Quinquennat Sarkozy , 1968
La place qu’assigne Sarkozy à Mai68 | 4 avril 2008 | | 0 commentaires
Le complot soixante-huitard
Dans une logique de consommation des évènements, comment Sarkozy utilise ceux qui lui sont opposés :
La technique de la noyade dans le bruit ambiant.
La technique de la commémoration.
La mise à mort symbolique....
En ces temps de commémoration du mouvement de révolte contre l’autorité, au travail et dans les rues, se développe à droite un discours contre une "idéologie soixante-huitarde" portée par des manipulateurs qui auraient, dupant les crédules classes ouvrières sur leur lieu de travail ou les enfants de ceux-ci découvrant à l’époque les temples du savoir que seraient les facultés.
Ils se seraient servis de cette légitimité manipulatrice pour s’emparer de tous les lieux de pouvoir afin de l’exercer jusqu’à aujourd’hui sans laisser la place aux générations qui les ont suivis.
Pour résumer, nous aurions donc une classe d’age qui, après avoir jeté sa gourme en 68, a capté les lieux de pouvoir et aurait tiré les ficelles pour éviter jusqu’à aujourd’hui le chomage et la paupérisation que leur génie manipulateur réservait aux classes laborieuses.
Ces fameux soixante-huitards seraient passés de l’anticonformisme au "nanti conformiste".
Mais que faisait le PC, serait-on tenté de dire( Sarkozy ne va pas jusque la).
Ce démon protéiforme est maintenant découvert et, depuis l’élection de Sarkozy commence à reculer.
Mais, bien sur, les réformes bloquées depuis quarante ans demanderont du temps à redistribuer ce que ces voleurs ont su capter en préservant leur situation acquise, à la seule condition de se mettre tous au boulot derrière not’ bon maître.
Cette analyse grossière portée par Sarkozy lors de l’élection Présidentielle a un modèle politique qui a fait la preuve de son efficacité et un modèle théorique qui le recadre dans une stratégie plus globale.
Le modèle politique :
Un livre vient de paraître de Thomas Franck intitulé "Pourquoi les pauvres votent à droite" ou il est développé comment un Etat pauvre des USA mais historiquement contestataire (Le Kansas) , a envoyé ces 20 dernières années des conservateurs bushistes au Sénat Américain.La base de ce renversement est de proposer une explication à ce monde par un schéma nostalgique d’une période ou, avec le recul, tout semblait plus simple.
Cimenté par la religion ( dans le cas des USA ) ce "monde" est mis à portée de mains des électeurs pauvres dans un premier temps pour les détourner de revendications salariales immédiates mais toujours difficiles à obtenir.
Il promeut donc une grille de lecture ( retour vers le passé ), un moyen d’y accéder ( voter conservateur ) et des forces opposées à ce "bonheur" : une intelligentsia libérale des côtes Est et Ouest qui feraient barrage à ce retour par la diffusion d’une "immoralité" empêchant la grille de lecture d’advenir.
La transcription en France est simple :
Le retour vers un passé religieux est remplacé par la nostalgie d’une France de petits propriétaires ( quand tous les Français étaient paysans ) respectables dont la politesse serait la vertu cardinale avec le respect de l’autorité.
Les forces opposées à ce "bonheur" sont les soixante-huitards pour ce qu’ils ont fait ( avant 68 le plein emploi, le pays n’était pas une caserne avec un général à sa tête ), ce qu’ils font ( ils sont au pouvoir, ne veulent pas partir, veulent durer en excluant les trentenaires et quadras ), ce qu’ils veulent faire ( contrer Sarkozy, manipuler l’opinion, refuser la loi, soupconnés de pédophilie et donc d’immoralité....).
Le modèle théorique :
Le premier temps est celui de la tactique et des médias.Il s’agit des techniques de contre-bruits.
A base de "people" ( Yatchs, Rolex, Carla Bruni, Fouquet’s...) et d’évènementiel, il s’agit d’occuper le terrain.
Le second temps est celui de la stratégie dévolue à Fillon.
Il s’agit de la tache qui consiste à préparer les lois, établir un calendrier de ce qu’il est possible de faire pour la construction du schéma d’appauvrissement généralisé qui a pour nom "rupture sarkozienne".
Le troisième temps est la clé de voute.
De l’ensemble il est le ciment qui va souder tout cela, tout en détournant l’attention du niveau précédent ( application de la politique ).
Il s’agit de ce que René Girard à nommé "Le bouc émissaire", description de l’établissement d’une religion par dissimulation du meurtre dudit bouc.
Mai 68 et son complot sont désignés à la vindicte publique pour être symboliquement mis à mort.
Cette violence initiale va refonder une société dont le ciment sera ce meurtre, détestation unanime et rejet des valeurs de Mai 68 ( esprit critique, de révolte, rejet de l’autorité, mouvement social majeur ).
La société refondée, voire créée sera la "société de responsabilité" obtenue par "une politique de civilisation" et qui durera, grâce au mécanisme de la foi, utilement convoquée pour cela.
Envoi :
Les moyens pour ce faire :* Les médias qui, par le biais d’une commémoration, vont disqualifier Mai 68 de son aptitude à nous parler d’aujourd’hui.
* C’est le passage sous silence du Mai 68 ouvrier, pour n’en retenir qu’une mode culturelle.
Introduire un coin entre ces soi-disants deux Mai 68 a toujours été une lubie d’intellectuels de droite.
* Et enfin montrer au niveau sociétal que le chevalier blanc Sarkozy a su "évoluer avec cette société" sans passer par la case "Mai 68" en faisant croire que ses arrangements bourgeois classiques ( Zola décrivait déjà les bourgeois à la Sarkozy ) au niveau du divorce sont le signe d’une ouverture d’esprit alors qu’ils ne sont que stratégie banale d’influence.
Conclusion :
Ce schéma tactique fonctionne donc avec un coupable idéal, chargé de tous les maux de la terre, destiné par son sacrifice à opérer la catharsis ( rendre sa pureté originelle ! ) d’une société qui, autrement retournerait sa violence endogène contre elle-même.Ce qui ne gènerait pas Sarkozy, mais pourrait aussi diriger cette violence vers ceux qui ont la prétention de la diriger.
L’enjeu de Sarkozy est simple : trouver des coupables, sans aucune base réelle, afin de les proposer comme boucs émissaires.
Cette opération peut être réalisée plusieurs fois selon le même schéma.
Donc, aprés Mai 68, qui exécutera-t’il pour continuer ce mécanisme religieux d’instrumentalisation de la vie politique à des fins d’exercice personnel du pouvoir ?
Citons, en vrac, les fonctionnaires, les jeunes, les immigrés, les feignants de tout poils : rmistes, chomeurs, pauvres, les opposants qui refusent l’ouverture.....
Bref, les mauvais français désignés comme cela uniquement parce qu’ils ne pensent pas comme Sarkozy
- pasdesarkozy






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