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Íngrid Betancourt Pulecio, née à Bogotá le 25 décembre 1961, est une personnalité politique colombienne. Elle est enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 23 février 2002. Ayant acquis la nationalité française par mariage, son enlèvement bénéficie d’une importante médiatisation et sa libération est demandée par de nombreux comités de soutien en France.
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Íngrid Betancourt est la fille de Gabriel Betancourt, ancien ministre colombien de l’Éducation (sous la dictature du général Gustavo Rojas Pinilla) et de Yolanda Pulecio, ancienne reine de beauté du département de Cundinamarca devenue sénatrice. Elle passe une partie de son enfance en France, lorsque son père obtient un poste à l’UNESCO à Paris. Son père est alors ambassadeur de Colombie à l’UNESCO, et de nombreuses personnalités fréquentent la famille. C’est ainsi qu’Íngrid Betancourt fait la connaissance du poète Pablo Neruda, avec lequel sa famille garde un fort lien d’amitié jusqu’à sa mort en 1973[réf. nécessaire].
Après être rentrée en Colombie et avoir vécu la séparation de ses parents, elle repart pour Paris et se prépare à entrer à l’Institut d’études politiques. C’est là qu’elle fait la connaissance d’un Français, Fabrice Delloye, qu’elle épouse en 1981. De cette union naissent deux enfants, Mélanie et Lorenzo Delloye.
En 1990, Íngrid Betancourt divorce, revient seule à Bogotá et entre au ministère colombien des Finances. Elle est élue députée en 1994 et crée son parti, Oxígeno Verde, en 1998. Elle est élue sénatrice la même année.
Elle s’apprête à se présenter à l’élection présidentielle lorsqu’elle est enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie le 23 février 2002 près de Florencia, en compagnie de sa directrice de campagne, Clara Rojas. Malgré une forte mobilisation internationale pour obtenir sa libération, elle est toujours prisonnière du groupe révolutionnaire.
Lorsque les pourparlers avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont arrêtés en février 2002, le gouvernement d’Andrés Pastrana donne l’ordre à l’armée de reprendre la zone de 42 000 km² cédés[réf. nécessaire].
Le 23 février 2002, le président Pastrana part en hélicoptère vers San Vicente del Caguán (Colombie) dans le but de rendre officielle la présence des forces armées dans la commune. Les autorités refusent à Íngrid Betancourt la possibilité de voyager par voie aérienne avec les journalistes qui accompagnent le chef de l’État[1]. Alors en campagne présidentielle, elle décide de ne pas faire marche arrière pour soutenir le maire de San Vicente del Caguán, membre de son parti politique.
Íngrid Betancourt prend la route de Florencia (capitale du département) qui mène à San Vicente del Caguán, malgré les avertissements du gouvernement lui signalant la présence de guérilleros procédant à des barrages en certains endroits de la route. Alors qu’une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, la candidate donne l’ordre à son conducteur de poursuivre sa route après avoir signé un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision. Íngrid Betancourt et Clara Rojas passent plusieurs barrages des FARC jusqu’à ce qu’elles soient arrêtées à Paujil (Caquetá)[2].
Cet enlèvement s’ajoute aux autres enlèvements de personnalités politiques colombiennes et est considéré[précision nécessaire] comme un enlèvement politique.
L’opération dite du 14 juillet est une tentative de libération d’Íngrid Betancourt, qui a rapidement échoué. Elle a provoqué une tension dans les relations diplomatiques de la France avec la Colombie et le Brésil, et a sans doute donné davantage de valeur marchande à l’otage, compliquant ainsi sa libération future[réf. nécessaire].
Le 9 juillet 2003, un avion de transport militaire français atterrit sur l’aéroport de Manaus, au Brésil, à la demande de la famille Betancourt, dans le but d’exfiltrer l’otage, dont la libération imminente est attendue sur la foi d’une information incertaine. À bord de l’avion se trouvent une équipe médicale et des diplomates, dont le chef-adjoint du cabinet du ministre des Affaires étrangères français, qui a décidé de l’opération. Le commandant de bord a obtenu l’autorisation d’atterrissage au prétexte de faire le plein de kérosène avant de regagner Cayenne. L’attitude des Français paraît suspecte aux yeux de la police brésilienne (refus d’inspection de l’avion, propos des Français concernant le « ramassage de quatre personnes » surpris par des Brésiliens). Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amori, informé le 12 juillet de cette présence française, contacte son homologue français qui fait allusion à une opération humanitaire. Le 13 juillet, l’avion doit décoller pour Cayenne, sur ordre du président Inacio Lula da Silva.
L’opération est rendue publique par l’hebdomadaire brésilien Carta Capital. Elle donne alors lieu à la convocation des ambassadeurs français au Brésil et en Colombie. Dominique de Villepin présente des excuses publiques le 31 juillet. La mission provoque une polémique, ayant été décidée par le ministre français des Affaires étrangères seul qui n’a informé ni le ministre de la Défense, ni le Premier ministre, ni le président de la République (lors d’un point de presse, Jacques Chirac a d’abord annoncé qu’il n’était pas au courant), ces points étant ensuite officiellement démentis[3],[4].
Un otage des FARC, le sous-officier colombien John Frank Pinchao Blanco, parvenu à s’échapper, s’exprime sur ses difficiles conditions de détention et livre des indices dans la recherche d’Íngrid Betancourt. Il indique avoir rencontré l’otage le 28 avril 2007 et affirme qu’elle a essayé à cinq reprises de s’échapper[5].
Pour autant, ces déclarations suscitent un regain d’intérêt pour la libération d’Íngrid Betancourt[réf. nécessaire]. Le président Álvaro Uribe annonce le 4 juin qu’il a libéré sans condition le chef guérillero des FARC, Rodrigo Granda, à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, Álvaro Uribe a annoncé la libération à venir de plus de 150 rebelles repentis afin d’inciter la guérilla à libérer ses otages. Au lendemain de sa libération, le chef guérillero a critiqué ce processus, qualifiant les rebelles repentis de « déserteurs » et « obscurs personnages qui s’autoproclament commandants de troupes inexistantes ». « La louable intervention du président français en faveur de ma liberté a été dévoyée par M. Uribe et d’autres fonctionnaires du gouvernement qui y ont vu l’opportunité qu’ils recherchaient pour tenter de diviser les FARC », a déclaré Rodrigo Granda[réf. nécessaire] qui a en revanche apporté ses remerciements à Nicolas Sarkozy.
Le 30 novembre 2007 les autorités colombiennes diffusent une vidéo de Betancourt[6].(récupérée avec une lettre de 12 pages d’Íngrid Betancourt à sa famille, suite à l’arrestation à Bogota de trois hommes appartenant aux FARC) qui daterait vraisemblablement du 24 octobre 2007[réf. nécessaire]. Elle y apparaît la tête baissée, extrêmement amaigrie et les cheveux très longs. L’otage n’y prononce pas le moindre mot. Bien que cette image ait rassuré sa famille, celle-ci déplore le gouffre[réf. nécessaire] entre la dernière preuve de vie d’Íngrid Betancourt en août 2003, une vidéo où l’otage parlait, et ce plan presque fixe.
Le 1er décembre 2007, le gouvernement colombien ainsi que les FARC ont laissé entendre qu’ils souhaitaient voir le président français Nicolas Sarkozy jouer un rôle accru dans le processus en cours concernant le sort des otages de la guérilla, dont Ingrid Betancourt. Le 6 décembre, Nicolas Sarkozy adresse deux messages[7](l’un radiodiffusé, l’autre télédiffusé) à destination des FARC et des otages. Le président français en appelle à la fibre humanitaire du chef des FARC, Manuel Marulanda, pour libérer le plus rapidement possible Ingrid Betancourt et exprime son rêve « de voir Ingrid au milieu des siens pour Noël ».
Le lendemain de la parution de la vidéo, des extraits de la lettre qu’Íngrid Betancourt a adressée à sa mère[8]sont rendus publics. La franco-colombienne y raconte la vacuité des jours, les vexations quotidiennes et la fatigue des longues marches imposées par la fuite permanente des guérilleros. Elle explique également que ce qui compte le plus pour elle dorénavant, est d’entendre la voix de ses enfants par l’intermédiaire d’une radio abîmée en sa possession. Elle demande précisément à ce que trois messages hebdomadaires lui soient envoyés par ce biais les lundis, mercredis et vendredis. Radio France internationale, captée dans la jungle colombienne, a répondu à la demande du Comité de soutien à Íngrid Betancourt. Après un premier envoi de message le 7 décembre, l’opération est prévue pour se prolonger jusqu’à la libération de l’otage[9].
Ingrid Betancourt a reçu l’aide de l’Église catholique romaine, qui a joué un rôle actif dans les négociations[10].
Le 28 février 2008, un otage des FARC libéré quelques jours auparavant informe la France de l’état de santé alarmant de Ingrid Bétancourt. L’otage libéré aurait précisé à Nicolas Sarkozy qu’Ingrid Bétancourt subissait de multiples sévices, vivait dans des conditions inhumaines et était extrêmement affaiblie après avoir contracté une hépatite B. Le président de la République s’est exprimé sur le sujet le jour-même, disant entre autres que la libération de l’otage était une question de vie ou de mort et qu’il était prêt à venir chercher Ingrid Bétancourt à la frontière colombienne si telle était une condition posée par les FARC. Les enfants de l’otage se sont dits "extrêmement angoissés" par la situation de leur mère.[11]
Le 1er mars 2008, à la suite d’une opération menée par l’armée colombienne, Luis Edgar Debia Silva, dit Raul Reyes, considéré comme le numéro 2 des FARC, est tué en territoire équatorien (à 1,8 km de la frontière colombienne), avec plusieurs autres membres importants de la guérilla [12]. Si le gouvernement colombien considère ce résultat comme l’un des coups les plus durs portés aux FARC, et s’en félicite, la famille d’Ingrid Betancourt s’inquiète de ce qu’il puisse avoir des répercussions négatives sur son éventuelle libération.
Les FARC présentent alors cette action militaire comme un "grave revers"[13] pour la libération d’Ingrid Betancourt et d’autres otages, qui était, selon la guérilla, en cours de négociation avec les présidents français, équatorien et vénézuélien (négociations confirmées à des degrés divers par ces trois pays). Raul Reyes aurait en effet été, selon les FARC, leur porte-parole dans ces difficiles négociations. L’événement entraine également une crise entre la Colombie et les pays voisins : l’Equateur, qui proteste contre l’incursion de l’armée colombienne sur son territoire, et le Vénézuela, que la Colombie accuse d’appuyer les FARC, en se basant sur des documents qui auraient été retrouvés dans l’ordinateur portable de Raul Reyes.
Catégorie Betancourt, Ingrid de l’annuaire dmoz.
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