Le Hezo | 10 février 2007 | | 18 commentaires
A quoi sert Bayrou ?
Vous vous souvenez de la musique du Troisième homme ? C’est vrai que l’air que nous susurre l’homme du Pays Basque peut nous enchanter les oreilles. Mais... mais ira-t-il jusqu’au bout de ses diatribes ? C’est la question à mille euros... Alors Bayrou, quitte ou double ?!
A quoi sert Bayrou ? On peut légitimement se poser la question d’autant que l’animal a de la ressource et que face à l’hégémonie constrictor du boa UMP, le jeune papy fait de la résistance…Quelles sont ses idées ? Ses thèmes de campagne ? Son originalité, coincé qu’il est entre la belle Royale et le trépignant Sarko ? Jean-Pierre Chevènement, autre marginal de la politique, pas de problème, on voyait ce qu’il représentait… l’homme raide dans ses bottines face aux sauvageons, diffusant une certaine idée de la France : en somme un De Gaulle de gauche (qui soit dit en passant doit se remuer dans sa terre de Colombey en voyant ses héritiers profaner sa tombe ??)
Mais Bayrou ? Dites-moi… l’ouverture sur l’Europe avec la tentation de recoller les morceaux, réussir là où Giscard le trisaïeul s’est cassé le nez ? Pas génial en cette période de défiance à l’égard de tout ce qui vient de Bruxelles. Une République plus ouverte, moins dépensière, plus proche des gens… mais ils disent tous cela même Sarko, c’est dire !
Alors et bien ? Mais si voyons c’est son caractère de rebelle qui nous plaît, son visage de vieux dernier des Mohicans ! Ah que voilà un pourfendeur des idées li-li (libérales-libertaires, piquées dans Marianne ?) Ah ! que voilà quelqu’un qui va faire rendre gorge au système tout entier, aux patrons voyous et bousculer les potentats industriels et rendre la guerre des clans et des intérêts capitalistiques impossible. Un révolutionnaire Bayrou, un Lénine basque en quelque sorte, un crypto-anar…Si, si.
C’est vrai, on va pas s’en cacher, qu’on a aimé son coup de gueule contre TF 1 (le petit frère des pauvres terriens Hulot a dû se sentir tout drôle, qu’on puisse s’attaquer comme ça à sa vache à lait…). Tiens, j’en suis sûr aujourd’hui… Jumbo (c’est le surnom de Bayrou) appellera à voter contre Sarko au deuxième tour de la présidentielle. Si, si je vous assure…simplement pour montrer que les centristes lecanuettistes ne sont plus des couilles molles !! Sans rejoindre Ségo, dire simplement : Sarko, c’est no ! ça aurait de la gueule !
Le Hezo
Texte publié sur le blog Colère rouge
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18 Messages de forum
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A quoi sert Bayrou ?
10 février 2007 10:11, par olSi vous regardez le discours de Bayrou lors de la censure au gouvernement (http://www.dailymotion.com/search/bayrou/video/x15vjw_francois-bayrou-motion-de-censure-1) et (http://www.dailymotion.com/search/bayrou/video/x15wck_francois-bayrou-motion-de-censure-2), vous comprendrez ce que propose réellement Bayrou, une autre façon de faire de la politique, une réelle représentativité des élus au parlement. Ce discours date de bientôt un an, et c’est ce jour que j’ai pris conscience que cet homme était un des derniers vrais démocrates du paysage politique français. Ce qu’il propose est un préalable nécessaire si l’on veut que le pays prenne la bonne direction quant aux réformes. C’est ce qu’une majorité d’entre nous veut, mais beaucoup sont encore trop frileux pour abandonner leur gauche ou leur droite.-
A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 11:27Je voulais simplement dire que je trouve le personnage sympathique... mais que politiquement, il me semble un peu faible. Son utopie centriste est inconcevable en France entre deux idéologies très marquées à droite et à gauche. Mais pour autant son jeu est aujourd’hui intéressant. C’est en effet de lui dont va dépendre l’issue du scrutin. Car de son choix (Sarko ou Ségo) va dépendre le sort du pays. Son alliance est en effet capitale pour assurer la victoire d’un camp sur l’autre. Il se rallie à Sarko et on retombe dans les errements que l’on a connus avec l’Etat UMP (et l’UDF est laminé). S’il choisit Ségo, alors là tout commence... car évidemment ce ralliement peut se moyenner. En sièges comme en idées. Et pourquoi pas un poste de premier ministre de Ségo ? S’il arrive deuxième face à Sarko, il sera élu car les électeurs de gauche rejettent en bloc Sarko... Donc quelque soit les circonstances, il va jouer un rôle déterminant... Alors couilles molles, Bayrou ? Osera-t-il Ségo contre Sarko ? En ce sens, il rendrait service à la France...
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 11:54, par FrédéricLN"deux idéologies très marquées à droite et à gauche" : croyez vous vraiment que beaucoup de Français adhèrent à de telles idéologies "très marquées à droite et à gauche" ? Or le jour de l’élection, c’est ça qui compte.
Voir en ligne : Démocratie sans frontière
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 12:26D’accord avec vous mais vous ne répondez pas sur l’essentiel...Bayrou peut-il faire alliance avec Ségo pour battre Sarko ?? Si Bayrou s’allie à Sarko, les gens vont dire : mais il s’est foutu de nous... Qu’en pensez-vous ? Un ticket Bayrou-Ségo aurait de la gueule et nous priverait de Sarko pour des décennies !... Les communistes de toutes façons ont déjà décidé de ne pas y aller même si Ségo est gagnante ?!! Alors ?
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 15:10, par FrédéricLN
Mais cette question n’aura de sens qu’au soir du premier tour, quand on saura à qui François Bayrou est confronté pour le second tour ! (s’il est qualifié, naturellement).
Tout au long de 2001-début 2002, les journalistes ont posé la même question à tous les candidats sauf 2. Ils se sont trompés, et de question, et de destinataires.
Voir en ligne : Démocratie sans frontière
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 23:44, par Charle P.
NOTIONS de DROITE et de GAUCHE ?
1) Qui soutient le plus la candidate « de GAUCHE », Ségolène Royal, plutôt que le candidat de droite ? ? ?Réponse : Les cadres supérieurs, les professions intermédiaires et les bac+2
2) Qui soutient le plus le candidat « de DROITE » Nikolas Sarkozy, plutôt que que la candidate de GAUCHE ? ? ?Réponse : Les employés et les ouvriers, ceux qui ont la tranche de revenu la plus basse (revenu mensuel du foyer inférieur à 1,200€), et ceux qui sont le moins diplomés.
(Extraits d’une études Ipsos du 07/02/07)
Il me semblait qu’avant c’était le contraire !...
Un clin d’oeil à ceux qui sont tentés de voter plus par habitude que par leurs convictions, à "droite" ou à "gauche" sous l’énorme pression médiatique.
Pour moi, ce sera François Bayrou !
Voir en ligne : "La France de toutes nos forces"
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 15:51, par Charles P.
Ce raisonnement consistant à vouloir faire passer François BAYROU comme un supplétif est une grave erreur de jugement, sa progression lente et constante dans les sondages depuis plusieurs semaines prouveraient s’il le fallait, son indépendance vis à vis des deux candidats propulsés bien imprudemment et artificiellement au second tour par les médias.
François Bayrou s’est présenté non seulement pour aller au second tour, mais pour gagner les présidentielles 2007, et ainsi devenir le nouveau Président de la République Française.
Le centre est aujourd’hui autonome et indépendant, François Bayrou est un candidat libre.
Faut-il le rappeler, l’UDF a refusé tout accord avec l’UMP et répondu qu’elle investirait des députés dans les 577 circonscriptions en juin 2007. De ses élections législatives jailliront naturellement un nouveau paysage politique, de nouveaux talents, de nouvelles alliances.
Les autres alternatives sont pour l’instant de purs calculs politiciens, pratiques que François Bayrou combat dans chacun de ses discours.
A la campagne partisane, soporifique et mensongère de l’UMPS, qui promettent des cadeaux de milliards d’euros qu’ils n’ont pas, je préfère l’esprit d’ouverture, la campagne d’information active et les propositions pleine de bon sens de François Bayrou.
Voir en ligne : "La France de toutes nos forces"
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 22:56les réponses à cette question
Voir en ligne : ici
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A quoi sert Bayrou ?
10 février 2007 10:23, par jpsEn prenant comme postulat de base l’élection de F. Bayrou à la présidentielle (raisonnement par l’absurde), avec qui son Premier ministre pourra t-il constituer son gouvernement ? Une défection supplémentaire, qui contribue à l’hémorragie de l’UDF, celle de Santini qui se rallie à sarkozy. Reste t-il dans l’entourage de F.Bayrou une personne qui a une expérience de gestion des affaires publiques, avec des pouvoirs exécutifs, dans une collectivité publique d’une importance certaine ? Considération à prendre en compte eu égard à l’importance des fonctions.
Sachant que F. Bayrou a toujours affirmé ses convictions à droite (http://poly-tics.over-blog.com/article-5494518.html ) sauf pendant cette campagne électorale (ambition oblige), il va, bien sur, constituer un gouvernement de personne subsidiairement de gauche et majoritairement de droite, c’est logique.
Les membres de son parti sont, dans leur grande majorité, inconnus car les ténors de l’UDF sont, désormais, au sein de l’UMP. Indubitablement, le parti de Bayrou ne pourra pas avoir la majorité, même relative, au Parlement, que ce soit au sénat ou à l’assemblée nationale (ses prétendants n’auront pas une assise locale suffisante), dés lors la gestion sera impossible. F. Bayrou sera la marionnette soit de l’UMP, soit au fil d’alliances, aussi incertaines que circonstancielles, d’un autre parti.
F.Bayrou ne pourra donc pas appliquer son programme et l’instabilité institutionnelle, qui résultera de cette situation, sera préjudiciable à la France et aux Français.
Voir en ligne : autres raisons ici
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 11:57, par FrédéricLN
"Reste t-il dans l’entourage de F.Bayrou une personne qui a une expérience de gestion des affaires publiques, avec des pouvoirs exécutifs, dans une collectivité publique d’une importance certaine ?"
Curieux ! Il y en a tout de même plusieurs : un ancien Ministre de l’Economie et des Finances, plusieurs maires de grandes villes, une ancienne Présidente du Conseil Régional Rhône-Alpes, plusieurs actuels Présidents de conseils généraux ...
Voir en ligne : Démocratie sans frontière
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 12:02, par olVous raisonnez comme s’il y avait 20 personnes en France capables de gouverner un pays. C’est absurde. Bayrou est entouré de gens compétents, et s’il est élu, ne vous inquiétez pas que ça va se bousculer au portillon pour gouverner, il n’y aura qu’à choisir. Les politicards, assoiffés de pouvoir et accrochés à leur siège de député, sénateur ou que sais-je, sont tous partis à l’UMP, tant mieux. On ne veut pas de techniciens pourris qui bidonnent les chiffres, on veut des gens intègres et compétents, et il y en a des milliers en France (il en reste encore quelques uns à l’UMP et au PS, mais je crois pas que c’est ceux là qu’on entend en ce moment, vous verrez).
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 23:59, par Charle P.
10 février 2007 10:23, par jps
jps, vous prenez vos désirs pour des réalités...
Sachez et diffusez le, le centre est aujourd’hui autonome et indépendant, François Bayrou est un candidat libre qui s’est montré vigoureux plus d’une fois envers le gouvernement.
En voici quelques exemples, mais cette liste est très loin d’être exhaustive.
Octobre 2003 : François Bayrou s’oppose à la suppression de l’allocation de fin de droits pour les chômeurs (ASS)
octobre 2005 : François Bayrou, premier opposant à la privatisation des autoroutes
mai 2006 : François Bayrou vote la motion de censure contre le gouvernement Villepin
juin 2006 : François Bayrou vote contre le projet de loi DADVSI (la pire loi sur le droit d’auteur en Europe)
septembre 2006 : François Bayrou est opposé à la privatisation de GDF qui ouvre la voie à son mariage avec Suez
décembre 2006 : abstention au sujet de la loi très controversé sur la prévention de la délinquance
février 2007 : François Bayrou vote contre la loi sur le tout-numérique (très favorable à TF1, Canal + et M6)
François Bayrou a voté contre les deux derniers budgets.
Depuis 2003, François Bayrou a refusé 3 fois d’être ministre dans des gouvernements UMP.
Au congrés de Lyon, 2006, les militants UDF ont votés l’indépendance à 91%
L’UDF a refusé tout accord avec l’UMP et répondu qu’elle investirait des députés dans les 577 circonscriptions en juin 2007.
Voilà encore une belle preuve d’indépendance.François Bayrou sera présent au second tour et remportera les élections présidentielles pour le plus grand bien de la France.
Voir en ligne : "La France de toutes nos forces"
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A quoi sert Bayrou ?
10 février 2007 12:45, par Un bloggeur indépendantIl y a quelques années Maurice Druon se posait la même question que vous. Voici la réponse - au style flamboyant- de Bayrou (évidemment il vous manquera l’article de Druon, qui rendra cet réponse un peu opaque mais je n’ai pas réussi à la trouver) précédé de sa présentation extraite du site officiel de Bayrou.
"Le 26 juillet 2004, Maurice Druon, Académicien français, s’en est pris dans une tribune violente à François Bayrou, et au-delà, au centre, à la province, à Strasbourg et à l’Europe. Le surlendemain, François Bayrou lui répondait dans les mêmes colonnes. :"
"M. Druon ne s’occupe, par définition, que de choses essentielles. Il y a quelques semaines une de ses chroniques concernait l’élection de M. Giscard d’Estaing à l’Académie Française. M. Druon jetait tout son poids, présumé important, dans la balance (à tous les sens du terme), pour empêcher que pût entrer quai Conti, le président honni qui avait eu un jour l’impudence de voter « non » au général de Gaulle. M. Giscard d’Estaing fut élu dès le premier tour de scrutin. Il y a là un indice assez probant de l’influence que l’ancien secrétaire perpétuel exerce sur ses confrères, qui ayant l’avantage de le rencontrer plus souvent que moi, tous les jeudis en tout cas, ont l’occasion hebdomadaire de juger de la pertinence de ses jugements. Lundi dernier M. Druon m’a consacré la plus récente de ses Philippiques. On a les Démosthène qu’on peut. Mais comme disait Philippe de Macédoine, quand on cherche, on trouve. M. Druon juge que le signataire de ces lignes a des problèmes d’ego. Venant de M. Druon dont la notice biographique officielle annonce aux populations qui en ignoreraient (je confesse que j’en étais) qu’il est –je cite- « Grand-Croix de l’ordre du Christ du Portugal, de l’Aigle aztèque du Mexique, Commandeur de l’Ordre du Phénix de Grèce (le pauvre Démosthène n’en était même pas chevalier), du Mérite Culturel de Monaco, Grand officier du Mérite souverain de l’Ordre de Malte, et du Ouissam Alaouite, de l’ordre du Lion du Sénégal, de la Croix du Sud, et du Cèdre du Liban (j’ai sauté dix-sept autres décorations aussi prestigieuses pour épargner une modestie que l’on sait chatouilleuse) venant de cet homme drapé de bure et marchant le front bas, cette exhortation à éviter les dilatations de l’ego m’a touché. Mais le fond de l’épigramme était ailleurs. M. Druon a des mœurs simples. Il y a ce qu’il aime, essentiellement le RPR dont il fut successivement membre du comité central, député de Paris, député européen et ministre. Et il y a ce qu’il n’aime pas. Et là, wagon ! En politique, M. Druon déteste tout le reste : particulièrement le centre, la province, Strasbourg et l’Europe. Il se trouve que je suis militant du centre, élu de province, amoureux de Strasbourg, et partisan de l’Europe. Je le confesse, cela fait beaucoup pour un seul homme. Il se trouve aussi que je suis un admirateur, certes quelque peu hétérodoxe, du général de Gaulle, et que M. Druon qui prospéra dans le gaullisme a oublié la première leçon de l’homme du 18 Juin : ne pas se prosterner devant les puissances établies, singulièrement, particulièrement, principalement, lorsque la puissance vient du nombre. Première thèse de M. Druon : l’UDF a fait perdre le referendum de 1969 au général de Gaulle et c’est très mal. Passons sur les détails de date qui vaudraient quelque annotation désagréable à une copie d’histoire de seconde. L’UDF a été créée en 1978, neuf ans après le referendum de 1969. Neuf ans, c’est peu de chose. Allons à l’essentiel. Disons que pour M. Druon, l’UDF intrinsèquement perverse aurait mérité de faire perdre ce referendum. Le débat est d’importance : nous sommes nombreux à penser, Valéry Giscard d’Estaing comme moi, qu’il était une moitié du referendum de 1969 qui aurait dû valoir un « oui » enthousiaste, c’était la création de régions, de provinces, pour contrebalancer le poids de Paris, en ce pays trop centralisé. Mais le général de Gaulle en profitait pour supprimer le Sénat, seul contre-pouvoir politique en 1969, et en cela, nous pensons aujourd’hui encore qu’il se trompait. Car nous sommes, en effet, militants des contre-pouvoirs. Particulièrement en ces temps où les amis de M. Druon nous font une « démocratie » de parti unique, de nominations féodales, de presse contrôlée par les amis. Chaque fois qu’un pouvoir cherchera à devenir absolu, on nous trouvera dans la réticence et s’il le faut dans la résistance. En ce sens, nous sommes par essence des libéraux, dans la lignée de Tocqueville et de Montesquieu, ceux qui croient que le pouvoir absolu corrompt absolument. Ceux qui savent que l’erreur humaine étant ce qu’elle est, le pouvoir absolu, construit sur un socle de consciences couchées et de jugements abolis, est assuré de se tromper absolument. C’est cela, horresco referens, le Centre, que M. Druon abhorre, et qu’il définit comme l’erreur absolue en matière de hiérarchie des valeurs. N’en déplaise au Grand-Croix de l’Aigle aztèque et au Commandeur du Phénix, il n’est pas absolument assuré que ce soit se tromper de hiérarchie des valeurs que de ne pas adopter exactement les siennes. Comme penseurs politiques, je préfère Montesquieu et Tocqueville à Druon. Encore un trouble de l’ego. Deuxième thèse de M. Druon : parmi les maladies dont l’UDF a contaminé la vie publique en France, il y a le régionalisme, le provincialisme… M. Druon a la bonne fortune d’être né à Paris. Il en est content. Dans les beaux quartiers, il reçut l’enseignement des meilleurs maîtres. Il n’est pas jusqu’au concours général (toujours notice biographique à l’usage des foules qui en ignoreraient) qui n’allât jusqu’à couronner précocement de ses lauriers ce front puissant. Mais ayant ainsi bu à pleines gorgées le lait de la fortune, il lui en est venu comme une incompréhension pour tous ces mortels ordinaires, à peine Français sans doute, que la destinée cruelle a faits naître ailleurs et qui ont la faiblesse d’aimer le pays de leur enfance. Par exemple ces Pyrénées lointaines, d’où l’on ne peut venir qu’à la force du poignet, « fils d’agriculteur, doué pour les études » -pas tellement Druon, pas tellement… Ou l’Alsace… Quand Druon, issu des beaux quartiers, mesure qu’un secondaire Pflimlin (avec un l après le f, Druon, avec un l, comme en Alsace…) a conçu l’idée saugrenue que Strasbourg pourrait devenir la capitale parlementaire de l’Europe, il ne peut mettre une telle anomalie que sur le compte de son centrisme, c’est à dire d’une « déviation dans la hiérarchie des valeurs ». Et le Druon issu des beaux quartiers de moquer lourdement à l’usage des lecteurs du Figaro, cet accent alsacien, ces « Strasbourg, ville martyre », et la « réconciliation de la France et de l’Allemagne ». Il est vrai que Strasbourg, « belle mais provinciale », « n’avait que des divertissements limités », et de surcroît ne pouvait être que « difficile d’accès », avec son aéroport « embrumé » bref n’ayant rien de ce qui peut attirer, selon Druon, les diplomates à pochette et les intellectuels germanopratins. Il y a, en quelques lignes, dans cette page du Figaro, tout le mal français, mépris pour la province, ignorance absolue de la vie réelle des Français, condescendance insultante, esprit de caste d’un autre siècle. Aux provinciaux, le mérite et la besogneuse droiture, mais qu’ils veuillent bien se souvenir que la vie intellectuelle, politique, la « grande » presse, et naturellement les délices noctambules sont réservées à « la grande métropole des arts et des affaires ». Or il se trouve, Druon, patriotisme pour patriotisme, qu’il est des millions de Français et des dizaines de millions d’Européens qui ont vu dans le choix de Strasbourg quelque chose qui parlait non pas seulement aux diplomates en mal de vie nocturne comme vous le suggérez si élégamment, mais à l’âme de l’Europe. Quelque chose qui aux Gaullistes authentiques, ceux qui se battaient et qui mouraient, parlait du serment de Kouffra. Quelque chose qui parlait de l’identité de la France déchirée et cicatrisée, et qui, en effet, pouvait laisser croire que notre pays frappé d’acromégalie pourrait se rééquilibrer. Et il se trouve des centaines de parlementaires européens pour défendre ce choix, session après session, et tant d’amoureux de Strasbourg, dont je suis, pour ne pas tolérer sans malaise que dans le combat si difficile qu’ils mènent, on leur tire ainsi dans le dos en donnant raison aux contempteurs de Strasbourg. Et que dire de la Bretagne ? Qu’un parlementaire européen respecté, comme Philippe Morillon, élu dans la première circonscription maritime de France, ait choisi, dans le drame économique et humain que les pêcheurs traversent devant la raréfaction de la ressource, de présider la commission de la pêche, laisse un Druon pantois. Comment, cher ami, au lieu de la Commission des affaires étrangères, celle-là noble, celle-là fréquentable, la pêche… La caque sentira toujours le hareng. Il se trouve qu’il est des élus qui croient assez à l’Europe et à la défense des pêcheurs, européens et français, et pas seulement pendant les campagnes électorales, pour considérer que la pêche est aussi essentielle à l’avenir de l’Union que la diplomatie. Troisième thèse de Druon, et pas la moindre : étant donnée la composition du parlement européen, il est scandaleux, anti-national, d’avoir décidé de siéger ailleurs qu’au groupe du PS (PSE) et de l’UMP (PPE), « les plus nombreux et entre qui les plus graves sujets se débattent et les plus grandes fonctions se distribuent ». Ici se laisse entrevoir Druon le stratège. Après Démosthène, toujours dans l’ordre du Phénix, Périclès. Minute, Papillon. Je reçois avec l’humilité naturelle chez les « fils d’agriculteurs » béarnais tancés par des grand-croix de l’ordre de l’Aigle aztèque, les leçons de modestie. Nous avons un peu plus de mal avec les leçons de parisianisme. Mais nous avons un travers : nous ne recevons pas les leçons de patriotisme ; nous ne recevons pas de leçons d’Europe de la part des Druons qui s’y sont toujours opposés ; et nous ne recevons pas les leçons de démocratie. Une fois pour toutes, nous avons appris cela entre 14 et 18. Nous sommes morts par millions dans les tranchées puantes. Nous avons nos noms et nos prénoms sur les monuments aux morts dans les tout petits villages. Dans le village d’où je viens, nous avons gagné, avec trente-six morts pour trois cent cinquante habitants, tous nos brevets de patriotisme. Et cela nous a ouvert l’esprit. Par exemple, nous sommes assez sensibles quand la France se voit injustement rabaissée. Nous sommes les seuls à avoir voté contre le traité de Nice, négocié par Chirac et Jospin, soutenu et ratifié par les copains de Druon et qui, contre toute raison, fixa pour jamais la domination numérique de l’Allemagne sur le Parlement européen. Et c’est même pourquoi, si l’on voulait que les parlementaires français occupent de véritables responsabilités, il fallait inventer une stratégie différente. En faisant naître un troisième groupe puissant (88 parlementaires), l’UDF a obtenu, avec ses 11 parlementaires sur 732, deux des vingt présidences de commission du Parlement européen. Ainsi la France présidera quatre commissions sur vingt, une pour l’UMP, une pour le PS et deux pour l’UDF, dont la pêche et la très importante commission des libertés publiques en Europe par Jean-Louis Bourlanges. Druon devrait savoir cela : il fut parlementaire européen. Il le fut douze mois, puisqu’il s’était fait élire sur une liste qui dénonçait dans les militants européens le « parti de l’étranger ». C’était avant de voter non au traité de Maastricht. Donneur de leçons de présence française en Europe, il se soumit à l’admirable règle dite du « tourniquet », inventée par Jacques Chirac. Nous ne prenons pas de leçons d’Europe, nous qui fûmes fantassins de tous ses combats, de l’appel de Schuman à la CED, du traité de Rome au referendum de Maastricht, de la part de ceux qui toujours furent contre cette espérance et ce projet. Et enfin nous ne prenons pas des leçons de démocratie. Car, au-delà de la stratégie et de la tactique parlementaires, nous ne nous agenouillons pas devant les puissants pour leur baiser la babouche comme le font les commandeurs du Ouissam Alaouite. Quand nous contemplons un groupe parlementaire, notre première question n’est pas : combien sont-ils ? Mais que défendent-ils ? Et il se trouve que nous nous défions de ceux qui ne défendent plus rien. Nous sommes Européens, et même fédéralistes, et nous avons les idées simples : nous voterons « oui » au referendum et nous ne voulons pas siéger dans le même groupe que ceux qui vont voter « non ». Il suffirait d’ailleurs pour résumer ce qu’est devenu le PPE, de mentionner qu’il est désormais le parti de M. Druon. Et il suffit de voir à quelle pantalonnade parlementaire a conduit cette religion des groupes nombreux dont Druon s’est fait chapelain. La première décision que le PPE-UMP et le PSE-PS ont prise à Strasbourg, bafouant tous leurs engagements de campagne a été de voter ensemble, à la présidence du parlement européen, pour le socialiste d’appareil Borrell, contre Geremek, le premier des compagnons de Solidarnosc, libérateur de l’Europe. Druon trouve sans doute que c’est très bien. Nous trouvons que c’est nul, anti-démocratique et anti-historique. Et nous sommes très heureux d’avoir présenté le résistant Geremek contre les compromis d’appareil qui sont désormais la religion européenne de tous les Druon. Nous n’avons pas peur des puissances établies, ni du nombre. En cela nous sommes plus près de de Gaulle que de Druon. Nous avons appris de lui qu’il fallait bousculer les (provisoires) puissances établies lorsqu’elles se trompaient. Il arriva à de Gaulle d’être minoritaire, et même ultra-minoritaire. Il ne courut pas s’inscrire dans le groupe des puissants de l’heure. Il se contenta de ne pas se rendre. Cela fait deux visions du monde. Il y a d’un côté de Gaulle le rebelle qui n’accepta jamais de décoration. Et de l’autre Druon, grand-croix de l’ordre de l’aigle aztèque et commandeur du Phénix, désormais converti au PPE et au PSE, qui vote Borrell contre Geremek, et qui veut que l’on se partage les postes. Nous sommes quelques-uns, comme on l’aura compris, assez contents de ne pas être du côté de Druon.
Le Figaro
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A quoi sert Bayrou ?
10 février 2007 12:54, par Un bloggeur indépendantIl y a quelques années Maurice Druon se posait la même question que vous. Voici la réponse - au style flamboyant- de Bayrou (évidemment il vous manquera l’article de Druon, qui rendra cet réponse un peu opaque mais je n’ai pas réussi à la trouver) précédé de sa présentation extraite du site officiel de Bayrou.
"Le 26 juillet 2004, Maurice Druon, Académicien français, s’en est pris dans une tribune violente à François Bayrou, et au-delà, au centre, à la province, à Strasbourg et à l’Europe. Le surlendemain, François Bayrou lui répondait dans les mêmes colonnes. :"
"M. Druon ne s’occupe, par définition, que de choses essentielles. Il y a quelques semaines une de ses chroniques concernait l’élection de M. Giscard d’Estaing à l’Académie Française. M. Druon jetait tout son poids, présumé important, dans la balance (à tous les sens du terme), pour empêcher que pût entrer quai Conti, le président honni qui avait eu un jour l’impudence de voter « non » au général de Gaulle. M. Giscard d’Estaing fut élu dès le premier tour de scrutin. Il y a là un indice assez probant de l’influence que l’ancien secrétaire perpétuel exerce sur ses confrères, qui ayant l’avantage de le rencontrer plus souvent que moi, tous les jeudis en tout cas, ont l’occasion hebdomadaire de juger de la pertinence de ses jugements.
Lundi dernier M. Druon m’a consacré la plus récente de ses Philippiques. On a les Démosthène qu’on peut. Mais comme disait Philippe de Macédoine, quand on cherche, on trouve.
M. Druon juge que le signataire de ces lignes a des problèmes d’ego. Venant de M. Druon dont la notice biographique officielle annonce aux populations qui en ignoreraient (je confesse que j’en étais) qu’il est –je cite- « Grand-Croix de l’ordre du Christ du Portugal, de l’Aigle aztèque du Mexique, Commandeur de l’Ordre du Phénix de Grèce (le pauvre Démosthène n’en était même pas chevalier), du Mérite Culturel de Monaco, Grand officier du Mérite souverain de l’Ordre de Malte, et du Ouissam Alaouite, de l’ordre du Lion du Sénégal, de la Croix du Sud, et du Cèdre du Liban (j’ai sauté dix-sept autres décorations aussi prestigieuses pour épargner une modestie que l’on sait chatouilleuse) venant de cet homme drapé de bure et marchant le front bas, cette exhortation à éviter les dilatations de l’ego m’a touché.
Mais le fond de l’épigramme était ailleurs. M. Druon a des mœurs simples. Il y a ce qu’il aime, essentiellement le RPR dont il fut successivement membre du comité central, député de Paris, député européen et ministre. Et il y a ce qu’il n’aime pas. Et là, wagon ! En politique, M. Druon déteste tout le reste : particulièrement le centre, la province, Strasbourg et l’Europe. Il se trouve que je suis militant du centre, élu de province, amoureux de Strasbourg, et partisan de l’Europe. Je le confesse, cela fait beaucoup pour un seul homme. Il se trouve aussi que je suis un admirateur, certes quelque peu hétérodoxe, du général de Gaulle, et que M. Druon qui prospéra dans le gaullisme a oublié la première leçon de l’homme du 18 Juin : ne pas se prosterner devant les puissances établies, singulièrement, particulièrement, principalement, lorsque la puissance vient du nombre. Première thèse de M. Druon : l’UDF a fait perdre le referendum de 1969 au général de Gaulle et c’est très mal. Passons sur les détails de date qui vaudraient quelque annotation désagréable à une copie d’histoire de seconde. L’UDF a été créée en 1978, neuf ans après le referendum de 1969. Neuf ans, c’est peu de chose. Allons à l’essentiel. Disons que pour M. Druon, l’UDF intrinsèquement perverse aurait mérité de faire perdre ce referendum.
Le débat est d’importance : nous sommes nombreux à penser, Valéry Giscard d’Estaing comme moi, qu’il était une moitié du referendum de 1969 qui aurait dû valoir un « oui » enthousiaste, c’était la création de régions, de provinces, pour contrebalancer le poids de Paris, en ce pays trop centralisé. Mais le général de Gaulle en profitait pour supprimer le Sénat, seul contre-pouvoir politique en 1969, et en cela, nous pensons aujourd’hui encore qu’il se trompait. Car nous sommes, en effet, militants des contre-pouvoirs. Particulièrement en ces temps où les amis de M. Druon nous font une « démocratie » de parti unique, de nominations féodales, de presse contrôlée par les amis. Chaque fois qu’un pouvoir cherchera à devenir absolu, on nous trouvera dans la réticence et s’il le faut dans la résistance.
En ce sens, nous sommes par essence des libéraux, dans la lignée de Tocqueville et de Montesquieu, ceux qui croient que le pouvoir absolu corrompt absolument. Ceux qui savent que l’erreur humaine étant ce qu’elle est, le pouvoir absolu, construit sur un socle de consciences couchées et de jugements abolis, est assuré de se tromper absolument. C’est cela, horresco referens, le Centre, que M. Druon abhorre, et qu’il définit comme l’erreur absolue en matière de hiérarchie des valeurs. N’en déplaise au Grand-Croix de l’Aigle aztèque et au Commandeur du Phénix, il n’est pas absolument assuré que ce soit se tromper de hiérarchie des valeurs que de ne pas adopter exactement les siennes. Comme penseurs politiques, je préfère Montesquieu et Tocqueville à Druon. Encore un trouble de l’ego.
Deuxième thèse de M. Druon : parmi les maladies dont l’UDF a contaminé la vie publique en France, il y a le régionalisme, le provincialisme… M. Druon a la bonne fortune d’être né à Paris. Il en est content. Dans les beaux quartiers, il reçut l’enseignement des meilleurs maîtres. Il n’est pas jusqu’au concours général (toujours notice biographique à l’usage des foules qui en ignoreraient) qui n’allât jusqu’à couronner précocement de ses lauriers ce front puissant. Mais ayant ainsi bu à pleines gorgées le lait de la fortune, il lui en est venu comme une incompréhension pour tous ces mortels ordinaires, à peine Français sans doute, que la destinée cruelle a faits naître ailleurs et qui ont la faiblesse d’aimer le pays de leur enfance. Par exemple ces Pyrénées lointaines, d’où l’on ne peut venir qu’à la force du poignet, « fils d’agriculteur, doué pour les études » -pas tellement Druon, pas tellement… Ou l’Alsace… Quand Druon, issu des beaux quartiers, mesure qu’un secondaire Pflimlin (avec un l après le f, Druon, avec un l, comme en Alsace…) a conçu l’idée saugrenue que Strasbourg pourrait devenir la capitale parlementaire de l’Europe, il ne peut mettre une telle anomalie que sur le compte de son centrisme, c’est à dire d’une « déviation dans la hiérarchie des valeurs ».
Et le Druon issu des beaux quartiers de moquer lourdement à l’usage des lecteurs du Figaro, cet accent alsacien, ces « Strasbourg, ville martyre », et la « réconciliation de la France et de l’Allemagne ». Il est vrai que Strasbourg, « belle mais provinciale », « n’avait que des divertissements limités », et de surcroît ne pouvait être que « difficile d’accès », avec son aéroport « embrumé » bref n’ayant rien de ce qui peut attirer, selon Druon, les diplomates à pochette et les intellectuels germanopratins.
Il y a, en quelques lignes, dans cette page du Figaro, tout le mal français, mépris pour la province, ignorance absolue de la vie réelle des Français, condescendance insultante, esprit de caste d’un autre siècle. Aux provinciaux, le mérite et la besogneuse droiture, mais qu’ils veuillent bien se souvenir que la vie intellectuelle, politique, la « grande » presse, et naturellement les délices noctambules sont réservées à « la grande métropole des arts et des affaires ».
Or il se trouve, Druon, patriotisme pour patriotisme, qu’il est des millions de Français et des dizaines de millions d’Européens qui ont vu dans le choix de Strasbourg quelque chose qui parlait non pas seulement aux diplomates en mal de vie nocturne comme vous le suggérez si élégamment, mais à l’âme de l’Europe. Quelque chose qui aux Gaullistes authentiques, ceux qui se battaient et qui mouraient, parlait du serment de Kouffra. Quelque chose qui parlait de l’identité de la France déchirée et cicatrisée, et qui, en effet, pouvait laisser croire que notre pays frappé d’acromégalie pourrait se rééquilibrer. Et il se trouve des centaines de parlementaires européens pour défendre ce choix, session après session, et tant d’amoureux de Strasbourg, dont je suis, pour ne pas tolérer sans malaise que dans le combat si difficile qu’ils mènent, on leur tire ainsi dans le dos en donnant raison aux contempteurs de Strasbourg.
Et que dire de la Bretagne ? Qu’un parlementaire européen respecté, comme Philippe Morillon, élu dans la première circonscription maritime de France, ait choisi, dans le drame économique et humain que les pêcheurs traversent devant la raréfaction de la ressource, de présider la commission de la pêche, laisse un Druon pantois. Comment, cher ami, au lieu de la Commission des affaires étrangères, celle-là noble, celle-là fréquentable, la pêche… La caque sentira toujours le hareng. Il se trouve qu’il est des élus qui croient assez à l’Europe et à la défense des pêcheurs, européens et français, et pas seulement pendant les campagnes électorales, pour considérer que la pêche est aussi essentielle à l’avenir de l’Union que la diplomatie.
Troisième thèse de Druon, et pas la moindre : étant donnée la composition du parlement européen, il est scandaleux, anti-national, d’avoir décidé de siéger ailleurs qu’au groupe du PS (PSE) et de l’UMP (PPE), « les plus nombreux et entre qui les plus graves sujets se débattent et les plus grandes fonctions se distribuent ». Ici se laisse entrevoir Druon le stratège. Après Démosthène, toujours dans l’ordre du Phénix, Périclès.
Minute, Papillon. Je reçois avec l’humilité naturelle chez les « fils d’agriculteurs » béarnais tancés par des grand-croix de l’ordre de l’Aigle aztèque, les leçons de modestie. Nous avons un peu plus de mal avec les leçons de parisianisme. Mais nous avons un travers : nous ne recevons pas les leçons de patriotisme ; nous ne recevons pas de leçons d’Europe de la part des Druons qui s’y sont toujours opposés ; et nous ne recevons pas les leçons de démocratie.
Une fois pour toutes, nous avons appris cela entre 14 et 18. Nous sommes morts par millions dans les tranchées puantes. Nous avons nos noms et nos prénoms sur les monuments aux morts dans les tout petits villages. Dans le village d’où je viens, nous avons gagné, avec trente-six morts pour trois cent cinquante habitants, tous nos brevets de patriotisme.
Et cela nous a ouvert l’esprit. Par exemple, nous sommes assez sensibles quand la France se voit injustement rabaissée. Nous sommes les seuls à avoir voté contre le traité de Nice, négocié par Chirac et Jospin, soutenu et ratifié par les copains de Druon et qui, contre toute raison, fixa pour jamais la domination numérique de l’Allemagne sur le Parlement européen.
Et c’est même pourquoi, si l’on voulait que les parlementaires français occupent de véritables responsabilités, il fallait inventer une stratégie différente. En faisant naître un troisième groupe puissant (88 parlementaires), l’UDF a obtenu, avec ses 11 parlementaires sur 732, deux des vingt présidences de commission du Parlement européen. Ainsi la France présidera quatre commissions sur vingt, une pour l’UMP, une pour le PS et deux pour l’UDF, dont la pêche et la très importante commission des libertés publiques en Europe par Jean-Louis Bourlanges.
Druon devrait savoir cela : il fut parlementaire européen. Il le fut douze mois, puisqu’il s’était fait élire sur une liste qui dénonçait dans les militants européens le « parti de l’étranger ». C’était avant de voter non au traité de Maastricht. Donneur de leçons de présence française en Europe, il se soumit à l’admirable règle dite du « tourniquet », inventée par Jacques Chirac. Nous ne prenons pas de leçons d’Europe, nous qui fûmes fantassins de tous ses combats, de l’appel de Schuman à la CED, du traité de Rome au referendum de Maastricht, de la part de ceux qui toujours furent contre cette espérance et ce projet.
Et enfin nous ne prenons pas des leçons de démocratie. Car, au-delà de la stratégie et de la tactique parlementaires, nous ne nous agenouillons pas devant les puissants pour leur baiser la babouche comme le font les commandeurs du Ouissam Alaouite. Quand nous contemplons un groupe parlementaire, notre première question n’est pas : combien sont-ils ? Mais que défendent-ils ? Et il se trouve que nous nous défions de ceux qui ne défendent plus rien. Nous sommes Européens, et même fédéralistes, et nous avons les idées simples : nous voterons « oui » au referendum et nous ne voulons pas siéger dans le même groupe que ceux qui vont voter « non ». Il suffirait d’ailleurs pour résumer ce qu’est devenu le PPE, de mentionner qu’il est désormais le parti de M. Druon.
Et il suffit de voir à quelle pantalonnade parlementaire a conduit cette religion des groupes nombreux dont Druon s’est fait chapelain. La première décision que le PPE-UMP et le PSE-PS ont prise à Strasbourg, bafouant tous leurs engagements de campagne a été de voter ensemble, à la présidence du parlement européen, pour le socialiste d’appareil Borrell, contre Geremek, le premier des compagnons de Solidarnosc, libérateur de l’Europe. Druon trouve sans doute que c’est très bien. Nous trouvons que c’est nul, anti-démocratique et anti-historique. Et nous sommes très heureux d’avoir présenté le résistant Geremek contre les compromis d’appareil qui sont désormais la religion européenne de tous les Druon. Nous n’avons pas peur des puissances établies, ni du nombre. En cela nous sommes plus près de de Gaulle que de Druon. Nous avons appris de lui qu’il fallait bousculer les (provisoires) puissances établies lorsqu’elles se trompaient. Il arriva à de Gaulle d’être minoritaire, et même ultra-minoritaire. Il ne courut pas s’inscrire dans le groupe des puissants de l’heure. Il se contenta de ne pas se rendre.
Cela fait deux visions du monde. Il y a d’un côté de Gaulle le rebelle qui n’accepta jamais de décoration. Et de l’autre Druon, grand-croix de l’ordre de l’aigle aztèque et commandeur du Phénix, désormais converti au PPE et au PSE, qui vote Borrell contre Geremek, et qui veut que l’on se partage les postes. Nous sommes quelques-uns, comme on l’aura compris, assez contents de ne pas être du côté de Druon.
Le Figaro (qui refusait de publier ce "droit" de réponse avant que bayrou ne menace de le faire diffuser par le Monde et tous les autres journaux. On dit que Druon a failli s’étouffer en lisant cette réponse. Il répondra par la suite, toujours au figaro, la queue entre les jambes.)
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A quoi sert Bayrou ? 10 février 2007 13:16C’est évidemment très goûteux... En outre, fort bien écrit et fort bien dit...Sûr un moment de plaisir même si je ne suis pas obligé de partager toutes ses idées. J’en conclus donc que Bayrou prendra ses responsabilités... Je suis prêt à réviser mes bases élémentaires. Le Centre n’est pas à droite... et Bayrou décidera de l’avenir du pays ! Aura-t-il la trempe d’un Kennedy ? Qui sait ? Je lui saurais gré éternellement de nous débarrasser de l’Etat UMP... qui dans sa version sarkosienne, est infiniment dangereuse pour notre pays !! Le tout Etat nous amènera à l’agonie...Quant au pouvoir d’une caste, qui s’apparente à une oligarchie, c’est le retour d’une certaine forme d’obscurantisme politique...
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A quoi sert Bayrou ?
11 février 2007 07:10, par TxakalSalut Bayrou est Béarnais, pas Basque... On leur laisse volontiers ! Nous avons déjà assez de peine à nous débarasser de nos propres ’bayrous’-
A quoi sert Bayrou ? 11 février 2007 10:24Dont acte...Je profite des vacances pour réviser ma géo ! Foi de mousquetaire !! Signé : Aramis
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A quoi sert Bayrou ?
12 février 2007 09:55s’il y avait encore en france une vraie gauche porteuse d’un vrai projet de société socialiste, bayrou ne servirait à rien. Mais ce n’est pas le cas, et il est actuellement + proche de la vraie gauche que royale, c’est un fait, pas forcement dans les mots ( dont on fait ce qu’on veut), mais dans sa vision de société.Voir en ligne : bayrou comble un trou






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