Hugo Chavez : 3 articles
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L’ordinateur magique de Raul Reyes, numéro deux des FARC
16 mars 2008 -
Presidente ! 7 heures et 43 minutes à l’antenne, son record
26 septembre 2007, par Guy Birenbaum -
Entretien : Où va l’Amérique Latine ? Questions à Stéphane Monclaire
17 janvier 2007, par Walid Berrissoul
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Hugo Rafael Chávez Frías, né le 28 juillet 1954 à Sabaneta dans les llanos, au sud du Venezuela, est un ancien militaire vénézuélien, président du Venezuela depuis le 2 février 1999.
Débuts
Fils de Hugo de los Reyes Chávez et d’Elena Frías de Chávez, tous deux enseignants, il a quatre enfants (Rosa Virginia, María Gabriela, Hugo Rafael et Rosinés). Il a été marié deux fois et est actuellement séparé de sa seconde épouse.
Dans sa jeunesse, ses parents décident de l’envoyer à l’Académie militaire du Venezuela qu’il quitte avec le diplôme de Sciences et Arts militaires. Il étudiera également plus tard la science politique à l’université Simón Bolívar de Caracas en 1989-1990 mais ne terminera pas son cursus.[1]
Après ses études, il intègre les forces armées vénézuéliennes et monte jusqu’au grade de Lieutenant-colonel.
Le 24 juillet 1983, lors de la journée du 200e anniversaire de la naissance du Libertador (Libérateur) du Venezuela et des autres colonies espagnoles d’Amérique du Sud, Simón Bolívar, Chávez crée avec notamment Raúl Isaías Baduel, au sein de l’armée, le Movimiento Bolivariano Revolucionario 200 (Mouvement révolutionnaire bolivarien 200, MBR-200) d’orientation socialiste.
Les coups d’État manqués (1992)
Le 4 février 1992, le MBR-200, dirigé par Hugo Chávez, tente un coup d’État contre le président Carlos Andrés Pérez. Le putsch prend pour nom « opération Ezequiel Zamora ». Cette tentative échoue, et Chávez est emprisonné pendant deux ans, épreuve à laquelle il se référera en évoquant « la prison de la dignité ». Lors de son séjour carcéral, il enregistre une vidéocassette dans laquelle il appelle à l’insurrection. Elle est diffusée vers 4 heures du matin dans la nuit du 26 au 27 novembre 1992, lors d’un deuxième coup d’État préparé par le MBR-200. La deuxième tentative avorte également, bien que les membres du MBR-200 aient tout de même pris le contrôle du pays pendant quelques minutes.
En 1994, Rafael Caldera est élu pour la deuxième fois au Venezuela. Réalisant une de ses promesses politiques faites avant d’être élu, il ordonne la libération de Chávez.
C’est à cette époque que Chávez fait la connaissance, par l’intermédiaire des Carapintadas (qui étaient en contact avec plusieurs des membres du MBR-200), de l’idéologue argentin négationniste Norberto Ceresole[2], qui fera partie de son entourage jusqu’en 1999 et sera finalement expulsé du Venezuela au terme d’une importante polémique.
Mandats présidentiels
Première élection à la tête du Venezuela
Une fois libéré, Chávez crée un parti politique nommé « Movimiento Quinta República, MVR » (Mouvement cinquième république), une version civile du MBR-200. C’est à la tête de ce parti qu’il prendra le pouvoir, quatre ans plus tard. En 1998, année d’ élections législatives et d’élection présidentielle, sa cote dans les sondages augmente progressivement (30 % en mai, 39 % en août). Le slogan de sa campagne électorale le proclame « fléau de l’oligarchie et héros des pauvres ». La coalition de partis de gauche, rassemblée autour du MVR, remporte 34 % des sièges du Congrès national lors des élections législatives du 8 novembre. Les deux partis Action Démocratique et COPEI qui s’étaient jusqu’alors partagés le pouvoir n’obtiennent ensemble que 9 % des voix.
En 1999 Chávez sort victorieux de l’élection présidentielle avec 56 % des voix, la plus forte majorité jamais constatée à cette élection en quarante ans de démocratie Vénézuelienne. Le 2 février de la même année, il prête serment sur une constitution qu’il qualifie de moribonde et dont il demandera la modification à deux reprises par la suite.
Éprouvant des difficultés à faire passer ses réformes aux parlements, il met en œuvre le 25 avril un référendum sur l’opportunité de former une nouvelle assemblée constituante, de programmer des élections pour cette dernière et une nouvelle éléction présidentielle pour l’année 2000, ce référendum verra une victoire du « oui » à 92 % avec cependant un taux de participation de 40 %. Le 7 août, la nouvelle Assemblée constituante est instituée en petite pompe, en effet, Hugo Chávez à annulé le défilé militaire qui accompagne habituellement cette cérémonie, voulant par là illustrer la soumission de l’armée aux autorités civiles dans un pays qui a précédemment connu de nombreuses dictatures militaires. Ce défilé est cependant remis au 4 février, date anniversaire de sa première tentative de coup d’État. Cette assemblée à 95 % Chaviste a alors pour mandat de préparer une nouvelle constitution, afin de remplacer celle de 1961. Ses 131 membres, la plupart sans aucune expérience politique, n’ont que trois mois pour la rédiger, ce qui est peu compte tenu de l’ampleur de la tâche. Pour la seconde fois en un an, les Vénézuéliens auront à voter lors d’un référendum, cette fois pour l’adoption de cette nouvelle constitution.
Ainsi, le 19 décembre de la même année, 72 % des participants au référendum acceptent la nouvelle constitution bolivarienne.
| Résultats du référendum | ||||||||||||
| — referendum du 19 décembre 1999 — Entériner la nouvelle constitution ? |
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Les principaux changements de la Constitution bolivarienne du Venezuela sont :
- Changement de nom du pays en « République bolivarienne du Venezuela ».
- Abolition du Sénat, passant ainsi à un système monocaméral ;
- Le mandat du président passe de 5 ans à 6 ans ;
- Le président peut être réélu immédiatement à la fin de son mandat, une fois uniquement. La constitution antérieure permettait la réélection du président, mais seulement après une période d’au moins 10 ans.
- Mise en vigueur du « Référendum révocatoire » qui permet au peuple de destituer n’importe quel gouvernant, fonctionnaire ou administrateur public, y compris le président ;
Première réélection (2000)
Les élections générales promises par Chávez ont lieu le 30 juillet 2000. Chávez est réélu président avec 59,5 % des voix. Le MVR remporte 76 des 165 sièges de l’Assemblée nationale, ainsi que les gouvernements de 12 des 23 États (régions administratives) du pays.
Dans les États de Merida et de Trujillo, l’armée doit intervenir, les gouverneurs sortants, soutenus par des manifestants, refusant d’accepter leurs défaites.[réf. souhaitée]
Le 10 août 2000, dans le cadre d’une tournée de l’OPEP (pays producteurs de pétrole), Chávez effectue une visite officielle en Irak. Il est le premier chef d’État à s’y rendre depuis la première guerre du Golfe.
La polarisation du peuple vénézuélien
À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les cours du pétrole brut s’effondrent ce qui provoque une crise économique car le Venezuela en est le troisième exportateur mondial. Le gouvernement, faute de moyens financiers, est aux prises avec d’importants troubles sociaux. Le patronat et l’opposition accusent les réformes sociales d’être à l’origine cette crise.
Le 10 décembre 2001, le patronat et les syndicats vénézuéliens appellent à une grève générale pour protester contre les mesures économiques de Hugo Chávez. Cette grève paralyse le pays pendant plus de douze heures. Au même moment, des milliers de partisans du gouvernement se réunissent à Caracas afin de soutenir le président, et écoutent un discours de Chávez vantant les mérites de ces mesures.
Cette grève et cette manifestation en faveur du gouvernement illustrent la polarisation du peuple vénézuélien.
- D’un côté, la partie de la population avantagée par l’ancien système économique, notamment les personnes liées à l’industrie pétrolière, accusées, en premier lieu par Chávez, d’être corrompues. Ils jouissent de l’appui du patronat et des médias privés, et sont très bien organisés.
- De l’autre, la majorité de la population, qui vit sous le seuil de pauvreté (80 % des Vénézuéliens pendant les années 90), au profit de laquelle sont destinées les réformes du nouveau gouvernement. C’est cette majorité qui a porté Hugo Chávez à la présidence et qui continue de le soutenir[3].
Durant le mois de février 2002, trois officiers, le contre-amiral Carlos Molina Tamayo, le colonel Pedro Soto et le capitaine Pedro Flores, demandent tour à tour la démission du président et appellent la population au soulèvement. Hugo Chávez réplique dans un discours à la nation que « le Venezuela est engagé dans une lutte entre la vie et la mort, entre le passé et le futur ».[réf. souhaitée] Aucune mesure de sanction ne fut prise contre ces officiers, Chávez prônant une « absolue liberté d’expression ».[réf. souhaitée]
Le dimanche 7 avril, Chávez, en direct lors de son émission Aló Presidente et avec un sifflet [4], met à la porte sept dirigeants de la Compagnie nationale des pétroles du Venezuela (PDVSA) et en force douze autres à prendre leur retraite. Mécontents, les cadres de la compagnie protestent, ce qui incite la principale centrale syndicale ouvrière du pays, la Confederacion de Trabajadores de Venezuela (Confédération des travailleurs du Venezuela, CTV), de concert avec le patronat, à appeler à une grève générale de 24 heures.
La CTV est majoritairement composée des membres des deux partis ayant formé le précédent gouvernement, l’Accion Democrática (AD) et le Partido Social Cristiano de Venezuela (COPEI). Quant au secteur pétrolier, responsable de 80 % des exportations du pays mais n’employant que 2 % de la main d’œuvre, il bénéficie d’un poids économique disproportionné lors des grèves.
Le coup d’État de Carmona (2002)
Le 11 avril 2002, une manifestation de l’opposition se dirige vers le palais présidentiel de Miraflores. Au niveau du pont « Llaguno », sur lequel sont rassemblés de nombreux partisans d’Hugo Chávez, des francs-tireurs postés sur les édifices alentour ouvrent le feu, blessant et tuant partisans et opposants à Chávez. Dans la soirée, un groupe de militaires, par la voix du général Lucas Rincon, demande à Hugo Chávez de démissionner, mais il refuse. Hugo Chávez est arrêté et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place. Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Venezuela, en prend la tête. Il avait été reçu, quelque temps auparavant, à la Maison Blanche et par le Premier ministre espagnol, José María Aznar. Madrid et Washington reconnaissent le nouveau gouvernement le soir même du putsch.
Le lendemain, malgré un silence médiatique des putschistes en place, a lieu une manifestation massive de la population de Caracas qui sera sévèrement réprimée mais finira par dépasser par son ampleur les forces de police ; soutenue par la garde présidentielle restée fidèle à Chávez, elle renverse avec l’aide de ces derniers Carmona qui prend la fuite avec son gouvernement non sans avoir pris soin de vider les coffres du palais[5]. Les ministres de Chávez qui s’étaient pour la plupart cachés reprennent les uns après les autres leurs fonctions. Comme le prévoit la Constitution, le vice-président Diosdado Cabello assume l’intérim de la présidence, jusqu’à ce qu’Hugo Chávez soit localisé, puis libéré.
Pendant ces deux journées de pouvoir, Carmona a :
- dissout l’Assemblée nationale et promis des élections législatives pour décembre 2002 ;
- promis une élection présidentielle dans l’année ;
- déclaré l’annulation de la constitution de 1999 introduite par Chávez ;
- promis un retour au système parlementaire bicaméral ;
- annulé 49 lois qui donnaient au gouvernement un plus grand contrôle sur l’économie ;
- rétabli le général en retraite Guaicaipuro Lameda comme président de la compagnie Petróleos de Venezuela ;
- renvoyé les juges de la Cour suprême.
Le 18 décembre 2005, le président colombien Álvaro Uribe dénonce[réf. nécessaire] le « complot » organisé par d’anciens militaires vénézuéliens contre Hugo Chávez. Ils se seraient réunis à Bogotá dans le bâtiment de la force publique colombienne, avec des militaires colombiens.
Ces événements ont été filmés de l’intérieur et par hasard par des journalistes d’une chaîne irlandaise, Radio Telefís Éireann qui étaient sur place pour tourner un reportage sur le programme de Hugo Chávez. Ils en ont tiré un documentaire : The Revolution will be not televised (Chavez, le film).
Le référendum révocatoire de mi-mandat (2004)
Hugo Chávez a mis en place, dans la nouvelle constitution, la possibilité pour le peuple de décider de la révocation du président ou de tout fonctionnaire vénézuélien par un référendum pouvant être organisé une fois la moitié de son mandat effectué et un certain nombre de signatures réunies. Ainsi, l’opposition a réuni le nombre de signatures nécessaires pour entamer cette procédure de révocation à mi-mandat mais ces signatures seront finalement refusées par le Conseil National Electoral (CNE), car réalisées avant la fin de la période de mi-mandat réglementaires. L’opposition a donc repris sa quête de signatures et a de nouveau réuni le nombre suffisant de signatures pour permettre l’organisation du référendum révocatoire. Cette fois, le gouvernement et le CNE ont argué que l’opposition s’était livrée à des falsifications et que les noms de certains des signataires appartenaient à des morts ! Dans un climat très tendu, le gouvernement a tout de même décidé d’accepter la liste de signatures présentée par l’opposition et a mis en place pour le 15 août 2004 un référendum révocatoire.
À ce moment, tous les sondages donnent Chávez gagnant avec 60 % des intentions de vote. Ce type de référendum n’existe, dans le monde, que dans trois pays. Chávez affirme qu’en cas de victoire, il se représentera à l’élection présidentielle qui suivra, ce qui peut être interprété par une ambigüité comme contraire aux dispositions limitant les mandants présidentiels de la de la Constitution de 1999.
Dans le pays, la fracture entre le gouvernement et l’opposition est plus que jamais palpable et les officiels ne font rien pour mettre fin aux tensions. Carlos Andres Perez, ancien président de la république, déchu pour corruption et impopulaire pour sa répression violente des manifestations Caracazo, déclare ainsi que : « contre Chávez, il faut utiliser la violence (…), [et qu’]une dictature devrait être instaurée ensuite. » [réf. souhaitée] Chávez affirme, en réponse, que les chefs de l’opposition sont pires qu’Hitler...[réf. souhaitée]
Le référendum révocatoire est mis en place pour le 15 août 2004. Pour en garantir la régularité, il est surveillé par la Fondation Carter et par l’Organisation des États américains (OEA). Des machines à voter fournies par la société italienne Smartmatic sont utilisées lors du scrutin. Plus tard, les autorités décident d’utiliser des machines fournies par la société Choicepoint, qui utilisent les empreintes digitales pour confirmer la régularité des votes.
Or, ces machines ont tendance à se bloquer et certaines personnes attendent jusqu’à 12 heures avant de pouvoir voter. La durée d’ouverture des bureaux de vote est prolongée deux fois afin de s’assurer que tout le monde puisse voter. Mais l’important est que les votes se produisent dans le calme. Le soir, les résultats préliminaires indiquent que plus de 58 % des votants se prononcent contre la destitution de Chávez. Ce chiffre est confirmé par la fondation Carter et l’OEA, mais les opposants affirment que le résultat est entaché de fraudes. Dans les jours qui suivent, la majorité de l’opposition s’accorde à reconnaître Chávez gagnant et seul le parti de Mendoza refuse d’admettre la victoire du No.
Le résultat final promulgué le 23 août 2004 du CNE [6] donne les chiffres suivants, avalisés par les observateurs internationaux présents sur place :
| Vote | Nombre de votants | Pourcentage |
|---|---|---|
| NO (non) | 5 619 954 | 58,91 % |
| SI (oui) | 3 872 951 | 40,60 % |
| NUL | 47 064 | 0,49 % |
Seconde réélection (2006) et échec de la réforme constitutionelle (2007)
Le 3 décembre 2006, Chávez gagne l’élection présidentielle avec près de 63 % des voix, battant le chef de l’opposition, Manuel Rosales.
Le 4 septembre 2006, il annonce l’organisation pour 2010 d’un référendum constitutionel afin, entre autres, d’abolir toute limite au nombre de mandats pouvant être effectués par le président. Cette proposition a été interprétée dans certains médias français comme Le Monde et le journal de 20h de TF1 du 3 décembre 2006[7] comme l’organisation d’une présidence à vie. Le président en titre devrait pourtant toujours être élu lors d’élections soumises au suffrage universel. Il est aussi à noter que si cette réforme avait abouti, elle aurait mis à égalité France et Venezuela sur le sujet ; la France ne disposant pas à l’instar d’autres démocraties d’un règlement limitant le nombre de mandats présidentiels.
Hugo Chávez a depuis lancé en 2007 une réforme qui prévoyait de supprimer le nombre limite de mandats, d’inscrire le socialisme dans la constitution et de permettre des mesures d’exception à la liberté de la presse[8] en temps de crise. Ainsi, le 24 octobre 2007, le socialisme est inscrit dans la constitution du Vénézuela : pour de nombreux opposants, il s’agit d’une remise en cause du pluralisme politique[8]. Lorsque l’état d’urgence est proclamé, la liberté de la presse est suspendue, ainsi que les normes de la justice[8] ; ces dispositions sont encore une fois présentes dans de nombreuses démocraties occidentales. Cette réforme a fait l’objet d’une manifestation étudiante demandant le report du référendum populaire prévu le 2 décembre. Les manifestations ont été dispersées « de façon musclée » le 2 novembre[9],[10]. Les manifestations se sont poursuivies et le 8 novembre une fusillade entre partisans pro et anti-Chávez a fait 8 blessés au retour d’une de ces manifestations à Caracas[11].
Un ancien général et ministre de la défense, le général Raúl Isaías Baduel, qui avait fondé avec Chávez le MBR 200 et avait aidé son retour au pouvoir en 2002 a qualifié la réforme de « coup d’Etat » en novembre 2007 se proclamant dans le même discours « leader de l’opposition ». Il avait déjà dénoncé en juillet 2007 à propos de cette réforme « l’orthodoxie marxiste, qui considère la démocratie [...] comme un simple instrument de la domination bourgeoise »[12].
Le 2 décembre 2007, l’électorat vénézuélien a rejeté par référendum la réforme constitutionnelle proposée par Hugo Chávez en accordant au "non" une courte majorité de 50,7% dans un scrutin qui voit une abstention de 49,7%[13]. Après quelques tergiversations, Chávez annonce, conséquemment à cette défaite, sa première lors d’une consultation du peuple, qu’il se retirera à l’issue de son second mandat, c’est à dire en 2013[14].
Des mesures sujettes à polémique
Chávez a menacé les membres des Forces armées en disant que ceux qui n’approuvaient pas la politique du Président n’y avaient pas leur place, bien que l’armée soit, d’après la Constitution bolivarienne, au service de la nation, et non à celui d’un individu ou d’un projet politique[15].
Le 18 janvier 2007, le parlement vénézuélien (dont tous les membres appartiennent pourtant au MVR (Parti chaviste) puisque l’opposition a boycotté les dernières législatives) accorde à M. Chavez les pleins pouvoirs pour une durée de dix-huit mois, en votant une loi l’autorisant à légiférer par décret dans certaines parties du pays[16].
Concession hertzienne de RCTV
En avril 2007, Hugo Chávez a été accusé, selon les termes du Figaro, de « bâillonner la télévision d’opposition » lorsque la commission nationale des télécommunications refusa de renouveler la licence de RCTV, chaine appartenant au financier états-unien William H. Phelps. En effet cette commission a pris la décision de ne pas renouveler la concession hertzienne de RCTV conformément à une loi de 1987, crée sous la présidence de Jaime Lusinchide, actuellement dans l’opposition. RCTV pouvait cependant toujours diffuser par satellite, internet ou par câble et n’était pas non plus la seule chaîne d’opposition[17]. Cette chaîne populaire très critique envers le président avait même été jusqu’à soutenir et favoriser le coup d’État de Carmona en 2002[18]. Le gouvernement vénézuelien a édité un livre blanc publiquement consultable regroupant l’ensemble des critiques contre la chaîne ayant amené au non renouvellement de cette concession parmi lesquelles le reproche d’avoir violé la loi sur la responsabilité sociale de la radio et de la télévision durant les évènements de 2002[19]. Un sondage vénézuelien avait démontré l’impopularité de cette mesure, puisque presque 70 % des sondés étaient opposés à la fin de concession de la chaîne, ironiquement la plupart ne l’étant non pas pour les contenus politiques de la chaîne, mais pour ses feuilletons...[20] .
La concession hertzienne ainsi libérée a été attribuée à la nouvelle télévision publique Teves (« Televisora Venezolana Social »). Une étude de l’Institut de recherches en communication (Ininco) a révélé que « 74 % des contenus de la chaîne publique relevaient de la propagande gouvernementale »[21]. Marcel Granier, président de RCTV, et d’une dizaine de chaînes de télévision, s’est dit sûr que « la démocratie et RCTV reviendront au Venezuela ». Le quotidien d’opposition Tal Cual allant même juqu’à affirmer en éditorial que « la fermeture de RCTV marque le point le plus haut de l’escalade d’agressions contre la liberté d’expression au Venezuela », en ajoutant que « L’Organisation des États américains (OEA) et le Mercosur peuvent bien dire qu’Hugo Chávez est un démocrate, mais ses actes le démentent totalement ».[22]. Cependant, la couverture médiatique occidentale sur l’affaire RCTV a été fortement critiquée et qualifiée ouvertement de "désinformation" par l’Acrimed[23] et le Monde diplomatique[24] en France ainsi qu’aux État-Unis par le FAIR qui s’interrogea sur le fait qu’une télévision occidentale ayant appuyé un coup d’état et ses instigateurs aurait sans doute du faire face à des sanctions plus importantes que celles infligées à RCTV [25].
Le 26 mai 2007, L’armée s’empare de l’infrastructure de diffusion hertzienne de la chaine de télévision RCTV. Le 27 à minuit, elle cesse d’émettre sur le réseau hertzien mais peut toujours émettre sur le câble, le satellite et internet. Elle ne peut ainsi plus toucher qu’un foyer vénézuélien sur cinq[26].
Plusieurs milliers d’étudiants ont manifesté contre cette décision[27]. Mgr Baltasar Porras Cardoso, un évêque vénézuélien supporter du putsch de Cardoso a dénoncé le « sectarisme » du chef de l’Etat, comparant Chávez à Hitler, Mussolini et Castro dans les colonnes du quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo. Le maire de Caracas a considéré que « Le gouvernement ferme les chaînes critiques car il ne veut pas qu’on voie ces [manifestations]. »[28]. A l’inverse des centaines de milliers de manifestants ont manifesté leur soutien à Chávez début juin[29]. Pour contrer les opposants, M. Chávez a demandé à ses partisans de former des « conseils étudiants », qui pourraient recevoir 600 millions de dollars de l’Etat[30].
Des intellectuels, universitaires et hommes politiques britanniques principalement issus de la gauche contestataire dont John Pilger, Harold Pinter, Tariq Ali, Kelvin Hopkins et Julia Buxton, ainsi que des universitaires français comme Annie Lacroix-Riz ont soutenu cette décision de ne pas renouveler la concession de la RCTV en raison de sa participation au coup d’État de 2002. Ils rappellent que cette chaîne a utilisé son canal pour appeler maintes et maintes fois au soulèvement contre le gouvernement démocratiquement élu, et que les conspirateurs de 2002 ont violé la constitution vénézuélienne en de nombreux points lors des deux jours de leur prise de pouvoir[31]. Le sociologue Luis Lander considère qu’affirmer que « RCTV [est] le représentant de la démocratie est une blague »[32]. Pour sa part, Salim Lamrani, chercheur français spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis, rappelle qu’en 2006 il y avait pas moins de 16 chaînes privées de plus au Vénézuéla par rapport à 2000, contre seulement 4 chaînes publiques supplémentaires. Sur la même période, le nombre de radios privées a augmenté de 75, contre 7 pour le secteur public. Devant une telle augmentation du nombre de médias privés, il considère que l’affirmation d’une volonté d’hégémonie médiatique de la part de Chávez est pour le moins discutable[33]. Les défenseurs de la chaîne rappellent que c’est à la commission de contrôle des médias de traiter ces questions mais qu’elle a été mise sous la coupe de Chávez.[réf. nécessaire] Human Rights Watch, Reporters sans frontières, le parlement européen ou le sénat des États-Unis ont condamné unanimement la décision d’Hugo Chávez. Le président bolivien Evo Morales, allié et ami de M. Chávez, a déclaré qu’il ne fermerait jamais une chaîne de télévision.
Le ministre de la communication vénézuélien Willian Lara a accusé Globovision, une chaine privée locale de Caracas, de diffuser des images subliminales appelant à l’assassinat du président vénézuélien[34]. Le président de Globovision a dénoncé ces allégations comme « ridicules ». Une enquête a été ouverte par le gouvernement chaviste. Parlant de "fascisme" à propos de Globovision, Chávez a enjoint la chaine à "se calmer, autrement c’est moi qui vais leur infliger le calmant".[réf. nécessaire]
Deux à trois fois par semaine, toutes les chaînes de télévision et stations de radio doivent interrompre leur programmation et transmettre intégralement et en direct les discours d’Hugo Chávez. Entre 1999 et 2006, les médias ont dû relayer ainsi ces discours à 1 339 reprises, selon un décompte du quotidien El Nacional, soit environ 170 fois par an[35]. D’après Maxime Vivas, écrivain altermondialiste et auteur d’un livre pour le journal l’Humanité, El Nacional, « journal qui approuva le putsch allant jusqu’à le qualifier de « démocratie retrouvée » est d’un anti-chavisme délirant » et affirme que « de toute évidence, le chiffre, à supposer qu’il ne soit pas purement bidonné (comme l’information d’El Nacional ayant annoncé durant le putsch de 2002 la démission de Chávez) correspond plutôt au total des apparitions de Chávez à la télévision en sept ans, sous des formes diverses et dans des circonstances précises »[36].
Le quotidien vénézuélien El Universal estime que la stratégie de réduction de la liberté de la presse d’ Hugo Chávez est plus « raffinée » que la censure pure et simple et passe par des procès contre les journalistes sur des questions sans rapport avec leur métier pour les dissuader d’être critiques.[réf. souhaitée]Les agences gouvernementales seraient également invitées par des primes à "instiller une autocensure et à neutraliser les critiques éventuelles[réf. nécessaire]. Selon El Universal, « plutôt que de contrôler directement les médias, [le pouvoir] préfère les neutraliser ». L’ONG Espacio Público a ainsi recensé en 2006 106 atteintes à la liberté d’expression[37]. De même, le non renouvellement de la licence de la RCTV ne permet plus à la chaine d’être accessible qu’à 1/5e de la population tout en évitant la censure directe.
Politique du gouvernement Chávez
Politique intérieure
Politique économique
Depuis son élection Hugo Chávez met petit à petit en place une politique économique sensiblement socialiste sans pour autant l’être totalement, il la nomme « révolution bolivarienne ». [38].
Une redistribution partielle des terres a ainsi été lancée : Dans un pays où l’économie est principalement fondée sur l’exploitation du pétrole et où la question de la terre n’est plus un véritable problème depuis les années 1960, Hugo Chávez décide de nationaliser les domaines non cultivés appartenant aux plus riches propriétaires et à ceux ne pouvant justifier de titre de propriété. Il les redistribue alors à des agriculteurs devant former de petites coopératives, afin de donner du travail aux plus pauvres et de limiter les importations dans un pays endetté et ayant des capacités de production agricole non exploitées. Malheureusement, les résultats ne sont -pour le moment- pas très concluants et de nombreux économistes craignent que la politique menée par M. Chavez ne rende le Vénézuéla encore plus dépendant des importations alimentaires qu’auparavant[39].
Des systèmes de microcrédits d’initiative publique sont mis en place afin de faciliter le développement des petites entreprises parmi les franges les plus pauvres de la population n’ayant pas accès au crédit bancaire, faute de garanties suffisantes. À la différence du microcrédit commun, issu d’initiatives privées, celui mis en place ici est encouragé par le pouvoir mais également par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour les initiatives visant les réfugiés colombiens[40].
Dans le pays, la culture des OGM est interdite. Un système de banque de semences est mis en place, afin de fournir qui le demande. Son but officiel est de préserver la diversité des plantes.
La pêche intensive est interdite dans les eaux territoriales vénézuéliennes, afin de préserver la biodiversité maritime et de favoriser les petits pêcheurs. La pêche au chalut est ainsi interdite dans les zones côtières.
Bilan
La période 1998-2002 a été marquée par la récession, le PIB décroissant sur la période d’1,9%[41]. Depuis, la croissance économique a été tirée par la hausse des cours du pétrole[38] et la croissance a atteint 9% en 2006. Le pétrole représente en 2007 90% des exportations du pays[42] et 50% des recettes du gouvernement[43].
En 2007 l’inflation a atteint 22,5%, soit le double de l’objectif gouvernemental, contre une estimation de 5% par le Fonds monétaire international pour les économies émergentes[38]. Le taux de chômage était estimé pour 2006 à 8,9%[42].
Début 2008, le Venezuela, sous l’effet d’une augmentation de la demande mondiale[44], subit une importante pénurie alimentaire avec une hausse du prix des denrées d’environ 35 % ; le gouvernement Chávez réagit en instaurant un important programme d’échange « Pétrole contre nourriture » avec ses voisins sud-américains et en accusant, entre autres, Nestlé et Parmalat, ainsi que les banques, de provoquer, de diverses façons, ces désordres ; l’opposition pointe quant à elle les mesures socio-économiques du gouvernement comme responsables de la crise.[45]
Éducation
Hugo Chávez a mis en place plusieurs programmes d’éducation (alphabétisation, etc.) :
- La "Misión Robinson" qui utilise, pour l’alphabétisation, la méthode cubaine "Yo sí puedo" au lieu de l’ACUDE (programme d’alphabétisation des gouvernements précédents) ;
- La "Misión Ribas" (qui vise à la poursuite de l’enseignement scolaire) ;
- La "Misión Sucre" (liée à l’éducation supérieure).
La réorganisation de la Fundación Ayacucho en 2005 a permis d’attribuer plus de 14 000 bourses d’enseignement supérieur pour l’année 2006 ; la part du Produit Intérieur Brut consacrée à l’éducation, qui était de 1,7 % en 1993 et de 1,6 % en 1998, est passée à 4,3 % en 2005.[46].
Selon l’UNESCO, l’analphabétisme a été éradiqué au Venezuela, et la politique de lutte contre la faim est présentée comme un exemple à suivre par le dernier rapport sur le Droit à l’Alimentation présenté à l’Assemblée Générale des Nations Unies. D’autre part, les taux de pauvreté et de pauvreté extrême ont considérablement baissé ces dernières années.
Politique militaire
Selon Chavez, chaque branche des forces armées est impliquée dans différents programmes de développement : travaux publics, vaccinations ou construction de logements.[réf. nécessaire] Ces initiatives ont été largement critiquées par l’opposition qui les accuse d’être entachées de corruption. Chávez a répondu que de tels programmes sont les principaux moyens de développement possibles. Il a également déclaré que l’influence des « américanistes » au sein de la bureaucratie de l’État entravait le développement du pays.
Avec Chávez, les forces vénézuéliennes ont diversifié leurs sources d’approvisionnement en armements, achetant du matériel au Brésil, à la Russie et à l’Espagne. Les États-Unis, déclarant craindre des transferts de technologie, ont pressé la Russie et l’Espagne de ne pas les livrer. Le Venezuela s’est également plaint que les États-Unis aient refusé ou retardé la vente de pièces pour des avions de combat F-16 achetés dans les années 1980. Chávez a rompu la coopération militaire entre les deux pays et demandé le départ des conseillers américains du pays.
En 2005, Chávez a annoncé la création d’une grande « réserve militaire » pouvant atteindre 1,5 million de personnes. À l´occasion du discours présidentiel du Nouvel An 2006 (d´après le site « Altermondialiste »), le président a présenté un projet de changement du nom des troupes vénézuéliennes. Dorénavant,les « troupes vénézuéliennes » deviendront « troupes bolivariennes », en hommage à Bolivar. Ce changement de nom (véritable leitmotiv du gouvernement de M. Chavez[47]) concernerait également la marine et la flotte aérienne.
Réseau de distribution alimentaire MERCAL
Le réseau de distribution alimentaire MERCAL a été mis en place. Il s’agit de distribuer en dessous des prix du marché, dans des boutiques ou des supermarchés liés à l’Etat, les produits agricoles. 13 millions de Vénézuéliens bénéficient du réseau de distribution MERCAL, soit un peu plus de la moitié de la population. Mais le MERCAL n’est pas réservé aux plus démunis et tout un chacun peut y faire ses courses, ce qui réduit l’aspect social de cette création.
Le système fonctionne sur la base du rationnement, comme deux litres d’huile ou un kilo de lait en poudre par personne. Ce système de distribution favorise cependant les arrangements, les produits vendus aux prix du MERCAL finissant souvent vendus à des prix classiques dans les boutiques. Par ailleurs il a entrainé une raréfaction de certains produits de base comme le lait ; selon un diplomate étranger, « bloqué depuis plusieurs années, le prix de vente du lait est inférieur au coût de production, donc de nombreux paysans ont vendu leurs vaches. » Le régime a dénoncé un « sabotage » à propos de ces pénuries tandis que Fédécameras, l’organisation patronale vénézuelienne, y voit « le signe avant-coureur des pénuries d’une économie planifiée à la soviétique »[48].
Santé
En échange de livraisons de pétrole vénézuélien, le gouvernement cubain de Fidel Castro fournit environ 20 000 médecins, qui participent au programme Barrio Adentro (à l’intérieur du quartier), un programme de santé pour les quartiers défavorisés, et sont également présents dans les zones rurales reculées.
Les casernes militaires sont utilisées pour accueillir du matériel médical de haute technologie, multipliant ainsi les centres hospitaliers et permettant à une plus grande partie de la population d’y accéder gratuitement.
Politique internationale
Le discours de l’unité sud-américaine
Bien qu’ayant signé la convention de Quito concernant la CSAN, qui prévoit une union coordonnée des pays du continent, Hugo Chávez tente d’établir une union avec des pays comme l’Uruguay, le Paraguay et l’Argentine. Il a également déclaré vouloir former avec le Brésil de Lula, et d’autres pays d’Amérique du Sud, une compagnie transnationale du pétrole, appelée Petroamerica.
Le 30 juin 2005, Chávez signe un contrat entre le Venezuela et 13 autres pays des Caraïbes, contrat portant sur des échanges pétroliers avantageux, afin de faciliter l’indépendance des pays des Caraïbes. Les signataires sont Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, le Belize, Cuba, la République dominicaine, Grenade, la Guyana, la Jamaïque, la Dominique, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, et le Suriname. La Barbade et Trinité-et-Tobago, qui étaient présents, n’ont pas signé l’accord.
Les présidents du Venezuela et de Cuba, Hugo Chávez et Fidel Castro, suivis par le président bolivien Evo Morales, ont entamé, en avril 2005, la mise en œuvre de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), renforçant la coopération entre les deux pays. Ces accords sont signés à La Havane, alors que la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice effectue une tournée en Amérique latine pour promouvoir le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). L’ALBA est présentée par Chávez et Castro comme l’application des principes de « solidarité plus vaste entre les peuples d’Amérique latine » et une alternative à la ZLEA. L’échange de pétrole vénézuélien contre des médecins cubains entre dans ce cadre, et il est également question d’agriculture ou de produits miniers. Depuis, le Nicaragua a adhéré à l’ALBA, ainsi que trois États des Caraïbes : la Dominique, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Antigua-et-Barbuda. L’Équateur a récemment manifesté son intérêt.
En juillet 2006, le Venezuela rejoint le Mercosur, marché commun sud-américain (sur le même modèle que l’UE), dont sont déjà membres le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay.
Colombie : soutien aux FARC ?
La Colombie, qui a une très longue frontière terrestre avec le Venezuela, s’est inquiétée plusieurs fois de l’expansion militaire du Venezuela et de son attitude par rapport aux organisations terroristes de Colombie, en particulier les groupes de guérilleros marxistes (FARC, ELN). Le gouvernement colombien avait aussi fait savoir en mars 2005 sa préoccupation causée par une « course aux armements » à laquelle se livrerait Caracas.[49]
Selon le gouvernement colombien et divers médias dont une revue américaine (US News and World Report), Chávez aurait permis aux FARC et à l’ELN, de trouver refuge dans la zone frontalière des deux pays. Un convoi de munitions en provenance du Venezuela destiné aux FARC a été intercepté en Colombie, et des cadres du FARC transitent par le Venezuela pour se faire soigner à Cuba.[réf. nécessaire] La publication d’un reportage de la revue coïncide avec la campagne portant sur le référendum révocatoire.
Selon des documents que la police colombienne aurait saisi en mars 2008 sur l’ordinateur de Raúl Reyes, Hugo Chavez aurait reçu des FARC, en 1992, la somme de 100 millions d’euros lorsqu’il était emprisonné pour tentative de coup d’État. Selon ces mêmes documents, Hugo Chavez aurait envoyé la somme de 197 millions aux FARC en 2008. Ces accusations ont été immédiatement démenties par le vice-président vénézuélien Ramon Carrizalez.[50]
Anti-américanisme et anti-impérialisme
L’hostilité affichée envers l’administration des États-Unis est un trait dominant de la politique étrangère vénézuélienne depuis 1998. Les dirigeants de Washington sont accusés de comploter pour perpétuer l’hégémonie de leur pays en Amérique latine, et renverser le gouvernement de Chávez. En mars 2004, celui-ci porte plainte contre les États-Unis auprès de l’Organisation des États américains (OEA), pour leur participation dans le putsch de 2002. Il dit avoir de nombreuses preuves de leur participation qui concerneraient, entre autres, la présence de navires de guerre de l’US Navy dans les eaux territoriales vénézuéliennes.
Le 15 septembre 2005, lors du sommet du 60e anniversaire de l’ONU, il déclare qu’il faut transférer cette organisation : « Nous proposons que le siège des Nations unies [à New York] quitte un pays qui ne respecte pas les résolutions de l’Assemblée générale ». Il annonce ensuite lors d’une émission de télévision de la chaîne américaine ABC que les États-Unis veulent envahir le Venezuela [51].
Le président du Venezuela Hugo Chávez a offert, le 7 septembre 2005, l’aide humanitaire de son pays aux victimes de l’ouragan Katrina, tout en critiquant vivement le gouvernement américain pour son manque de préparation face à cette catastrophe, lors d’un discours dans lequel il a cité en exemple la qualité des plans d’évacuation mis en place par Cuba lors des ouragans.
En janvier 2006, Hugo Chávez lance une opération de réduction de 40 % du prix du fioul exporté aux États-Unis, en faveur des Américains pauvres. Il donne suite à une promesse prononcée en septembre 2005, après la catastrophe de l’ouragan Katrina. Les bénéficiaires se trouvent dans les États du Maine, du Massachusetts et du Rhode Island, et incluent aussi le quartier new-yorkais du Bronx ainsi que quatre tribus amérindiennes. Pour certains analystes américains, cette initiative est une campagne de communication destinée à rassurer l’opinion publique des États-Unis.
Le 13 septembre 2006, il dénonce la version gouvernementale des attentats du 11 septembre. Il s’interroge sur un possible dynamitage des tours jumelles et l’usage d’un missile pour frapper le Pentagone : « Un avion serait tombé sur le Pentagone. Mensonge ! À moins que ce soit un avion invisible ! »[52]. Sa déclaration est concommitante d’une résolution du Parlement vénézuélien demandant au président Bush des éclaircissements sur sa version des attentats[53].
Le 20 septembre 2006, lors d’un discours à l’assemblée générale de l’ONU, il qualifie le président américain de « menteur » de « tyran » et de « diable »[54].
Au nom de l’anti-impérialisme, Chávez affirme désirer une disparition pure et simple du FMI, qu’il qualifie de « Dracula »[55]. Le 30 avril 2007 Chávez a déclaré la sortie de son pays du FMI.
Hors Amériques
En octobre 2004, Chávez signe un accord avec la Russie portant sur l’énergie et la livraison d’un important stock d’armes légères et d’aéronefs de combat.
En 2004, il reçoit le controversé Prix Kadhafi des droits de l’homme de la Libye.
Faisant suite à une coopération bilatérale initiée en 2001 dont le but affiché est de créer un partenariat stratégique, Chávez s’est rendu par deux fois en visite en République populaire de Chine pour signer des accords économiques avec ce pays qui considère le Venezuela comme son premier interlocuteur commercial et politique sur le continent sud-américain.
Le président Hugo Chavez a annoncé le 11 juin 2006 qu’il se rendrait en Iran et en Corée du Nord qui revendique la possession de l’arme nucléaire, pays faisant partie « de l’axe du mal » selon Washington, pour « renforcer nos (…) alliances stratégiques ». Le département d’État américain a ajouté, en mai 2006, le Venezuela à sa liste des pays ne coopérant pas avec Washington dans la lutte contre le terrorisme. Sur ce thème le Venezuela demande, depuis 2005, aux États-Unis d’Amérique l’extradition de Luis Posada Carriles un terroriste et ancien agent de la CIA, reconnu coupable d’avoir fait exploser en vol un avion civil cubain parti de Caracas, le 6 octobre 1976, provoquant ainsi la mort de ses 73 passagers. Cette demande reste toujours sans réponse fin 2006. Hugo Chávez accuse également les États-Unis d’avoir participé à son enlèvement lors du coup d’État de l’opposition.
Selon le Le Canard enchaîné du mercredi 26 juillet 2006, Hugo Chávez aurait, lors d’une visite à Minsk, le dimanche 23 juillet précédent, « loué le modèle social de Biélorussie », pays dirigé par Alexandre Loukachenko, condamné par le rapport 2006 d’Amnesty International. Lors de cette visite, Chávez a proclamé son intention de créer une alliance stratégique entre le Venezuela et la Biélorussie, au moyen d’une coopération dans les domaines scientifique, technique, industriel, pétrolier, gazier et militaire. Cette alliance serait destinée, selon lui, à « protéger la patrie contre les menaces extérieures et intérieures aux projets nationaux qui dérangent l’impérialisme, parce qu’ils sont fructueux ».
En visite en Iran, le 30 juillet 2006, Hugo Chávez, qualifié de « frère » par le président Ahmadinejad, déclare que les opérations militaires israéliennes en cours au Liban sont comparables aux « actes d’Hitler », en évoquant le « fascisme israélien[56] ». Il déclare également que l’Iran a le droit de disposer de l’énergie atomique, prenant ainsi parti en sa faveur dans les négociations qui opposent ce pays aux puissances occidentales.
Divers
En 1998, la première initiative diplomatique, de Chavez, élu président, fut de soutenir la libération de Ilich Ramírez Sánchez, plus connu sous son nom de guerre Carlos. Selon lui les conditions de détention en France du chef terroriste vénézuélien seraient contraires aux droits de l’homme et le Venezuela pourrait réclamer officiellement son retour au pays natal. [réf. souhaitée]
Critiques et soutiens médiatiques
Les principales critiques issues des médias européens ou nord-américains ou de l’opposition vénézuélienne pointent du doigt l’« autoritarisme » et le « populisme » d’Hugo Chávez.
Le président vénézuélien a été accusé par l’Institut international de la presse (IIP) d’étouffer les voix des médias ayant une attitude critique à son égard. De même, il a été très critiqué par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et par la Société interaméricaine de la presse (SIP) qui lui reproche son « hostilité générale » à l’égard des éditeurs et des médias qui se disent « indépendants », des médias appartenant aux dirigeants de grandes entreprises ayant gouverné le pays avant Chávez. Lors de certains de ses discours, il a montré du doigt publiquement les journalistes présents. Cependant, la liberté de la presse est totale au Venezuela, et le gouvernement finance également les télévisions associatives.
Il faut noter cependant que la plupart des médias nationaux vénézuéliens privés sont fortement hostiles à Hugo Chávez. Ils ont également incité le peuple à se soulever lors du coup d’État contre Chávez (démocratiquement élu avec 59 % des voix), soutenant l’opposition proche des États-Unis et de l’ancien président Carlos Andrez Perez[57]. Les moyens utilisés par ces médias sont accusés d’avoir alimenté l’insurrection plutôt que de simplement la soutenir (diffusion répétitive des images montrant des blessés, imputation au président de la responsabilité des violences mortelles, annonce (falsifiée comme on le sait désormais)[58] de la démission de Chávez, puis de son arrestation). Plusieurs ONG dont Human Right Watch relayeront également ces critiques du rôle des médias privés pendant le putsch. A contrario, la chaîne publique vénézuélienne Venezolana de Televisión (VTV), qui a joué un rôle important lors du coup d’État de Carmona, demeure un ferme soutien du président. En témoigne l’émission hebdomadaire Aló Presidente (diffusée sur toutes les chaînes hertziennes du pays, comme d’ailleurs l’intégralité des interventions télévisées du président), au cours de laquelle Chávez lui-même endosse le rôle d’animateur de talk-show répondant aux doléances des téléspectateurs... Au cours de l’émission du dimanche 9 septembre 2007, il a parlé pendant un peu plus de sept heures[52].
L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa affirme que Hugo Chávez exerce un « populisme belliqueux », et l’accuse de privilégier l’exportation de sa « prétendue révolution sociale » aux besoins de son peuple largement miséreux[59].
Il est aussi critiqué par le journaliste Marc Saint-Upéry pour s’être « laissé séduire durant les années 90, par le nationalisme anti-impérialiste exacerbé de Norberto Ceresole »[60]. Sur ce propos, la menace de Chávez, en 2007, d’expulser les officiels étrangers qui « outragent le Venezuela ou ses autorités » a été vivement critiquée.[61]
Corruption
Le journal Le Monde, dans son édition du 1er janvier 2007[62], dénonce la corruption du régime en particulier grâce aux pétrodollars. Selon Le Monde, Hugo Chávez aurait multiplié les structures destinées à « siphonner » les ressources de Petroleos de Venezuela (Compagnie pétrolière nationale du Venezuela) ainsi que les réserves de la Banque centrale. Citant un diplomate, le quotidien donne l’exemple du Fonden (Fonds de développement national), « un objet financier non identifié, un OFNI, une grosse tirelire dont l’usage dépend exclusivement du Président de la République et du ministre des finances ». Ces fonds ont des recettes de 22 milliards de dollars contre 60 pour le reste du budget. Selon Eleazar Diaz Rangel, directeur du quotidien Ultimas Noticias réputé indépendant, « un organisme comme le Fonden stimule la corruption ». La branche locale de Transparency International avance également que le Venezuela se trouvait parmi les pays les plus corrompus d’Amérique latine, au même titre que le Paraguay, le Nicaragua ou le Panama et que, désormais, le baromètre de la corruption de cette organisation le situe au sommet du classement régional, juste après Haïti. L’ancien parlementaire actuellement dans l’opposition Felipe Mujica, affirme que Chávez « dispose de manière discrétionnaire des ressources de PDVSA, dont il a fait sa caisse noire » et que « Les réserves de la Banque centrale ont été arbitrairement plafonnées à 30 milliards de dollars, l’excédent de 7 à 10 milliards de dollars étant mis à la disposition du Président de la République.[63] »
Famille de Chávez dans les institutions
Fin mai 2007, un cousin du chef de l’Etat, Asdrubal Chávez, a été promu vice-président de l’entreprise publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Le frère aîné du chef de l’Etat, Adrian Chávez, a été nommé ministre de l’éducation.[64][65].
Son père, Hugo de los Reyes Chávez, gouverneur élu de l’état de Barinas a nommé son fils Argenis Chávez comme secrétaire d’État. Les opposants au clan Chávez parlent ainsi de « la famille royale de Barinas » faisant mention a côté des deux personnes précédemment citées d’autres élus plus ou moins proches parents de Hugo Chávez, ce qui ne saurait être qualifié de népotisme.
Parmi les autres membres de la famille, Anibal Chávez a été élu maire de Sabaneta de Barinas et Narciso Chávez brigue la mairie de Bolivar[66].
Clientélisme
Hugo Chávez est accusé de clientélisme en ne finançant plus que des films dans la ligne du régime.[réf. nécessaire] Le réalisateur et sociologue d’opposition favorable au coup d’état Oscar Lucien dénonce « une politique culturelle qui pratique l’apartheid au profit des partisans du gouvernement Chávez » à propos d’une subvention accordée à Danny Glover, réalisateur soutien d’Hugo Chávez et conseiller d’une télévision chaviste[réf. souhaitée], pour un film portant sur Toussaint Louverture. Cette subvention extraordinaire accordée par l’assemblée nationale en vue de l’importance historique du personnage, initiative d’ailleurs saluée par René Préval[67]« équiva[ut] à 17,6 millions de dollars, [soit] cinq ans de production vénézuélienne »[68].
Hugo Chávez et le monde juif
Affaire de son prétendu antisémitisme
Le 24 décembre

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