L’Europe bancaire à l’heure des choix
10 octobre 2008, Nicolas Véron
Merci, M. Le Clézio
9 octobre 2008, Raphaël Anglade
Comment expliquer simplement la crise financière ?
9 octobre 2008, Raphaël Anglade
74ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy n’est pas Roosevelt
6 octobre 2008, Juan de Sarkofrance
L’immigration désigne l’entrée, dans un pays, de personnes étrangères qui y viennent pour y séjourner et y travailler. Le mot immigration vient du latin immigrare qui signifie « pénétrer dans ». L’immigration est une migration vue du côté du pays de destination. Elle correspond, vue du côté du pays de départ, à l’émigration.
Dans le cas des frontaliers, les migrations peuvent être quotidiennes.
Sommaire |
Pour le migrant, l’immigration peut avoir une ou plusieurs raisons :
Pour les États, l’immigration peut permettre de faire face à un déficit des naissances ou encore assurer une quantité ou qualité de main-d’œuvre suffisante. Toutefois, l’immigration légale va au-delà des souhaits des pays d’arrivée et de leur capacité d’accueil.
Aujourd’hui, les flux de migrations sont orientés aussi bien des pays en développement vers les pays développés que d’un pays développé vers un autre[1]. Les plus forts taux de population immigrée se retrouvent dans les pays du Golfe Persique : 90 % aux Émirats arabes unis, -50 % en Suisse, 150 % au Koweït.
Un migrant peut ne pas être en règle au regard de la législation sur l’immigration en vigueur dans le pays de destination.
D’après le rapport du Secrétaire général des Nations unies sur les migrations internationales et le développement, remis en 2006[1], le monde compterait près de 200 millions de migrants. Un tiers environ se sont rendus d’un pays en développement vers un autre et un autre tiers d’un pays en développement vers un pays développé.
Après examen d’un dossier dépendant de l’attribution de points suivant la profession, l’âge, les langues maîtrisées, etc. Le Canada est un pays bien connu pour sa population biculturelle (francophone, anglophone).
Les villes de Toronto, Ottawa, Montréal et Vancouver sont connues pour leur accueil chaleureux envers les immigrants. Parmi les plus grandes communautés immigrantes, il y a les Marocains, les Algériens, les Tunisiens, les Chinois, les Ukrainiens et les Italiens
Près de huit millions de personnes se sont installées aux États-Unis entre 2001 et 2005, légalement ou illégalement, selon le Centre d’étude de l’immigration. C’est un rythme de 2,5 supérieur à celui de la grande vague d’Européens arrivés autour de 1910 sur le Nouveau Continent.
Les États-Unis accordent environ 675 000 visas aux immigrants chaque année, mais ceux-ci sont limités à 20 000 par pays. La règle est celle de l’ordre chronologique des demandes ; il existe deux grandes causes principales d’immigration : le regroupement familial et la recherche d’un travail.
Depuis 1990, l’organisation passe aussi par l’attribution ou non de carte verte donnée à l’issue d’une loterie due à une forte demande. La carte verte n’est cependant utile que pour devenir salarié aux États-Unis, pas pour y créer une entreprise ! C’est parce qu’il ne pouvait pas obtenir de carte verte que Philippe Kahn, qui désirait rester aux États-Unis, a créé la société Borland International (avec succès).
En raison d’une tradition de droit du sol, tout enfant né sur le territoire des États-Unis peut être déclaré citoyen américain. Le mariage avec une personne de nationalité américaine ne confère pas en revanche par ce seul fait la nationalité de ce pays.
En 2006, 1,2 millions de clandestins ont été arrêtés en tentant d’entrer aux États-Unis via le Texas, l’Arizona, le Nouveau-Mexique et la Californie.
Voir Immigration en Europe pour une présentation des questions relatives à l’immigration au niveau du continent, en particulier pour la politique d’immigration de l’Union européenne. Cette section ne présente que les données spécifiques aux pays ou régions composant l’Europe.
Si la plupart des pays européens sont aujourd’hui des terres d’immigration, la situation est très différente d’un pays à un autre. Dans les pays d’Europe du Sud, l’immigration, plus récente, concerne surtout l’agriculture, le bâtiment et les services alors qu’elle est plus diversifiée dans les pays d’Europe du Nord, où le regroupement familial favorise par ailleurs la constitution de communautés.
Les droits des immigrés dépendent du pays d’accueil et de celui d’origine ; les pays de l’Union accordent (sous conditions minimales, la plus courante étant la réciprocité) un droit de vote et d’éligibilité aux résidents étrangers pour les élections locales aux citoyens des autres pays de l’Union ; certains pays l’accordent aussi à des citoyens d’autres pays.
L’importance de la nationalité et la façon dont elle s’acquière est un autre paramètre très variable et très important, avec grosso modo trois approches :
Ceci impact directement la quantité et la proportion "d’immigrés", chaque pays adoptant ses propres normes pour les identifier et les compter, ce qu’il faut garder à l’esprit lorsqu’on compare les pays. Ceci étant précisé, les pays de l’Union européenne comptaient en 2004 environ 25 millions de ressortissants non-nationaux, soit près de 5,5 % de la population totale, d’après Eurostat [2],
Ainsi pour les pays de plus de 10 millions d’habitants :
| Pays | Nationaux (x1000) | Non-nationaux : x1000 et % | Pays d’origine le plus représenté | |
|---|---|---|---|---|
| Allemagne | 75 190 | 7 342 | 8,9% | Turquie |
| Espagne | 39 426 | 2 772 | 6,6% | Équateur |
| France | 55 258 | 3 263 | 5,6% | Algérie |
| Grèce | 10 149 | 891 | 8,1% | Albanie |
| Italie | 55 898 | 1 990 | 3,4% | Albanie |
| Pays-Bas | 15 556 | 702 | 4,3% | Turquie |
| Pologne | 37 530 | 700 | 1,8% | Allemagne |
| Portugal | 10 169 | 239 | 2,3% | Cap-Vert |
| Royaume-Uni | 55 636 | 2 760 | 4,7% | Irlande |
| République tchèque | 10 016 | 195 | 1,9% | Ukraine |
Longtemps pays d’émigration vers l’Europe et l’Amérique latine, l’Espagne est devenue une terre d’accueil dans les années 1980. Il y avait officiellement 3,7 millions d’immigrés en 2005[3]. Les principaux pays d’origine des immigrants sont le Maroc, l’Équateur et la Roumanie.
L’Espagne est un lieu de destination et de transit pour les immigrés clandestins en provenance d’Afrique. Elle doit faire face à une arrivée massive de clandestins africains sur les îles Canaries. Au cours des cinq premiers mois de 2006, plus de 7500 immigrés illégaux ont débarqué sur les côtes de cet archipel espagnol[4]. Le Premier ministre a du répondre aux attaques de l’opposition sur cette question et a demandé le soutien de l’Union européenne. Celle-ci a promis l’envoi de patrouilles aéronavales afin de surveiller la région. D’autre part, le gouvernement espagnol a renforcé sa collaboration diplomatique avec les pays d’Afrique de l’Ouest. Le journal La Razon a révélé que sur les quatre premiers mois de 2006, 60 000 Roumains et Bulgares étaient arrivés en Espagne. Il a rappelé que l’immigration la plus importante venait d’Amérique latine et d’Europe centrale.
L’Espagne a procédé à plusieurs opérations de régularisation d’immigrés clandestins depuis les années 1980. La dernière opération en date, lancée par le gouvernement Zapatero, a abouti à la régularisation de 700 000 personnes entre février et mai 2005. Certains pays membres de l’espace de Schengen, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, ont critiqué cette mesure car les immigrés munis de papiers attribués par l’Espagne peuvent ensuite circuler librement dans les autres pays[5]. Ces régularisations massives provoqueraient par ailleurs un « appel d’air ».
Pays d’émigration jusqu’aux années 1960, l’Italie est devenu progressivement une terre d’immigration. Depuis les années 1990, l’Italie a ainsi accueilli de nombreux réfugiés en provenance de l’ex-Yougoslavie et du Kosovo, ainsi que de Somalie. Le nombre officiel d’immigrés était de 3 millions fin 2005 [6].
L’Italie fait aussi face à des vagues d’immigration clandestine, en particulier par voie de mer : Albanais sur la côte des Pouilles, Africains sur l’île de Lampedusa au sud du pays. Le gouvernement Berlusconi (2001-2006) a mis en place des vols charters vers les pays d’origine et a tenté de lutter contre l’arrivée d’immigrés clandestins par bateau. En 2005, 207 bateaux ont été arraisonnés par les autorités italiennes à proximité du littoral, sur un total estimé de 22 000 immigrés clandestins [7]. Par ailleurs, le gouvernement a régularisé 690 000 clandestins en 2003.
En 2002, la loi Bossi-Fini a mis en place un système de quotas qui déterminent chaque année le nombre d’immigrés que l’Italie peut accueillir en fonction des besoins du marché du travail et de ses capacités d’intégration économique. La loi a aussi instauré un fichier d’empreintes génétiques pour les demandeurs de visas. En 2006, 170 000 immigrés pourraient ainsi entrer légalement en Italie[8].
Le gouvernement de Romano Prodi, entré en fonction au printemps 2006, a annoncé sa volonté de revenir sur la plupart des dispositions de la loi Fini-Bossi et de faciliter l’obtention de la citoyenneté italienne.
Les étrangers doivent passer un test d’immigration sur la culture et la langue néerlandaises. Les cours de langue sont obligatoires et gratuits pour les nouveaux arrivants. Un projet de loi prévoit de faire passer ce test à des immigrés présents depuis longtemps sur le sol des Pays-Bas. La municipalité de droite de Rotterdam a édicté en janvier 2006 un code de bonne conduite aux étrangers qui leur impose d’utiliser le néerlandais dans les lieux publics[9]. Depuis le changement de majorité, l’application en est suspendue.
Le Royaume-Uni a connu une immigration importante en provenance de ses anciennes colonies après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de l’Empire britannique. Les ressortissants des anciennes colonies britanniques, regroupées dans le Commonwealth, gardaient le titre de « citoyen britannique » qui leur permettait de venir et de travailler librement au Royaume-Uni.
À la fin des années 1950, les premières tensions apparaissent entre immigrés et Britanniques de souche dans certains quartiers comme Notting Hill à Londres. Les problèmes économiques rencontrés par le Royaume-Uni au cours de la décennie suivante la poussent à mettre en place les premières mesures de restriction de l’immigration. Les habitants du Commonwealth ne peuvent plus venir s’installer librement sur le sol britannique. Dès la fin des années 1960 l’immigration nouvelle commence à diminuer au profit du regroupement familial.
Dans le même temps, le gouvernement mène une politique de lutte contre les discriminations qui, contrairement aux politiques françaises, se base sur la reconnaissance des catégories ethniques. L’appartenance ethnique figure ainsi sur les recensements de la population. Une Commission for Racial Equality (CRE) lutte contre les discriminations et pour l’intégration des personnes de toutes races. Indépendante du gouvernement, cette commission favorise la représentation des minorités ethniques dans la vie publique. Elle décerne un prix annuel de la personnalité médiatique, remis en 2005 au footballeur Thierry Henry.
Ce modèle multiculturaliste fait actuellement l’objet de débats importants au Royaume-Uni. On lui reproche d’entraîner la création de communautés ethniques mal intégrées dans la société, critique renforcée après les attentats de juillet 2005 à Londres dont plusieurs des principaux suspects étaient des citoyens du Royaume-Uni. Le gouvernement de Tony Blair envisage ainsi de modifier le statut des demandeurs d’asile en leur accordant un droit de séjour limité à 5 ans et non permanent. Il souhaite aussi favoriser une immigration des élites en délivrant des permis de séjour et de travail en fonction de l’âge, de la qualification professionnelle des postulants, de leur expérience et de leur connaissance de l’anglais...
Moscou souhaite restreindre le nombre de ressortissants des pays de la CEI à six millions contre onze millions actuellement[10].
En 2007, la dernière loi sur l’immigration permet entre autre de limiter le travail des ONG, notamment lorsqu’il s’agit d’étrangers militants des droits de l’homme’[11].
Après la fin de l’apartheid, l’Afrique du Sud a commencé à accueillir des réfugiés venant d’autres pays africains (notamment des pays immédiatement voisins), souvent clandestins[12]. Le gouvernement a mis en place une politique stricte vis-à-vis de l’immigration illégale : un million de personnes ont été reconduites à la frontière dans les années 1990[13].
L’immigration clandestine concerne les habitants de pays pauvres cherchant un meilleur niveau de vie dans les pays plus riches et grand delta de démographie, ou des immigrants politiques non reconnus.
L’immigration clandestine se fait donc illégalement : les clandestins prennent fréquemment des risques important pouvant mettre leur propre vie en péril afin de rejoindre des pays présentant des conditions de vie qu’ils espèrent meilleures. Ils n’hésitent donc pas à tout abandonner pour tenter l’aventure souvent « aidés » dans cette entreprise par des passeurs peu honnête leur faisant payer un prix exorbitant pour leur fournir les moyens de franchir les obstacles naturels (mers, montagne, fleuve, etc.) ou humains (poste frontière) dans des conditions de sécurité extrêmement précaires.
Chaque année des centaines de jeunes migrants meurent le long de ces routes, victimes des naufrages comme du désert. En fait pour rejoindre la Mediterranée, les migrants sub-sahariens traversent d’abord le désert du Sahara pour rentrer soit en Libye, soit en Algerie.
La pauvreté est l’insuffisance des ressources matérielles (manque d’argent) et des conditions de vie, ne permettant pas à des êtres humains de vivre dignement selon les droits légitimes et vitaux de la personne humaine, et les condamnant aux dures difficultés de la survie au jour le jour.
Selon la revue de presse de Fortress Europe 8.966 immigrés sont morts aux frontières de l’Europe depuis 1988, dont 3.079 sont disparus en mer. En mer Méditerranée, ont perdu la vie 6.495 migrants. Dans le Canal de Sicile 2.023 personnes sont mortes, entre la Libye, l’Égypte, la Tunisie, Malte et l’Italie, dont 1.209 disparus, et 35 autres ont perdu la vie le long des nouvelles routes entre l’Algerie et l’île de Sardaigne ; 3.086 personnes sont mortes au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l’Espagne, dont 1.277 disparus ; 693 personnes sont mortes en mer Egée, entre la Turquie et la Grèce, dont 343 disparus ; 553 personnes sont mortes en mer Adriatique, entre l’Albanie, le Montenegro et l’Italie, dont 250 disparus. Mais on ne traverse pas la mer seulement à bord de pirogues. En naviguant cachés à bord de navires de cargaison régulierement enregistrés, au moins 140 hommes sont morts asphyxiés ou noyés. Mais avant d’arriver à la mer, le Sahara est un passage obligé et non moins dangereux. Les aventuriers africains le traversent sur des camions comme sur des véhicules tout terrain le long des pistes entre le Soudan, le Tchad, le Niger et le Mali d’un côté et la Libye et l’Algérie de l’autre. Ici au moins 1.079 personnes sont mortes depuis 1996. Mais selon les survivants, presque chaque voyage compte ses victimes. Le nombre des victimes pourrait donc être bien plus elevé. Les chiffres incluent aussi les victimes des déportations collectives pratiquées par les gouvernements de Tripoli, d’Alger et de Rabat, désormais habitués à abandonner des groupes de centaines de migrants dans les zones frontalières situées en plein désert.
En Libye, les migrants sont maltraités. Il n’y a pas de données officielles, mais au cours de 2006 le Human Rights Watch et l’Afvic ont accusé Tripoli de détentions arbitraires et de torture dans les centres d’arrestation, dont trois sont financés par l’Italie. En septembre 2000 à Zawiyah, dans le nord-ouest du pays, au moins 560 étrangers ont été tués pendant des assauts xénophobes.
En voyageant cachées dans des camions, 273 personnes ont été trouvées mortes< !date lieu ???---->. Et 180 migrants se sont noyées dans les fleuves délimitant la frontière, la plupart dans l’Oder-Neisse, entre la Pologne et l’Allemagne, l’Evros entre la Turquie et la Grèce, le Sava entre la Croatie et la Bosnie ; et le Morava entre la Slovakie et la Republique Tchèque. 108 autres personnes sont mortes d’hypothermie en tentant de franchir la frontière dans les montagnes, la plupart en Turquie et en Grèce.
En Grèce, le long de la frontière avec la Turquie, il y a encore des champs de mines. En essayant d’entrer en Grèce après avoir traversé le fleuve Evros, au moins 88 personnes y sont mortes.
87 migrants sont morts sous le feu de la police de frontière, dont 35 dans les enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla, et 28 dans la province de Van, en Turquie, le long de la frontière avec l’Iran et l’Irak. Mais d’autres personnes ont été tuées aussi en France, en Belgique et en Allemagne : quarante et une personnes ont été retrouvées mortes dans le train d’atterrissage d’avions de ligne, vingt personnes sont mortes à Calais ou cachées sous les trains dans le tunnel sous la Manche en direction de l’Angleterre, deux se sont noyées en essayant de traverser la Manche et douze ont perdu la vie sous autres trains en Italie, en Grèce et en Suisse.
Le Maroc expulse les immigrés clandestins pour le compte de l’Union Européenne à la frontière de l’Algérie. L’Algérie, à son tour, les repousse vers les pays voisins. Au Mali, à 5 km de la frontière à Tinzawaten, 800 à 1000 candidats à l’émigration (juillet 2007) restent sans abri sous un soleil de plomb de 40° et subissent humiliations et privations. Parmi eux, il y a trois catégories de candidats migrants : ceux qui veulent retourner chez eux mais n’ont pas les moyens ; ceux qui ne veulent pas retourner chez eux les mains vides pour éviter la honte ; il y a aussi des passeurs qui s’y mèlent et qui vendent des illusions en attendant le moment de partir.
Les voies de recours juridiques contre les abus des droits de l’homme sont la saisine de la Commission africaine des droits de l’homme, qui ne peut intervenir que lorsqu’on a épuisé les recours possibles dans le pays (au Maroc par exemple) ou encore le Conseil des Droits de l’Homme à Genève. Dans ces conditions, un candidat refoulé à la frontière n’a ni l’information, ni les moyens nécessaires pour intenter de telles actions, sans l’appui d’une organisation. [14]
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