François Fillon : 44 articles
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3 janvier -
François Fillon, le discret ambitieux, est en Suisse
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Fillon : croissance zéro mais pas de récession
15 novembre 2008 -
Fillon, détrousseur !
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La taille du Bonsaï, le soir, au fond, déçoit…
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Passes d’armes feutrées entre Sarkozy et Fillon
30 septembre 2008 -
Fillon fait le chef !
20 septembre 2008 -
François Fillon et le monde musulman : un lapsus qui fait du buzz
18 septembre 2008 -
Fillon et la guerre contre le monde musulman
10 septembre 2008, par Juan de Sarkofrance -
François Fillon en croisade contre « le monde musulman »
3 septembre 2008
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| Premier ministre de la République française |
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| François Fillon 19e Premier ministre de la Cinquième République |
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| Parti politique | UMP |
| Nommé le | 17 mai 2007 |
| Nommé par | Nicolas Sarkozy |
| Mandat | depuis le 17 mai 2007 |
| Prédécesseur | Dominique de Villepin |
| Successeur | en fonction |
| Autres fonctions | Ancien ministre Ancien sénateur Ancien président du conseil régional des Pays de la Loire |
| Gouvernement | Gouvernement François Fillon (1), (2) |
| Naissance | 4 mars 1954 Le Mans |
| Cinquième République | |
François Charles Amand Fillon[1] est un homme politique français, (RPR puis UMP) qui occupa diverses fonctions depuis 1981 : Député, Ministre, Président de conseil général et Sénateur, avant d’être nommé par Nicolas Sarkozy le 17 mai 2007 Premier ministre de la république française.
Origines et famille
Né le 4 mars 1954, au Mans, dans la Sarthe, François Fillon est le fils de l’historienne basque Anne Soulet et de Michel Fillon, notaire originaire de Vendée (les Essarts) et des Deux-Sèvres (Secondigny).
Aîné de leurs enfants, François Fillon grandit, avec ses trois frères, Pierre, Arnaud et Dominique, dans la petite ville de Cérans-Foulletourte, dans la Sarthe, où il fréquente l’école communale.
Il étudie ensuite au collège privé de Saint-Michel-des-Perrais à Parigné-le-Pôlin d’où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. Il est inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline (pour avoir mené un rassemblement d’élèves demandant la démission d’une professeur d’anglais qu’il jugeait incompétente) avant d’être réintégré. [2]. Il obtient en 1972 un baccalauréat de philosophie.
Attiré par l’action, passionné de randonnée en montagne et d’alpinisme, il s’engage chez les scouts et à l’âge de 17 ans, demande et obtient la direction d’une équipe.
Il envisage à l’époque de devenir journaliste et effectue pendant deux ans des stages d’été à l’AFP. Son premier stage de trois mois est effectué auprès de l’agence AFP d’Espagne où il rédige une note biographique du général Franco et une note consacrée au déraillement en juillet 1972 du train El Cuervo qui faisait 76 morts. Il réalise aussi une interview à Madrid de Danielle Darrieux et couvre les courses de tauromachie [3]. En 1973, c’est à Bruxelles qu’il effectue un nouveau stage d’été à l’AFP.
En 1974, admirateur du général de Gaulle, qui représente pour lui le symbole d’une France forte et grande, appelée à jouer un rôle dans le monde, il commence à affirmer ses convictions politiques. Ses parents sont d’ailleurs d’anciens militants de l’UDR.
Il poursuit des études supérieures à l’université du Maine au Mans, où il est l’élève de Christian Philip. Il y obtient une maîtrise de droit public en 1976. L’année suivante il obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en droit public de l’université René-Descartes de Paris et un DEA en sciences politiques de Sciences Po.
En 1976, il entre dans la vie politique comme assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe. Il dirige la campagne électorale de ce dernier avec succès lors des élections législatives de 1978.
En 1977, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) fondé par Jacques Chirac.
En 1979, il effectue son service militaire.
Il se marie le 28 juin 1980 avec Penelope Kathryn Clarke, une galloise. Ils ont cinq enfants : Marie (1982), Charles (1984), Antoine (1985), Édouard (1989) et Arnaud (2001).[4].
Le 14 décembre 1980, François Fillon est témoin du décès de Joël Le Theule. Celui-ci, victime d’un malaise cardiaque avait demandé à Fillon, son collaborateur le plus proche, de le conduire à l’hôpital. Arrivé aux urgences, Le Theule est descendu du véhicule automobile et perd connaissance quasiment dans les bras de François Fillon, rendant son dernier souffle [5]. Les médecins tentent pendant 3 heures de réanimer Joël Le Theule à la demande insistante de François Fillon qui perd alors son mentor en politique.
Le 17 avril 1981, en plein week-end de Pâques, Arnaud Fillon, 18 ans, le plus jeune des frères de François Fillon, se tue en accident de voiture. L’évènement qui survient moins de 6 mois après la mort de Le Theule, est traumatisant pour François Fillon, lequel dira ne plus se souvenir de rien [6] de ce jour-là.
Carrière politique
C’est sous la pression des amis de Joël Le Theule et en vertu des préférences affirmées par ce dernier que François Fillon va progressivement reprendre les mandats de son ancien mentor. Il est d’abord élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe en février 1981 avec 76% des voix.
Ascension politique locale et nationale
En juin 1981, il est élu député de la 4 e circonscription de la Sarthe dès le premier tour avec 50,14% des voix et reprend le siège de député de Joël Le Theule. A 27 ans, il est alors le benjamin de l’assemblée nationale. François Fillon se rapproche de Philippe Seguin, autre jeune député de droite élu en pleine vague socialiste. Ils font alors partis du "Cercle", une association de jeunes députés libéraux ou partisans d’un "gaullisme social" prônant la rénovation de la vie politique et dans laquelle on retrouve également François d’Aubert, Charles Millon et Michel Noir. Philippe Seguin devient son nouveau mentor en politique d’autant plus que les relations de François Fillon avec Jacques Chirac, le président du RPR sont médiocres.
François Fillon devient alors un expert des questions relatives à la défense nationale au sein de l’assemblée nationale et dès cette époque se fait le partisan d’une armée de métier, aborde le problème du vieillissement des avions Mirage IV, les avantages de la bombe à neutrons…
Lors des élections municipales de 1983, François Fillon est élu dès le premier tour avec 68,05% des voix, maire de Sablé-sur-Sarthe.
Il dirige la liste RPR dans la Sarthe lors de des élections législatives au scrutin proportionnel du 16 mars 1986 et est ainsi réélu député.
En juin 1988, il est réélu député dès le premier tour alors que, un mois plus tôt, lors de l’élection présidentielle, sa circonscription avait voté François Mitterrand à 58%. Il fait alors partie de l’aventure des rénovateurs de la droite au côté de Philippe Seguin, Michel Noir, Charles Millon, Philippe de Villiers, Bernard Bosson, Michel Barnier, Alain Carignon, François Bayrou, Étienne Pinte et Dominique Baudis.
En 1990, l’aventure sans lendemain des rénovateurs lui coûte sa place au bureau national du RPR. Lors du congrès du mouvement gaulliste durant l’hiver 1990, il suit Philippe Seguin dans son alliance avec Charles Pasqua visant à contester la présidence du RPR à Jacques Chirac et le secrétariat général à Alain Juppé. Quand Pasqua fonde l’association Demain la France, Fillon fait partie du comité d’orientation. Le but de l’alliance est alors de rénover le gaullisme. Lors du congrès du RPR, la liste Pasqua-Seguin remporte 30% des suffrages contre 70% à la liste Chirac-Juppé. Si c’est un échec relatif car personne ne pensait que la liste de Jacques Chirac serait battue, le score réalisé par la liste Pasqua-Seguin dépasse les attentes de leurs promoteurs.
En avril 1992, âgé de 38 ans, François Fillon est élu président du conseil général de la Sarthe par 16 voix contre 14 à Roland du Luart. Il succède alors à Michel d’Aillières qui fut président du département pendant 18 ans. Il est alors l’un des plus jeunes présidents de conseil général de France et se retrouve à gérer 750 personnes et un budget de 2 milliards de francs.
Durant l’été 1992, il mène campagne au côté de Philippe Seguin contre la ratification du traité de Maastricht. À l’Assemblée nationale, il déclare vouloir « l’Europe mais debout ». Il dénonce notamment l’établissement d’une monnaie unique avant l’attribution d’institutions politiques à l’Europe ainsi que l’absence de politique économique et sociale. La victoire étriquée du Oui (51,05%) sonne encore comme une demi-victoire pour François Fillon et Philippe Seguin.
François Fillon au gouvernement
Lors des élections législatives de 1993, il est réélu dès le 1er tour avec 58,58 % des voix. C’est grâce à Philippe Seguin que Fillon entre au gouvernement d’Édouard Balladur où il devient ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il plaide à cette fonction en faveur de l’autonomie des universités et souhaite séparer la formation des professeurs des écoles de celle des professeurs du secondaire. Finalement, sa loi sur les universités est censurée par le conseil constitutionnel et sa réforme de la filière technologique est retirée.
En 1995, contrairement à Seguin qui choisit de soutenir Jacques Chirac, Fillon prend position en faveur d’Edouard Balladur lors de l’élection présidentielle. En dépit de l’échec de Balladur et de la victoire de Chirac, il est avec Michel Barnier et François Bayrou l’un des rares balladuriens dans le premier gouvernement d’Alain Juppé en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac. François Fillon devient le nouveau ministre des technologies de l’information et de la Poste puis en novembre 1995, ministre délégué à la Poste, aux télécommunications et à l’espace. Il est alors chargé de la modernisation de France Telecom, notamment de la gestion de la fin de son monopole et de la transformation du statut de cette entreprise publique. Bien que conspué par la gauche, il fait voter la fin du monopole de France Telecom et le principe d’ouverture de son capital. Celui-ci sera d’ailleurs réalisé par son successeur socialiste après la dissolution par Jacques Chirac de l’assemblée nationale en juin 1997.
Ce n’est qu’au deuxième tour que François Fillon est réélu député en juin 1997 avec 52,7 % des suffrages exprimés face à Stéphane Le Foll.
Le rapprochement avec Chirac
Seguin décide alors de s’emparer de la présidence du RPR et se rapproche de Nicolas Sarkozy pour contrer Alain Juppé. En juillet 1997, Seguin est élu président du RPR avec 78% des voix et Sarkozy devient secrétaire général. François Fillon fait partie de la garde rapprochée de Seguin et devient secrétaire national du RPR, chargé des fédérations puis porte-parole de la commission exécutive.
En 1998, Fillon est réélu président du conseil régional des Pays de la Loire. Il met alors tout son poids politique pour empêcher les alliances entre certains élus de droite avec le Front National dans les régions ou aucune majorité claire ne s’était dégagée.
En 1999, quand Seguin démissionne soudainement de la présidence du RPR peu de temps avant les élections européennes, Fillon soutient et seconde Nicolas Sarkozy, président par intérim, au côté de Roger Karoutchi, un autre séguiniste. L’échec de la liste RPR/DL aux élections européennes, arrivée derrière celle menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduit le RPR à se réorganiser. Les 50 000 militants du mouvement gaulliste sont alors appelés pour la première fois à élire leur président. Bien qu’ayant d’abord apporté son soutien à Nicolas Sarkozy encore hésitant sur l’idée de concourir au poste, François Fillon décide finalement de se présenter à la présidence du parti. Sarkozy renonce finalement et Fillon se retrouve alors face à Jean-Paul Delevoye, Michèle Alliot-Marie et Patrick Devedjian. En réalisant le score honorable de 25% des suffrages exprimés, Fillon est éliminé du second tour. Il apporte son soutien à Alliot-Marie qui est élue présidente du RPR. Il reste conseiller politique du RPR jusqu’en mars 2001.
À partir de 2000, grâce à Jérôme Monod, Fillon se rapproche de Jacques Chirac avec qui les rapports avaient toujours été froids et tendus comme ceux que Chirac avait entretenu avec Joël Le Theule. Sur le plan local, pour cause de cumul des mandats, Fillon ne se représente pas aux élections municipales à Sablé en mars 2001. Il laisse à son successeur UMP, Pierre Touchard, une ville où le taux de chômage est inférieur à 4%, des quartiers rénovés, plus de 40% de logements sociaux, une gare TGV reliant la petit cité à Paris et une centaine d’entreprises spécialisées principalement dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la métallurgie et la transformation de plastique. Il garde un ancrage local en devenant président de la communauté de communes de Sablé.
Nationalement, au côté de Philippe Douste-Blazy, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Fillon participe à la mise au point du programme électoral du président de la République pour la campagne présidentielle de 2002. Pour la première fois, le député de la Sarthe lui apporte son soutien politique dès le premier tour d’une campagne présidentielle. Contre l’avis d’Alliot-Marie, d’Alain Madelin, le président de Démocratie Libérale et de François Bayrou, le président de l’UDF, Fillon se fait alors le chantre auprès de Jacques Chirac d’un grand parti unique présidentiel dont les prémices sont Alternance 2002 puis l’Union en mouvement. Il rédige le discours de politique générale de Jacques Chirac pour la première convention de l’UEM dans lequel il prône la modernisation sociale de la France et la rupture. De septembre 2001 à mai 2002, Fillon effectue 76 déplacements en tant qu’animateur de la campagne de Jacques Chirac et s’appuie sur France.9 (France Point 9), un club de réflexion rassemblant le courant républicain (ex-séguiniste) travaillant sur des thèmes comme la bonne gouvernance et l’avenir de la France.
Au début de l’année 2002, François Fillon devient l’un des premiers ministrables au côté de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy.
Après le premier tour de l’élection présidentielle et la qualification de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002, l’UEM est transformé en Union pour la majorité présidentielle.
Ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Raffarin
La réélection de Jacques Chirac acquise le 8 mai 2002, c’est Jean-Pierre Raffarin qui est nommé premier ministre. Après avoir été proposé pour le poste de ministre des finances, c’est finalement celui des affaires sociales, du travail et de la solidarité qui échoit à François Fillon sur recommandation notamment de Nicole Notat, ancienne patronne de la CFDT et de Jérôme Monod. Bien que déçu, il relève le défi qui consiste pour lui à assouplir la loi sur les 35h, en finir avec la loi de modernisation sociale et à réformer les retraites. Il devient également le numéro 3 du gouvernement Raffarin juste derrière Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur. Il est par contre obligé de laisser sa place de président de conseil régional à Jean-Luc Harousseau, son premier vice-président. Il est également réélu député (dorénavant UMP) en juin 2002, dès le premier tour avec 55,21% des voix avant de laisser son siège à son suppléant de 34 ans, Marc Joulaud.
Il mène alors de front plusieurs réformes comme celles concernant les contrats jeune en entreprises pour les 16-22 ans sans qualification (en procédant à l’exonération des charges sociales pendant deux ans) ou l’harmonisation des 6 SMIC existants (dont le niveau est relevé pour 2/3 des bénéficiaires) et l’assouplissement des 35 heures (en modifiant le calcul des heures supplémentaires). Ces réformes passent sans encombres et la presse parle de "méthode Fillon". Le dialogue avec les leaders syndicaux se passe bien, notamment avec François Chérèque (CFDT) mais aussi Bernard Thibault (CGT) bien que les marges de manœuvre de ce dernier soit plus étroit. De nouveau potentiel premier ministrable, François Fillon passe, du point de vue notamment méthodologique et pour sa discrétion, pour l’anti-Sarkozy au sein du gouvernement, représentant la fibre sociale face à la fibre libérale.
La réforme des retraites de 2003
Ses grandes réformes sur les retraites ont lieu en 2003. Il passe deux ans à étudier les systèmes étrangers, notamment en compagnie de François Chérèque et de plusieurs responsables syndicaux, et multiplie les rencontres avec les associations et les experts concernés. Sa méthode est qualifiée de trop lente et trop timorée par ses adversaires au sein de l’UMP. Parallèlement, il annonce plusieurs initiatives comme le contrat initiative emploi, la création du Revenu minimum d’activité (RMA), le contrat d’insertion dans la vie sociale et un train de mesures pour favoriser l’emploi des plus de 45 ans [7].
En 2003, il annonce sa réforme sur les retraites, consistant à faire travailler les fonctionnaires plus longtemps, augmenter les cotisations et favoriser l’épargne individuelle. Comme attendu, elles sont mal acceptées par les fonctionnaires qui manifestent en masse le 13 mai 2003. Fillon reprend les négociations. Partisan d’une ligne sans concession, il doit à contrecœur lâcher du lest sur la gestion des longues carrières à l’initiative de Jean-Pierre Raffarin afin de parvenir à un accord avec 5 des 8 syndicats, dont la CFDT, le 15 mai. La CGT et FO, majoritaires dans la fonction publique et hostiles à l’accord tentent des actions pour contrer l’harmonisation entre le secteur public et le secteur privé. Le 25 mai, une manifestation de grande envergure, composée notamment d’enseignants et de cheminots défile à Paris. Le soir même, Fillon déclare à la télévision qu’il ne rouvrira pas les discussions. La réforme reste incomplète cependant à son grand dam car l’inégalité demeure avec les régimes spéciaux de retraite mais son projet de loi est adopté le 24 juillet 2003 par le parlement après avoir fait l’objet du deuxième plus long débat parlementaire (19 jours, 155 h de discussions) après celui sur la presse en 1983. Dorénavant, pour bénéficier d’une retraite à taux plein, la loi prévoit l’allongement à 40 années d’activités pour tout le monde en 2008, 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020.
La canicule de 2003
La crise de la canicule à l’été 2003 occulte le succès de sa réforme. Il prend en charge le problème dès le 12 août avec Hubert Falco, son secrétaire d’état aux personnes âgées, et est le premier membre du gouvernement à reconnaitre les dysfonctionnements de l’état, ce qui lui attire de sévères critiques de Jean-Pierre Raffarin à la recherche d’un bouc émissaire. Les médias finalement ne s’en prennent pas à Fillon mais à Raffarin lui-même et au ministre de la santé, Jean-François Mattéi [8]. Il apporte un soutien réservé au projet du premier ministre consistant à rendre travaillé un jour férié et les difficultés de communication s’enchainent alors avec Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci voit d’ailleurs en Fillon un concurrent ambitieux qui cherche à reprendre son poste d’autant plus que le président Chirac pousse Fillon à répondre aux « provocations » de Nicolas Sarkozy.
L’alternative potentielle à Nicolas Sarkozy
Alors que Nicolas Sarkozy propose d’instituer la discrimination positive, Fillon s’y oppose prétextant qu’elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable ». Il se déclare aussi choqué de la précocité avec laquelle, moins de deux ans après une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il était intéressé à reprendre le poste. En marge d’un conseil des ministres le 10 décembre 2003, les deux hommes ont une discussion houleuse. Pour Sarkozy, Fillon est un "fayot" ; pour Fillon, Sarkozy est un "facho" [9]. Cependant, Fillon déclare plus tard avoir été instrumentalisé par Jacques Chirac et que ce dernier les avait monté l’un contre l’autre [10]. Il déclare s’en rendre compte à la fin de l’année 2003 quand il découvre que son train de réformes est gelé et que notamment sa réforme de l’ANPE et de l’UNEDIC, qu’il estime fondamentale, est refusée par le président de la République. Il refuse alors de poursuivre l’acharnement contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci se présente pour succéder à Alain Juppé à la présidence de l’UMP. Son revirement est quasi-officiel quand il récuse le « tout sauf Sarkozy » dans une interview au journal Le Parisien le 12 février 2004 et en reconnaissant la légitimité de ce dernier à être candidat à l’élection présidentielle. Ce rapprochement avec Sarkozy que Fillon justifie par la nécessité de conclure des alliances pour progresser, lui vaut alors l’hostilité des Chiraquiens en général et de Jean-Pierre Raffarin, potentiel candidat à la présidence de l’UMP, et de Jérôme Monod en particulier. Fillon impose néanmoins ses conditions à Nicolas Sarkozy pour officialiser cette alliance et relance son association France.9. Il exige du candidat à la présidence de l’UMP que ce dernier accepte en son sein l’existence de différences mouvances politiques. Au final, Fillon est intégré dans la nouvelle équipe dirigeante proposée par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge le projet de réforme des statuts de l’UMP et participent à leur premier meeting commun à Bourges le 7 octobre 2004 [11]. Le 28 novembre 2004, Nicolas Sarkozy est élu président de l’UMP par 85,1% des militants et François Fillon devient conseiller politique de l’UMP. Désormais, il est ignoré par Jean-Pierre Raffarin lors de ses interventions publiques. La discorde entre les 2 hommes ne faiblira pas alors que Jacques Chirac se montre plus conciliant du fait de la fidélité réaffirmée de Fillon envers ce dernier.
Le « 21 avril à l’envers » : les élections régionales de 2004
C’est aussi durant l’année 2004 que François Fillon connaît son premier échec électoral en 23 ans de carrière. Le ministre des Affaires sociales est la tête de liste UMP en Pays de Loire lors des élections régionales de mars 2004. La région, qui fut dirigée par le gaulliste Olivier Guichard durant 18 ans, est un bastion historique de la droite, comprenant notamment la Vendée de Philippe de Villiers. François Fillon qui avait du céder la présidence de la région à un fidèle en 2002 était resté néanmoins très présent. En 2003, il avait lancé le "pôle santé Sarthe et Loire" à Bailleul pour favoriser la venue de spécialistes de toutes disciplines pour que les habitants soient mieux pris en charge sur le plan médical [12].
Dans un contexte général maussade pour la droite, la région Pays de Loire est ainsi considérée comme imprenable par la gauche d’autant plus que Fillon noue adroitement ses alliances avec Philippe de Villiers (MPF) en Vendée, avec Jean Arthuis (UDF) en Mayenne et Roselyne Bachelot en Maine-et-Loire.
Au soir du 1er tour le 21 mars 2004, la liste conduite par François Fillon arrive en ballotage favorable face à la liste de gauche conduite par Jacques Auxiette alors qu’au plan national, le résultat ressemble à une déroute pour la droite y compris dans ses bastions autrefois traditionnels comme l’Île-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ou la région Auvergne. Seules l’Alsace et les Pays de Loire semblent assurés de rester à droite alors que la Lorraine, la Basse-Normandie et la région Champagne-Ardenne semblent difficilement pouvoir être sauvées. Les sondages et les calculs restent tellement favorables à Fillon que son adversaire socialiste, Jacques Auxiette, reconnait ne pas croire en le basculement à gauche de la région [13].
Pourtant, le 28 mars 2004, contre toute attente, la région Pays de la Loire bascule à gauche par 53,27% des voix contre 47,63%. Le choc est d’autant plus rude pour François Fillon que c’est son département, la Sarthe, qui provoque son échec (la Vendée, la Mayenne et le Maine et Loire ont voté majoritairement pour sa liste alors que dans la Sarthe il ne recueille que 46,30% des suffrages). Pire pour lui, les résultats des élections cantonales dans le département de la Sarthe sont aussi favorables à la gauche (même si le département conserve sa majorité de droite). Enfin, affront final, sa propre circonscription vote pour son adversaire socialiste.
Le 28 mars au soir, sur la chaîne de télévision TF1, il annonce lui-même sa défaite alors que les résultats ne sont pas définitifs. Les mots qu’il prononce sont très forts. il parle de « 21 avril à l’envers », formule qui lui est ensuite reprochée par Jacques Chirac et les chiraquiens, et précise également que l’« on ne peut pas réformer sans avoir le soutien du peuple ». Lors d’une conférence de presse dans la soirée, commentant les résultats nationaux, il dit espérer que « le président de la république en tirera les enseignements » [14]. Au niveau national, seules l’Alsace et la Corse restent à droite.
Cette défaite marque un coup d’arrêt aux ambitions politiques de François Fillon qui le retire de la liste des premiers ministrables. Cependant, selon son analyse, le « 21 avril à l’envers » n’est pas un rejet de la politique sociale du gouvernement mais une impatience face aux changements trop lents à se mettre en place. Mais ce constat n’est pas celui de Jacques Chirac [15].
Ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement Raffarin
Le 1er avril 2004, François Fillon fait partie du nouveau gouvernement remanié de Jean-Pierre Raffarin. Alors que Nicolas Sarkozy est nommé aux Finances, François Fillon est nommé ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il se déclare déçu par ce transfert car il espérait, depuis toujours, le portefeuille de la Défense. Encore numéro 3 du gouvernement, il en sera le numéro 2 après le départ de Nicolas Sarkozy en novembre 2004.
Par ailleurs, le 26 septembre 2004, il est élu au Sénat mais laisse son siège à son suppléant Jean-Pierre Chauveau.
Obéissant aux souhaits présidentiels, Fillon met un terme à certains dossiers chauds dont il hérite comme la réforme de la recherche en cédant aux revendications des syndicats.
Il décide d’orienter son action autour de 3 priorités : l’apprentissage des fondamentaux en primaire, la lutte contre l’échec scolaire et la réussite des élèves en zones défavorisées. Il lui revient aussi de rédiger une énième et dernière version de la circulaire sur les signes religieux à l’école. Sa prudence voire sa transparence lui est encore reproché alors que le premier ministre le considère comme « le maillon faible du gouvernement » [16].
À la rentrée scolaire de 2004, il peut néanmoins se féliciter du respect de la circulaire sur le voile islamique et du succès rencontré par son projet d’acquisition d’ordinateurs à 1 euro par jour par les étudiants.
Son grand projet pour l’école est présenté le 18 novembre 2004. Il déclenche une vague de mécontentement social. Ce projet prévoit l’enseignement d’une langue vivante dès le CE2, un nouveau baccalauréat combinant contrôle continu et un nombre d’épreuves finales ramenées de 12 à 6, la suppression des travaux personnels encadrés, un brevet obligatoire pour les classes de troisième et la réhabilitation du redoublement. C’est la refonte du bac qui cristallise les mécontentements [17]. Le texte est très vite édulcoré sous la pression de l’Élysée et un projet de loi, rejeté par le conseil supérieur de l’éducation, est présenté le 12 janvier 2005. Les manifestations se multiplient contre la réforme du bac à laquelle s’agglutinent d’autres revendications comme celles sur le pouvoir d’achat. Les lycéens se joignent aux professeurs alors que de nombreux amendements sont entérinés par le ministre. Celui-ci est seul en première ligne et le seul soutien qu’il reçoit publiquement est celui de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avant que Jacques Chirac ne le fasse concrètement. Ce dernier conseille néanmoins à son ministre de lâcher du lest. Le 10 février 2004, plus de 100 000 lycéens défilent dans les rues contre la réforme du bac. Le soir même, Fillon annonce la suspension de celle-ci pour sauver le reste de son projet. Pourtant, les manifestations continuent exigeant le retrait total de toute la réforme Fillon. La loi est finalement votée puis Fillon annonce qu’il ne rouvrira pas le débat. En avril, face aux casseurs et aux blocages de lycées de plus en plus nombreux, il envoie les CRS dans les établissements scolaires et déclare « À chaque blocage de lycée, il y aura déblocage ». Le mouvement perd rapidement alors en intensité. François Fillon semble avoir gagné la partie quand survient, le 22 avril 2005, la décision du conseil constitutionnel censurant sur la forme deux articles clés de sa loi, celui définissant les missions de l’école et celui approuvant les orientations et objectifs. Les deux articles sont par la suite rédigés sous forme de décrets.
Une fois l’épreuve de sa réforme passée, François Fillon participe à la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen qu’il approuve parce que, selon lui, il vient combler les lacunes du traité de Maastricht. Cependant, au soir du 29 mai 2005, le "non" l’emporte par 64,87% des suffrages. Nul prophète en son pays, la Sarthe de François Fillon a également voté "non" à 57% en dépit de la campagne du ministre pour le "oui".
Le 30 mai, Jean-Pierre Raffarin démissionne de son poste de premier ministre. Le chef de l’état procède à de nombreuses consultations mais n’invite pas Fillon, autrefois premier ministrable. Le chef de l’état opte pour Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin et demande à Sarkozy de revenir au gouvernement tout en restant président de l’UMP.
Le "directeur de campagne" de Nicolas Sarkozy
Le 1er juin, le nouveau Premier ministre consulte pour constituer son équipe gouvernementale. François Fillon n’est pas contacté ni invité à se rendre à Matignon. Pour lui, la mise à l’écart du numéro 2 du gouvernement sortant par l’Élysée et Matignon est rien de moins qu’un affront. C’est par un coup de téléphone de Jacques Chirac qu’il apprend qu’« il n’y a pas de place » pour lui au gouvernement. La formule employée est ressentie comme une humiliation pour le ministre et un désaveu explicite. C’est alors que peu de temps après, il déclare à un journaliste du Monde qu’il est le seul à avoir mené 9 réformes législatives (dont les réformes portant sur le RMI, les retraites ou les 35 heures) et que lorsque « on fera un bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf mes réformes ». Il prévient dès lors qu’il va « s’investir à fond dans l’UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007 » et qu’en le virant ainsi du gouvernement, on a fait de lui « un directeur de campagne avant l’heure » [18].
Les propos de Fillon font mouche dans la classe politique peu habitué à ces emportements de quelqu’un perçu comme « gentil », pondéré voire en retrait. C’est le discours de la rupture définitive avec Jacques Chirac. Une entrevue houleuse a lieu avec Dominique de Villepin. Fillon conteste plus la forme que le fond de son éviction. Il se sent injustement puni, bouc émissaire des manifestations massives contre ses réformes de retraite et sur l’école mais aussi pour son rapprochement politique avec Nicolas Sarkozy [19].
Il retourne alors sur ses terres à Sablé et se fait élire de nouveau sénateur le 18 septembre 2005. Conseiller politique du président de l’UMP, il se réfugie aussi un temps dans l’écriture et publie ses réflexions et ses idées dans un ouvrage intitulé La France peut supporter la vérité à l’automne 2006. Parallèlement, il participe durant 2 ans à la mise au point du programme de l’UMP en vue de l’élection présidentielle de 2007, participant à de nombreuses conventions thématiques. Au côté notamment d’Emmanuelle Mignon, il va travailler sur le programme de l’UMP qui sera présenté lors de l’élection présidentielle. Sur les deux cents propositions émises par les groupes de réflexion qu’il coordonne, 30 d’entre elles sont retenues et constituent la colonne vertébrale du projet de l’UMP [20]. Bien qu’il n’apparaisse pas dans l’organigramme officiel de campagne de Nicolas Sarkozy, Fillon devient l’un de ses collaborateurs principaux au côté de Claude Guéant le directeur de la campagne présidentielle et David Martinon, le chef de cabinet du candidat à la présidence de la république française.
En septembre 2006, sans consulter Nicolas Sarkozy, François Fillon commence à s’impliquer concrètement dans les médias et annonce qu’en cas de victoire de ce dernier, les régimes spéciaux de retraites seront réformés dès le début de la législature. Si ces propos provoquent un tollé dans la classe politique et chez les syndicats, ils sont approuvés par Nicolas Sarkozy et par l’opinion publique[21].
Le premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy
Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la république avec 53,06 % des suffrages. François Fillon est parmi les proches et intimes du nouveau président qui célèbre le soir-même la victoire par un diner au Fouquet’s. Il est plus tard encore également présent sur la scène dressée place de la concorde devant 30 000 personnes venues célébrées la victoire.
Le 17 mai 2007, à 9h50, un communiqué de l’Elysée où vient d’emménager le nouveau président, annonce la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre. Il a 53 ans et est le 19e premier ministre de la Ve République. Les sondages réalisés par l’institut CSA-Cisco indiquent que 54% des Français sont satisfaits de ce choix[22].
La passation des pouvoirs avec le Premier ministre sortant Dominique de Villepin a lieu le 18 mai. Fillon organise son cabinet et nomme l’ancien préfet de Vendée et son ancien directeur de cabinet aux affaires sociales, Jean-Paul Faugère, comme directeur de cabinet à Matignon. Sa première journée est médiatiquement marquée par le jogging qu’il effectue à 12h45 avec le président de la République au bois de Boulogne marquant l’arrivée d’un style nouveau et plus décontracté à l’Élysée et à Matignon[23].
Pour la formation du gouvernement, il pousse les nominations de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Roger Karoutchi. Le gouvernement est marqué par une ouverture politique vers des personnalités non UMP, voire de gauche comme Eric Besson et Bernard Kouchner. Enfin, le premier gouvernement Fillon est marqué par la parité puisque sur 15 ministres, il y a 8 hommes et 7 femmes.
À peine 48h après sa nomination, François Fillon revient à Sablé où il se recueille devant la tombe de Joël Le Theule à qui il rend hommage avant de lancer la campagne des élections législatives.
Il est élu député dès le premier tour de la 4e circonscription de la Sarthe le 10 juin 2007 avec 53,40% des voix. Il s’implique à fond dans la campagne distribuant au passage ses coups de griffe sur un ton polémique et ironique qui lui était inconnu. Ainsi, quand il évoque le style présidentiel de Jacques Chirac, il parle de celui qui ne s’exprimait que le 14 juillet. Ses mots sont plus rudes pour la gauche quand il déclare « du parti de la rose, ne reste que les épines, les luttes de clans, les règlements de compte et les couteaux tirés. Pour prétendre rassembler un pays, encore faut-il rassembler son parti ». Cependant, ses déclarations, entre les deux tours de l’élection, qui suivent celles de Jean-Louis Borloo sur l’ouverture du chantier de la TVA sociale, voire de sa progression de 5 points afin de financer la protection sociale, coûtent quelques sièges de députés à l’UMP qui décroche néanmoins 320 sièges contre 204 socialistes, radicaux et citoyens.
Les premiers jours de François Fillon sont difficiles face à l’omniprésence et la suractivité du président de la république. Pourtant cette discrétion de Fillon est conforme à chacune de ses entrées en fonction. Par ailleurs, il est partisan de la présidentialisation de la 5è république et évoquait déjà en 2000 la suppression du poste de premier ministre [24]. Les journaux cependant s’interrogent et demandent « à quoi sert Fillon » [25] ou encore « qui gouverne ». Ses déplacements à Bruxelles au sommet du parti populaire européen passent inaperçues dans les médias tout comme ses rencontres avec José Manuel Durão Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Claude Juncker alors que Nicolas Sarkozy monte en première ligne sur les dossiers brulants comme Airbus ou la relance de la politique européenne. Fillon doit aussi supporter les déclarations intempestives des conseillers de l’Elysée comme Henri Guaino ou Claude Guéant qui n’hésitent pas à contredire des ministres. Ainsi, la veille du discours de politique générale du premier ministre à l’Assemblée nationale[26] le 3 juillet 2007, Claude Guéant dévoile dans une interview à La Tribune des pans entiers de la déclaration que François Fillon doit effectuer. Dans ce discours, Fillon annonce notamment sa volonté de moderniser les institutions et se porte garant de la rupture sarkozienne[27]. Il obtient la confiance de 321 députés contre 224.
Plusieurs différends surgissent durant l’été 2007 entre François Fillon et l’équipe élyséenne. Il est ainsi désavoué quand il envisage l’extension du service minimum à tous les services publics y compris l’éducation nationale. Il renâcle publiquement quand il est qualifié de « collaborateur » par Nicolas Sarkozy lors d’un déjeuner de celui-ci avec la presse quotidienne régionale le 21 août 2007. Enfin, il contrarie le président en annonçant que la réforme des régimes spéciaux est prête et n’attend plus que le feu vert de l’Élysée. La pacification des relations toujours franches entre les deux hommes reprend cependant rapidement. Le 21 septembre 2007, il déclare que la France est en « état de faillite » ; Henri Guaino estimera le terme inadapté. Le 15 janvier 2008, il fait au cours de sa séance de vœux aux journalistes une allusion à la précédente conférence de presse de Nicolas Sarkozy et décider de répondre aux questions qu’il va « se poser [lui]-même. »[28].
En février 2008, il demande à la radio une punition plus sévère contre un élève ayant traité son enseignant de « connard [29]
Chronologie politique
Débuts
- 1976 - 1977 : assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe.
- 1977 - 1978 : chef-adjoint du cabinet de Joël Le Theule, ministre des Transports.
- 1980 : chef-adjoint du cabinet de Joël Le Theule, ministre de la Défense.
- 1981 : chef du Service des travaux législatifs et parlementaires au cabinet d’André Giraud, ministre de l’Industrie.
Fonctions au sein de partis politiques
- 1997 : secrétaire national du RPR, chargé des Fédérations.
- 1998 : porte-parole de la commission exécutive du RPR.
- secrétaire national du RPR 1999 ; conseiller politique auprès de la présidente du RPR 1999-2001 ;
- Depuis 2002 : membre fondateur de l’Union en Mouvement, rédacteur du projet de l’Union en Mouvement (« Notre vision pour la France ») et du programme de l’UMP pour les élections législatives de 2007. Il a également fondé un club regroupant ses partisans, l’Association France.9.
- Après le « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen et la démission de Jean-Pierre Raffarin qui suit, il n’est pas reconduit au sein du gouvernement Villepin. Furieux, il déclare dès le lendemain dans un article du Monde du 3 juin 2005 : « de Chirac on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes ». Propos qu’il nuancera plus tard : « un accès de colère et de vanité »[30]. Il annonce sa mise en campagne en faveur de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007. Il déclare alors : « Ils ont fait de moi le directeur de campagne de Sarkozy »[31].
- Conseiller politique à l’UMP (novembre 2004-mai 2007).
Fonctions électives locales
- 1981 - 1986 : élu conseiller municipal de Sablé-sur-Sarthe (adjoint au maire, chargé des affaires économiques).
- Mars 1983 - 2001 : maire de Sablé-sur-Sarthe.
- Février 1981 - 1998 : élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe.
- Mars 1985 : vice-président du conseil général de la Sarthe, chargé des Affaires économiques.
- 1992 - 1998 : président du conseil général de la Sarthe.
- Depuis 1998 : conseiller régional des Pays de la Loire.
- Depuis 2001 : conseiller municipal de Solesmes dans la Sarthe.
- Président de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe.
Fonctions parlementaires
À l’Assemblée nationale
- 1981 - 1986 : élu député de la 4e circonscription de la Sarthe dès le premier tour avec 50,14% des voix. Il succède ainsi à Joël Le Theule alors que la « vague rose » déferle sur l’Assemblée. Il devient ainsi, à 27 ans, le plus jeune député de l’Assemblée nationale. Il est longtemps un proche de Philippe Séguin.
- 1986 - 1988 : réélu député de la 4e circonscription de la Sarthe
- 1986 : Membre de la Commission de la Défense
- 1986 - 1988 : Président de la Commission de la Défense
- Président du Groupe d’amitié France-Thaïlande.
- 1988 - 1993 : réélu député de la 4e circonscription de la Sarthe
- 1993 - 1997 : réélu député de la 4e circonscription de la Sarthe
- 1997 - 2002 : réélu député de la 4e circonscription de la Sarthe
- 2002 : réélu député de la 4 e circonscription de la Sarthe (fin du mandat le 18 juillet 2002, suite à sa nomination au gouvernement)
- 2007 : réélu député de la 4 e circonscription de la Sarthe (fin du mandat le 19 juillet 2007, suite à sa nomination au gouvernement)
Au Sénat
- 26 septembre 2004 - 1er novembre 2004 : élu sénateur de la Sarthe - devient membre du gouvernement
- 18 septembre 2005 - 17 juin 2007 : élu sénateur UMP de la Sarthe suite à la démission de Jean-Pierre Chauveau - devient Premier ministre
Fonctions gouvernementales
Ministre
- avril 1993 - 1995 : ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement Édouard Balladur avec Christian Philip comme directeur de cabinet.
- mai 1995 - juin 1997 : ministre des Technologies de l’information et de la Poste, puis ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l’Espace dans les premier et deuxième gouvernements d’Alain Juppé.
- mai 2002 - mars 2004 : ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité, dans les premier et deuxième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et numéro 3 du gouvernement. Il mène la principale réforme de ce gouvernement : celle des retraites, appelée loi ou réforme Fillon, qu’il conduit jusqu’au bout, malgré le mécontentement d’une partie du peuple français. Il mène également une réforme des 35 heures. Il gagne des « galons d’homme d’écoute et de dialogue, une bonne connaissance des dossiers et l’estime des organisations syndicales »[32].
- mars 2004 - juin 2005 : nommé ministre de l’Éducation nationale en mars 2004 dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, il entame une autre réforme qui suscite des mouvements de protestation très importants parmi les lycéens durant le printemps 2005. De nombreux lycées sont bloqués et/ou occupés. Il abandonne la partie de la réforme concernant le baccalauréat et fait voter le reste du projet de loi.
Premier ministre
Le 17 mai 2007 : Nicolas Sarkozy, président de la République, par le décret du 17 mai 2007 le nomme Premier ministre. Cette décision est annoncée par un communiqué [33].
Le 18 mai 2007 : Formation de son premier gouvernement : sur proposition du nouveau Premier ministre, le président de la République, par le décret du 18 mai 2007 relatif à la composition du gouvernement fixe les périmètres des ministères et désigne les nouveaux ministres.
François Fillon est Premier ministre de la République française depuis le 17 mai 2007, au cours de 2 gouvernements successifs :
- Gouvernement François Fillon (1) du 18 mai au 18 juin 2007
- Gouvernement François Fillon (2) depuis le 19 juin 2007
Souvent qualifié de « gaulliste social » [34][35], François Fillon forme un premier gouvernement resserré, composé de 15 ministres, qui s’efforce de respecter la parité entre ministres (8 hommes et 7 femmes), mais pas entre secrétaires d’État. C’est un gouvernement placé sous le signe de l’ouverture, avec l’arrivée, parmi l’ensemble des ministres et des secrétaires d’État, de deux socialistes, d’un centriste et de deux personnalités « de gauche »[36]). Cette ouverture envers des individualités de l’opposition n’est d’ailleurs pas une première, puisque Michel Rocard, en 1988, avait tenté une opération similaire, mais uniquement avec des centristes. Le second gouvernement Fillon confirme ces choix mais avec une équipe élargie.
Les premières mesures du Gouvernement semblent indiquer une diminution du rôle même de Premier ministre, Nicolas Sarkozy semblant vouloir prendre en main directement les dossiers avec les ministres.
Le 15 septembre 2007, il assiste à la béatification du père

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