une partie de ces problèmes s’incarnent dans la gestion de l’entreprise pétrolière étatique YPFB et dans la baisse de son activité, en partie à cause de la chute des prix internationaux.

Dans ce cadre, la réduction de la pauvreté, la santé gratuite et universelle, une éducation fiscale de qualité dans les campagnes comme les villes et un modèle de développement adapté aux conditions boliviennes sont les défis que le processus de changement doit relever. Aujourd’hui, plus de 30 % des Boliviens continuent à vivre dans l’extrême pauvreté ; ni les politiques sociales, ni la croissance n’ont agi suffisamment pour parvenir à l’éliminer. Sortir du néolibéralisme est plus compliqué que nous ne le pensons parfois. Pour les États mais aussi pour les mentalités des gens.


[1] La traduction de l'entretien est signée Ben & Lémi, guerriers de l'impossible.

[2] “Es el tiempo de crear el sistema del vivir bien y el manantial está en Bolivia”, hebdomadaire La Epoca, La Paz, reproduit dans Rebelión, lien ici.

[3] La Bolivie d’Evo : démocratique, indianiste et socialiste ?, Sillepse- Alternative Sud, 2009.

[4] Le Monde, 21-11-09, à lire ici.

[5] NdT : Il se peut que la traduction ne soit pas parfaite, l’idée d’État-providence étant plutôt française. L’original est « Estado productivo social protector » : littéralement, « État productif social protecteur ».

[6] Evo Morales & Alvaro Garcia Linera présentant la nouvelle constitution adoptée par référendum en 2008.

[7] NdT : COB, principal syndicat ouvrier de l’époque.

[8] NdT : Mouvement syndical des paysans producteurs de coca dont est issu Morales.

[9] NdT : Instrumento Político por la Soberanía de los Pueblos" (IPSP).

[10] Une des rares photographies de la révolution de 1952.

[11] NdT : Modèle traditionnel communautaire chez les Aymaras, très important encore dans les campagnes.

[12] Foule à El Alto, ville surplombant La Paz.

[13] [NDT : Signifie “croissant” ou “demi-lune”, en raison de la forme des régions autonomistes et opposées à Morales.

Un article issu de : Pablo Stefanoni : "Evo morales reste perçu comme le porteur du changement face au vieux régime"

À voir en ligne ici : http://www.article11.info/spip/spip.php?article647


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Quinquennat Sarkozy

Général Motor bourre le fion des salariés....

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$$ -IL VA FALLOIR FAIRE DES SACRIFICES-$$ !!! AUJOURD’HUI STRASBOURG ...DEMAIN PARTOUT $ $ $ $ $ Au terme d’un chantage qui a fait long feu !!! Et vlan : dans l’os !!! Les employés de la Général Motor de Strabourg viennent de se faire entuber à tombeau ouvert ! Ils ont même gracieusement fourni la vaseline (...)

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Pourquoi il faut dissoudre

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crise du politique

L'éthique vermoulue à la Française : l'Elysée du Palais Brongniart

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Du vaudeville actuel, qu’il s’appelle woerthgate ou sarkogate, le tableau d’une France inconnue nous apparait au grand jour. Celle d’un capitalisme Français d’un autre age, munis de la barbichette et d’un haut de forme mélangeant indûment, et au grand jour, ses intérêts avec celui du ministère public. Le plafond de verre a (...)

vieux monde rassi

Muhammad Yunus, le banquier des pauvres

Nonfiction, 25 juillet 2010 09:00

Après ses best-sellers Banker to the Poor et Creating a World Without Poverty, Muhammad Yunus apporte une nouvelle pierre à l’édifice de l’entrepreneuriat social avec son dernier livre Building Social Business. Professeur d’économie, fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix, le professeur Yunus est considéré (...)

Lectures

Code is Law — De la liberté dans le cyberespace

un auteur invité, 25 juillet 2010 06:43

Lawrence Lessig est professeur de droit des affaires au Centre Berkman de la Harvard Law School. Son dernier livre, « Le code, et les autres lois du cyberespace » (Basic Books), vient d’être publié (voir http://code-is-law.org). Le site du Centre Berkman pour l’Internet et la Société est http://cyber.law.harvard.edu. Le (...)

Numérique

Pouvons-nous devenir plus intelligents, individuellement comme collectivement ?

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A l’occasion de la seconde édition de Lift France qui se tenait la semaine dernière à Marseille, retour sur l’intelligence collective et individuelle. Pouvons-nous devenir plus intelligents, individuellement comme collectivement ? Pouvons nous apprendre mieux et plus vite ? Mieux se souvenir ? Prendre de meilleures (...)

Numérique

Ran-tan-plan v’la la com de Sarko

lapecnaude, 24 juillet 2010 16:30

Çà y est, ils sont partis en vacances, nos z'élus, nous laissant un arrière goût amer au fond de la gorge, comme un relent de bière trop chaude. Pour parler de bière, qui va-t-on enterrer ? Le Procureur (et non juge) Courroye s'échine à qui mieux mieux, il est arc-bouté sur ses procès verbaux de perquisitions, (...)

Communication politique

Cette bourgeoisie « politique » qui nous gouverne à la godille ?

Duboubou, 24 juillet 2010 13:32

Il n’est pas faux de penser qu’en dehors de l’hexagone notre démocratie bananière fait encore rêver ! Surtout les clients potentiels qui rêvent de pouvoir bénéficier des avantages sociaux à la française. Cela les stimule autant qu’un pot de confiture attire irrésistiblement les guêpes ! La réalité est pourtant moins (...)

crise du politique

De la généalogie à l’histoire

Nonfiction, 24 juillet 2010 10:00

Les éditions de la Rue d’Ulm ont eu l’heureuse idée de faire traduire le maître-ouvrage de Roberto Bizzocchi, professeur à l’université de Pise. Initialement paru en 1995, réédité en 2009 avec une postface, ce livre bénéficie d’une traduction de Lucie De Los Santos, Laura Fournier-Finocchiaro et Alain Tarrieu. Il est enrichi (...)

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Betablog, 24 juillet 2010 07:47

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Fiscalité

L’affaire Woerth : un déni de démocratie

Acturevue, 24 juillet 2010 06:30

« Nous sommes dans une vraie démocratie » assurait Nicolas Sarkozy, face à David Pujadas hier soir sur France 2. Pourtant, il est temps de se poser des questions, de graves questions qui deviennent de plus en plus légitimes. Depuis la révélation par le site Mediapart de l’affaire Woerth – Bettencourt, nous assistons ni (...)

Eric Woerth

De la dissidence à la démocratie : la mémoire de l’Est

Nonfiction, 23 juillet 2010 16:46

Depuis la réflexion engagée par Edmund Husserl dans la Crise des sciences européennes et la phénoménologie, on sait combien toute méditation sur la nature et la portée de l'esprit européen possède des racines philosophiques profondes, et que la constitution d'une Europe de l’esprit présuppose en premier de définir (...)

Lectures

Article11 papier : une histoire de gros sous

Lémi, 23 juillet 2010 13:48

Finis les grands mots et les déclarations d’intention : aujourd’hui, on parle gros sous. C’est que, derrière un vernis alternatif et une apparence d’intégrité, on ne compte pas stagner en terre désargentée. Objectif ? Cac 40… Même si, en attendant, nous allons devoir faire face à quelques banales questions de trésorerie. Le (...)

De la woerthisation et ribérysation de la France ... (zaz)

Ocsena, 23 juillet 2010 10:26

Abstract Avec les récentes woerthisation et ribérysation de la France, à considérer l’allègre train des choses, leur fond suppositaire et leur bouzin (leur boudin, si tu préfères !), la France et les Français sont probablement foldingues. Mais non mais non voyons ! s’écrie-t-on autour de nous, nous ne sommes pas fous (...)

zaz

Sans banderolles ni trompettes

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Bonjour, Au nom de toute la misère sociale, intellectuelle, psychologique, hiérarchique que l’on nous impose jour après jour sur cette planète, et notamment en France, Un appel est lancé pour que l’ensemble des peuples descende dans la rue le 7 septembre 2010 sans banderoles syndicales ni trompettes. Ne nous égarons (...)

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Asssurancetourix contre les Anglo-Saxons

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Le 25 janvier 2005, quelques semaines après l'annonce par Google de son projet de numérisation de quelque quinze mille livres et périodiques sur une période de six ans sur la base d'accords avec de grandes bibliothèques américaines, universitaires ou publiques (Harvard, Stanford, Michigan, New York Public), (...)

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Equipe de France de Football : les leçons de l’échec

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crise du politique, Quinquennat Sarkozy

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Bettencourt way of life

Disparitus, 22 juillet 2010 06:30

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vieux monde rassi

le sarkozisme, avatar du Front national

pas perdus, 21 juillet 2010 15:05

Depuis quelques jours, les sondeurs -dont nous nous méfions- signalent que le FN est en forte progression. Ces politologues annoncent même le candidat du Front National au 2d tour de la présidentielle... L’UMP accuse la gauche de faire le jeu du FN en demandant des comptes à Woerth et au pouvoir actuel... Koz, un (...)

Quinquennat Sarkozy, extrême droite

Le Mexique en sang ; les médias libres contre la tyrannie invisible

Ké Huelga Radio, 21 juillet 2010 10:15

Les animateurs de la radio mexicaine Ké Huelga nous ont fait parvenir ce texte. Passionnant, il fait le point sur la situation ensanglantée d’un pays où règne la loi du plus fort - au plan économique comme militaire. Et il explique aussi combien le travail essentiel mené par cette petite radio militante est aujourd’hui (...)

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Les Assyriens, inventeurs de la guerre sainte ?

Nonfiction, 21 juillet 2010 09:26

Dans ce texte qui allie clarté et précision, l’auteur, spécialiste des civilisations du Proche-Orient ancien, propose une mise au point sur l’état actuel des recherches concernant l’Assyrie, en prenant comme fil conducteur de son exposé la guerre – et la religion qui lui est indissociable dans cet empire. Pourquoi prendre (...)

Religion, Histoire

L’abeille au secours de l’humanité ?

Rémi Begouen, 21 juillet 2010 08:14

Grâce à mon boycott du bla-bla de Tsarko du 12 juillet, j’ai pris le temps de finir la lecture, passionnante mais exigeante, de ce nouveau livre important d’un écrivain à la fois économiste (hétérodoxe !), historien, philosophe et… poète. Du moins commence-t-il son ouvrage par une surprenante et belle fable en vers libres, (...)

Économie

Déchéance de la nationalité Française : le parlement ne doit pas jouer aux apprentis sorciers

Terra Nova, 21 juillet 2010 08:00

La déchéance de la nationalité française, évoquée par le ministre de l’intérieur au printemps pour "sanctionner" un individu accusé de polygamie et de fraude aux aides sociales, reviendra sûrement dans le débat public lors de l’examen du projet de loi Besson à l’automne. Cette notion, définie dans des termes extrêmement (...)

crise du politique

L’Education nationale devra revoir les fichiers "Base élèves" et "BNIE".

Poolp1, 21 juillet 2010 06:18

Education nationale : fichiers “Base élèves 1er degré” et “BNIE”. Conseil d’Etat, 19 juillet 2010. [Note Poolp : Après avoir été classées sans suite par le Procureur de Paris, les plaintes des parents d'élèves ont été en grande partie prises en compte par le Conseil d'Etat. Comme quoi...]. Les fichiers “Base élèves 1er (...)

Libertés individuelles

Mission impossible

Josh Lyman, 20 juillet 2010 15:30

Le rapport de l’IGF sur le comportement de l’ex Ministre du Budget à l’égard de la situation fcale de Mme Bettancourt est une triple incongruité D’abord, si prestigieux soit-il et indépendant dans ses conclusions, un corps d’inspection n’est pas une juridiction. En l’occurrence, l’Inspection des fnances est placée sous (...)

Eric Woerth

l'aide juridictionnelle dans l'oeil du Sarko !

pas perdus, 20 juillet 2010 13:00

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crise du politique

La censure comme outil de communication politique

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Muriel Marland-Militello sur la liberté de la presse : et si ce n’était qu’un petit avant-goût de Christian Estrosi ?

bluetouff, 20 juillet 2010 12:14

Je viens de me farcir les 3 derniers billets de la député Muriel Marland-Militello. Je ne m’attendais certes pas à passer un bon moment… et bien j’ai été servi, j’ai aussi lu son droit de réponse qui me convient très moyennement, encore une fois, on tente de vous faire gober que c’est pour vous protéger vous, citoyens, alors (...)

Liberté de la presse

La faveur de la disgrâce

Nonfiction, 20 juillet 2010 12:00

Après Audrey Hepburn, Al Pacino et Johnny Depp, la collection Jeux d’acteurs des éditions Scope s’enrichit d’un nouvel ouvrage, toujours sur une célébrité, mais cette fois sur une figure atypique, unique en son genre : Michel Simon. On ne peut que souligner l’originalité de cette collection, qui souhaite exploiter un (...)

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Quelques mots sur les micro-partis

Jules, 20 juillet 2010 06:30

Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le micro-parti a fleuri comme la corrosion sur le meilleur acier. De quoi s’agit-il ? Eh bien, de minuscules structures constituées en parti politiques et qui obéissent au régime de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la (...)

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Frank John Fenner est un éminent scientifique australien, qui fut notamment à l’origine de l’éradication de la variole. Dans une interview datée du 16 Juin 2010 à The Australian, il livra sa vision de l’avenir de l’Humanité : l’extinction. Ainsi, selon lui, l’espèce humaine aura disparu dans un délai d’un siècle, notamment (...)

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167ème semaine de Sarkofrance : la République reprochable de Nicolas Sarkozy

Juan de Sarkofrance, 19 juillet 2010 14:14

La contre-offensive a fait choux blanc. Empêtré dans ses affaires, Sarkozy s’est résolu à parler à la télévision. Il a pris son air indigné et grave, et une posture faussement pédagogique. Les cheveux laissés grisonnant dans un décor de palais, il a égrené ses arguments sans comprendre les raisons profondes de ses difficultés. (...)

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La succession Wildenstein, une future affaire Woerth ?

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Grosse émotion...
Je vous conseille le groupe La Canaille. C’est du rap, mais ce n’est pas seulement du rap...


La Canaille " l’usine "
envoyé par WAAAMUSIQUE. - Clip, interview et concert.

CC

L'usine


Mais quand le gouvernement va-t-il nous débarrasser de la pénible affaire Woerth ?


Le contrôle total de l'économie par la monnaie


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Bonne nouvelle pour la gauche ? - 22 mars

Plus de 54 % de score national pour des partis de gauche unis. Je n’ai aucun souvenir d’un tel résultat. Mais la gauche aurait bien tort de se (...)

Epilogue - 14 mars

Ce texte d’Aragon, chanté par Ferrat... cherchez-le et écoutez-le. S’il existe une espérance sans Dieu, il l’a trouvée. La vie aura passé comme un (...)

Vous n’avez pas comme un problème avec l’Islam ? - 21 février

Je suis quand même surpris par l’intensité que prennent quelques débats concernant l’Islam, en ce moment... Le plus frappant, c’est qu’on a des (...)

Note aux tenants du il-ne-faut-pas-confondre-antisionisme-et-anti - 12 février

Je supprime régulièrement, unilatéralement et arbitrairement des posts que je juge racistes, antisémites ou seulement complètement nuls. Ca arrive (...)

La ritournelle des retraites - 21 janvier

Le gouvernement a décidé de remettre un couvert sur les retraites. On peut donc s’attendre à une série de chiffres apocalyptiques dans les médias (...)

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Christian Sautter

Le Sorcier de l’Elysée - 19 juillet

Le sorcier en question n’est pas le Président de la République, dont les grigris ne font plus illusion, mais un homme très secret, Jacques Pilhan, (...)

La peur divise l’Occident - 12 juillet

Tel est le constat inquiet fait par Dominique Moïsi dans son ouvrage qui laisse perplexe au premier abord : « La géopolitique de l’émotion » (...)

Une Asie plus discrète - 5 juillet

Comment survivre lorsqu’on est coincé entre deux géants de plus d’un milliard d’habitants, la Chine et l’Inde, et quand on appartient à la catégorie (...)

Les associations dans l’étau - 28 juin

L’univers lisse des services à la personne est l’enjeu d’une guerre impitoyable. Je visitais la semaine dernière une jeune entreprise qui fait des (...)

Retraites glissantes - 21 juin

Comment parler des retraites après une journée d’émotion nationale, commémorant l’appel du 18 juin 1940, après avoir vu l’immense portrait du Général De (...)

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Sarkofrance

168ème semaine de Sarkofrance : comment Sarko veut faire (...) - 26 juillet

Nicolas Sarkozy s’était octroyé un très long weekend de repos. On a pu le croiser au Cap Nègre, chevauchant sa bicyclette. Puis on l’a lu fustiger la (...)

167ème semaine de Sarkofrance : la République reprochable de (...) - 19 juillet

La contre-offensive a fait choux blanc. Empêtré dans ses affaires, Sarkozy s’est résolu à parler à la télévision. Il a pris son air indigné et grave, et (...)

166ème semaine de Sarkofrance : les 7 jours qui ébranlèrent (...) - 12 juillet

Il était satisfait de sa tactique, content de sa concertation. En quelques mois, à force d’annonces officieuses et de démentis officiels, de faux (...)

165ème semaine de Sarkofrance : le WoerthGate est un (...) - 5 juillet

Il a bien tenté de riposter, de protéger son fidèle trésorier. Sarkozy a dû lâcher quelques annonces de rigueur pour corriger l’image d’un gouvernement (...)

164ème semaine de Sarkofrance : privilèges, mépris et (...) - 28 juin

On reconnaît notamment un chef d’Etat à son sens des priorités. Nicolas Sarkozy, pour sa 164ème semaine à l’Elysée, n’en a avait aucun. A moins qu’il ne (...)

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Josh Lyman

Mission impossible - 20 juillet

Le rapport de l’IGF sur le comportement de l’ex Ministre du Budget à l’égard de la situation fcale de Mme Bettancourt est une triple incongruité (...)

Sommets - 21 juin

D’accord, la France a battu l’Afrique du Sud 4 buts à zéro dont deux de Thierry Henry et se qualifie d’extrême justesse pour le tour suivant Certes, (...)

Double contact - 4 juin

Mme Le Pen se fait un prénom. Sur le registre de l’habileté, elle n’aura pas tardé à dépasser son maître et concepteur. En déclarant qu’elle ne se (...)

Match nul - 1er juin

Aubry a-t-elle fauté en comparant Sarkozy à Madoff ? Au regard des objectifs qu’elle se fixait sans doute, le bilan est mitigé : elle a eu (...)

Retraites et flambeaux - 27 mai

Le jeu de cache-cache actuel autour de la réforme des retraites est assez croquignolet. On voit venir les ballons d’essai du pouvoir comme autant (...)

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Aline

Medvedev vient faire ses courses à Paris : La France (...) - 1er mars

Le collectif Free Caucasus rappelle qu’en dépit des accords de cessez-le-feu du 12 août 2008, signés sous l’égide de Nicolas Sarkozy, la Fédération de (...)

M. Poutine muselle les libertés - 19 février

Dans les capitales européennes, des dirigeants épris de liberté annoncent fièrement une nouvelle ère de coopération avec la Russie. A Berlin, on se (...)

Lettre ouverte : Il faut rétablir la diffusion de la première (...) - 17 février

Monsieur le Directeur d’Eutelsat, Abritée par la télévision publique géorgienne, Perviy Kavkazskiy, ou « Première Caucasien » a été lancée à (...)

Moscou n’aime pas la nouvelle chaîne transcaucasienn e - 27 janvier

Depuis quelques jours, Perviy Kavkazky (1K-First Caucasian), la première chaîne de télévision régionale en langue russe non contrôlée par le Kremlin, (...)

Le Caucase attend Ioulia Timochenko - 19 janvier

Cette situation pourrait-elle laisser planer l’idée d’un éventuel et étrange revirement pro-russe, emmené par Ianoukovitch et stratégiquement suggéré (...)

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