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Europe
| Superficie | 10 180 000 km2 (6,8 %) |
|---|---|
| Population | 712 000 000 hab. |
| Densité | 70 hab./km2 |
| Pays | 40 |
| Dépendances | 2 |
| Principales langues | Anglais, russe, allemand, français, italien, espagnol, portugais, polonais |
| Fuseaux horaires | UTC-1 (Espagne) UTC+6 (Russie) |
| Plus grandes villes | Londres, Paris, Moscou, Munich, Barcelone |
L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de l’Eurafrasie, selon le point de vue. Elle est parfois qualifiée de « Vieux Continent » (ou d’« Ancien Monde »), par opposition au « Nouveau Monde » (Amériques).
Sommaire |
Dans la mythologie grecque, Europe, fille d’Agénor (Εὐρώπη en grec, Eurṓpē) est une princesse phénicienne qui fut enlevée par Zeus métamorphosé en taureau blanc, et emmenée sur l’île de Crète où elle donna naissance à Minos. Dans les œuvres d’Homère, Εὐρώπη est une reine mythologique de Crète et non un terme géographique. Plus tard, le mot signifiait la Grèce continentale et depuis l’année -500 sa signification comprend toutes les terres au nord.
Au Ier siècle av. J.-C., Varron[1] évoque une bipartition du monde au niveau du Bosphore, les parties situées au nord-ouest du détroit constituant l’Europe, celles situées au sud-est, l’Asie.
Au IVe siècle apr. J.-C., le mot Europe désigne l’une des six provinces du diocèse de Thrace, et son territoire correspond approximativement à celui de la Thrace orientale turque actuelle.
L’analyse la plus répandue de ce mot le considère comme une composition des mots grecs eurýs (εὐρύς, « large ») et ṓps (ὤψ, « visage »), et plus précisément comme un doublet du nom féminin Eurōpē (« aux grands yeux »), une ancienne désignation de la Terre. L’interprétation du mot par le sémitique ereb, qui signifie « coucher du soleil » (donc occident) n’est aujourd’hui plus retenue.[réf. nécessaire] Dans une perspective asiatique ou moyen-orientale, le soleil se couche en Europe, la terre à l’ouest. Et selon la mythologie, la princesse phénicienne (donc sémitique) de Tyr est emmenée par Zeus vers le couchant.
Selon John Hale, le mot Europe existait déjà avant le XVIe siècle pour désigner un continent distinct de l’Afrique et de l’Asie, mais il n’était connu que des lettrés. L’utilisation du mot par les habitants de l’Europe ne s’est généralisée qu’à partir du XVIe siècle, c’est-à-dire lorsque la Renaissance était déjà bien engagée.
Les limites terrestres de l’Europe ont toujours été un peu floues dans leur partie "Est" puisque qu’il n’existe pas de limite clairement définie, de relief, ou de mer venant clairement scinder l’Eurasie. De plus, il ne faut pas confondre les notions d’Europe géographique et territoriale d’une part, de celle de zone d’influence de la culture occidentale d’autre part, ces notions étant surtout politiques (certains pensent d’ailleurs à ce propos qu’à l’instar du Commonwealth Britannique, l’Union Européenne pourrait être définie selon l’étendue de la culture euro-occidentale à travers le monde).
Dans la vision purement géographique, l’Europe est usuellement séparée de l’Asie à l’est par le massif de l’Oural et le fleuve Oural. Au sud-est, la mer Caspienne, le massif du Caucase, le détroit du Bosphore la sépare du Moyen-Orient. Au sud et sud-ouest, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar séparent l’Europe de l’Afrique. Le continent est bordé à l’ouest par l’océan Atlantique et au nord par l’Arctique. Sont considérées européennes l’Islande (située géologiquement sur la séparation Europe-Amérique), et les principales îles de la Méditerranée ; le cas de Chypre est toutefois particulièrement sujet à débat, à la fois sur les plans géographique, culturel, politique et historique.
Les cas de la Russie et de la Turquie sont emblématiques du hiatus géographico-politique. Ces deux nations ayant la plus grande partie de leur territoire en Asie (Russie), et Moyen-Orient (Turquie), le plan politique ne recoupe pas le "plan" géographique premier. Ainsi, si la Russie est "occidentale" par sa culture, son histoire et une part de son territoire, son centre de gravité fait d’elle un quasi-continent, s’étendant du Pacifique jusque dans l’Europe. Le cas est plus complexe pour la Turquie, celle-ci possédant la majeure partie de son territoire au Moyen-Orient, et possédant par l’histoire une culture mixte entre la culture Occidentale et Moyen-Orientale.
Une citation célèbre de Paul Valéry résume bien l’ambigüité de la délimitation stricte des frontières "est" et "sud-est" de l’Europe, puisqu’il décrit l’Europe comme le « Petit cap du continent asiatique ». Par ailleurs, il a proposé sa propre définition de l’Europe : ce serait l’ensemble des régions ayant subi la triple influence :
le tout formant depuis la Renaissance le fond culturel commun de la philosophie Humaniste Européenne.
Quelques îles de l’Atlantique (Madère, Canaries, Açores) que la géographie ne rattache pas à ce continent sont considérées comme européennes par l’origine de leur peuplement et de leur culture. C’est aussi le cas du Groenland, qui appartient au Danemark. On n’oubliera pas enfin que certains pays d’Europe occidentale ont conservé quelques colonies lointaines dont les habitants se retrouvent de fait européens, comme par exemple les départements et territoires d’outre-mer pour la France.
L’Europe a une superficie d’un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, précisément 10 392 855 km². Cela représente un tiers de l’Afrique ou un quart de l’Asie ou de l’Amérique.
On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : Europe de l’Ouest, Europe centrale, Europe du Sud, Europe de l’Est et Europe du Nord. L’organisation de l’espace montre un cœur économique, la « banane bleue » ou mégalopole européenne, qui comprend notamment l’Europe rhénane ainsi que les périphéries européennes.
Il faut noter que les frontières orientales de l’Europe sont avant tout politiques : la limite de l’Oural est due aux cartographes du tsar Pierre Ier le Grand au XVIIIe siècle. De même, la frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la Caspienne au début du XIXe siècle pour justifier l’annexion de la Géorgie et de l’Arménie dans l’empire russe. D’un point de vue plus scientifique, si l’on se réfère à la tectonique des plaques, l’Europe et la partie continentale de l’Asie ne sont qu’un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels que Alexander von Humboldt, considéraient-ils l’Europe comme une simple presqu’île de l’Asie.
Voir également les formations géologiques d’Europe.
S’étendant en latitude du 36e au 71e parallèle nord, avec plus de 4 000 kilomètres entre les espaces scandinave et méditerranéen, l’Europe appartient à la zone tempérée.
L’Europe possède 40 000 kilomètres de littoral d’une extrême diversité, parsemés d’îles, de presqu’îles et de péninsules. La façade atlantique est complétée par des mers dites fermées, l’une chaude, au sud, la Méditerranée, l’autre, au nord, d’origine glaciaire, la Baltique. Cet ensemble maritime fait la richesse de l’Europe.
L’Europe est caractérisée par un grand nombre de pénétrations de bras de mer entre des péninsules, qui contribuent ainsi à tempérer le climat du continent, par ailleurs réchauffé sur sa façade occidentale par le Gulf Stream.
La majeure partie du continent est située sous des latitudes tempérées et connaît donc quatre saisons bien marquées. Les régions côtières de la façade atlantique connaissent un climat océanique, adouci par le Gulf Stream, tandis que la grande plaine du nord-est est caractérisée par un climat continental. On peut aussi distinguer le climat montagnard des régions d’altitude (Alpes, Pyrénées, Alpes scandinaves) ainsi que le climat méditerranéen particulièrement clément du contour de la Méditerranée.
Agencée par une formidable tectonique qui lui a donné sa variété de reliefs, l’Europe est un puzzle de paysages. Ses régions naturelles sont extrêmement variées et généralement de faible étendue. Montagnes, vallées, plaines sont devenues le terreau de ses cultures et de son identité plurielle.
Des fouilles réalisées ces dernières années en Géorgie puis en Bulgarie permettent de dire que le genre Homo existe en Europe depuis environ 1,5 million d’années. Il est en effet probable que ses représentants aient peuplé l’Europe depuis le Caucase en suivant la voie danubienne.
On appelle anténéandertaliens les populations qui ont vécu en Europe il y a 800 000 à 400 000 ans. Ils sont notamment représentés par l’homme de Tautavel (- 450 000 ans), le « Français le plus ancien ».
Les premières traces de peuplement néandertalien en Europe remontent à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très spécialisée, semble n’avoir existé qu’en Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu il y a près de 30 000 ans.
L’homme moderne (dont les premières traces africaines remontent à 120 000 ans) apparaît en Europe il y a 40 000 ans, représenté notamment par l’homme de Cro-Magnon.
C’est aux Grecs qu’on doit le mot Europe, attesté pour la première fois au VIe siècle av. J.-C. Il semble qu’il ait d’abord désigné pour eux la région continentale située au nord du golfe de Corinthe, puis les terres qu’ils découvraient peu à peu au nord du bassin méditerranéen.
Sur les rives de la Méditerranée, après l’essor de la Grèce, vient celui de la civilisation romaine. Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques : Celtes, Germains, etc.
La constitution de l’Empire romain, puis le développement du christianisme, permettent une première ébauche d’unité européenne dont le centre politique et économique est la Méditerranée.
La lente désagrégation de cet empire et son incapacité à résister face aux incursions répétées des peuples germaniques entraînent sa dislocation puis l’effondrement de sa moitié occidentale. Divers peuples germaniques accaparent alors le pouvoir dans de nouvelles entités territoriales aux frontières mouvantes, préludes à la création des actuels États européens de l’ouest.
À l’est, l’empire romain d’Orient, ayant pour capitale Constantinople, subsiste et mue en un empire chrétien d’Orient où les habitants persistent à se considérer « Romains ».
Charlemagne fut considéré comme le « père de l’Europe ». C’est en effet avec lui que le mot Europe prend une signification politique. On l’appelle de son vivant Pater Europae, et on trouve aussi l’expression Europa vel regnum Caroli (l’Europe, ou le royaume de Charles). L’Europe de Charlemagne, c’est d’abord une Europe franque, dans laquelle Rome ne joue plus le rôle majeur : s’il est sacré empereur d’Occident à Rome, c’est Aix-la-Chapelle qu’il choisit comme capitale de son empire. C’est aussi une Europe chrétienne : Charles se considère comme couronné par Dieu, et le fait que son couronnement à Rome ait eu lieu un 25 décembre a valeur de symbole. C’est enfin une Europe occidentale, les projets d’union avec l’empire d’Orient envisagés vers l’an 800 ayant échoué.
Le Moyen Âge fut, presque partout en Europe, l’époque de la féodalité d’où émergeront, sous l’impulsion de rois énergiques et ambitieux, les ébauches des premiers États modernes, souvent antagonistes comme la France et l’Angleterre.
L’empire d’Occident se désagrège rapidement après la mort de Charlemagne, puis disparaît au début du Xe siècle. En 962, Otton Ier crée le Saint Empire romain germanique, mais celui-ci ne peut s’étendre, contrecarré par la montée des nationalismes (France, Angleterre), par ses luttes avec la papauté, puis par le développement de l’empire ottoman lors de l’époque moderne.
L’empire byzantin, chrétien mais de culture essentiellement grecque, connaît d’importantes fluctuations de sa force et par conséquent de l’emprise de son territoire. Celui-ci s’étendra à son apogée sur une grande partie du rivage méditerranéen, d’abord sous Justinien Ier, puis sous les empereurs macédoniens, du IXe au XIe siècle.
La montée en puissance des Musulmans, puis le schisme de 1054 entre le catholicisme et l’orthodoxie - suivi d’une croisade dirigée en 1202 à son encontre - affaiblissent l’empire d’Orient. Il est dépecé morceaux par morceaux par l’empire ottoman avant de disparaître lors de la chute de Constantinople en 1453.
En fait, c’est le terme de Chrétienté qui, durant quelques siècles, unira culturellement la plupart des Européens catholiques alors que le mot Europe disparaît des propos et des esprits. Les croisades sont l’une des rares concrétisations politique et militaire de ce sentiment d’appartenance.
À l’époque où l’Empire Byzantin s’effondre, la Reconquista touche à sa fin. 1492 est l’année de l’Espagne, avec la reconquête du dernier royaume maure (Grenade) en péninsule ibérique et le premier voyage de Christophe Colomb, sous l’égide des Rois catholiques qui va ouvrir la voie à l’établissement des hégémonies européennes.
Le rêve d’un grand empire européen renaît au XVIe siècle, avec l’affrontement entre François Ier et Charles Quint, qui tous deux se disputent le trône du Saint-Empire. Grâce à l’appui des banquiers Fugger, Charles Quint l’emporte, se retrouvant à la tête d’un domaine très vaste, mais aussi très morcelé. Les diverses guerres menées contre la France ne donnent aucun résultat et, durant deux siècles, le découpage de l’Europe va évoluer au gré des alliances matrimoniales et des guerres entre États. C’est cependant face à la menace de l’Empire ottoman que l’idée d’une union des États d’Europe apparaît : « Nous tenons de Gadès à l’Isler, une zone qui s’étend entre les deux mers et qui est la très courageuse et la très puissante Europe. Là, si nous nous unissions, nous ne serions pas seulement égaux à la Turquie, mais supérieurs à toute l’Asie » (Luis Vives).
Plus grave, le ciment du christianisme catholique, qui donnait un semblant d’union à cette Europe, éclate en morceaux avec la Réforme (ou plutôt les Réformes), dont l’impact politique est considérable, entraînant notamment la formation des Provinces-Unies et de la Confédération helvétique. Les guerres de religion, la guerre de Trente Ans, les guerres de Louis XIV rythment les XVIe et XVIIe siècles. Les traités de Westphalie (1648) redessinent durablement la carte politique de l’Europe et l’équilibre des forces en présence.
L’Époque moderne est donc finalement marquée par un renforcement des nationalismes en tout genres. C’est aussi l’époque où l’Europe s’étend très loin de ses frontières naturelles par la constitution des premiers empires coloniaux sur le continent américain, puis en Inde.
La Révolution française inaugure un bouleversement politique très important : les idées démocratiques apparaissent sur le devant de la scène et les campagnes de Napoléon Ier puis le Congrès de Vienne vont remodeler profondément la carte de l’Europe et les mentalités.
À la fin d’un long processus, le XIXe siècle voit se réaliser l’unité de l’Italie et de l’Allemagne, ainsi que la constitution de plusieurs nouveaux pays dans les Balkans, issus du démembrement de l’Empire ottoman, appelé alors l’homme malade de l’Europe.
C’est aussi l’apparition de nouveaux mouvements politiques prônant plus d’égalité (socialismes), voire le démantèlement du pouvoir des États (anarchismes). Ces idées se diffuseront par la suite, et avec plus ou moins de retard, largement hors des frontières de l’Europe.
La domination politique et économique de l’Europe sur le reste du monde s’est affirmée après qu’elle a bouleversé son économie lors des révolutions industrielles, développant sa productivité et amorçant une forte explosion démographique. Leur avance technologique, et notamment militaire, permit aux pays européens, en concurrence les uns contre les autres, d’étendre leur emprise sur les autres continents. Cette colonisation connut son apogée au début du XXe siècle (cet apogée s’achève en 1914), avant que les deux guerres mondiales ne bouleversent l’ordre établi. La Seconde Guerre mondiale laisse l’Europe exsangue (voir l’article Europe sous domination nazie). Alors que la suprématie des pays européens occidentaux disparaît au profit de deux nouvelles super-puissances (les États-Unis et l’Union soviétique), des rébellions se développent dans les colonies, aboutissant à l’indépendance de nombreux pays, notamment au cours du troisième quart du XXe siècle.
Parallèlement, alors que l’excédent démographique de l’Europe était tel qu’elle constituait un réservoir d’émigration massive tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les pays du continent furent confrontés à une stabilisation, voire une régression démographique à partir de la Première Guerre mondiale. Cela, combiné au développement continu de l’économie, dont principalement l’industrie de production et de transformation, provoqua un appel de main d’œuvre qui transforma l’Europe en une terre d’immigration, notamment au cours des Trente glorieuses.
| Année | Population |
|---|---|
| 1150 | 50 000 000 |
| 1300 | 73 000 000 |
| 1400 | 45 000 000 |
| 1750 | 140 000 000 |
| 1800 | 187 000 000 |
| 1850 | 266 000 000 |
| 1900 | 420 000 000 |
| 1995 | 728 000 000 |
| 2005 | 732 380 859 |
| 2007 | 732 938 773 |
Le conseil de l’Europe soulignait en 2005 que depuis quelques décennies l’UE doit sa croissance démographique (pour tout ou partie) à l’immigration qui dans les années 2000 est devenue le premier, puis le seul facteur d’augmentation de la population totale de l’UE. Ainsi deux millions de personnes sont venues s’installer en Europe en 2004 alors que l’accroissement naturel était négatif de 63 000 personnes. L’Europe est au début du XXIe siècle la troisième foyer de peuplement derrière la Chine et l’Inde, avec des densités de populations parmi les plus élevées au monde dans certaines zones des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou de la France, d’autant que l’exode rural s’est renforcé ainsi que l’attractivité des littoraux avec des populations de plus en plus urbaines. En 2007, 70 millions de personnes, soit 16 % de la population de l’UE, résident dans des communes côtières[2].
Malgré les dizaines de millions de morts des deux guerres mondiales, l’Europe a connu une période d’explosion démographique aux XIXe et XXe siècles, qui s’est accompagnée d’une forte pression sur l’environnement et les ressources non renouvelables (cf. empreinte écologique, empreinte énergétique, pression urbanistique, pollutions, etc.). Depuis quelques décennies, la population européenne tend à se stabiliser, suite à une forte diminution de la natalité, qui reste toutefois encore largement compensée par la natalité de certains pays, par le recul de l’âge auquel les femmes font leurs premiers enfants, et surtout par une immigration régulière.
En terme de prospective, une moindre natalité, associée à l’allongement de la durée de vie se traduit par un net vieillissement. Ce sont 25 à 33% de la population qui pourraient avoir plus de 65 ans en 2050, contre 14,7% en 2000 selon un rapport du Conseil de l’Europe (2005) qui postule une diminution de 13 à 22% de la population d’ici à 2050 par rapport aux chiffres de 1995 (sans apport notable par l’immigration ou sans remontée de l’indice de fécondité et/ou sans les apports de la Turquie, des pays du Caucase et de Chypre, et sans tenir compte d’une baisse supplémentaire qui pourrait être due par exemple à une pandémie mondiale.
Les études prospectives pour 2050 varient d’une population diminuant de seulement 3% (dans l’hypothèse d’un ICF remontant à 2,34), à -22% voire -50% dans le pire des cas. Ces chiffres doivent tous être utilisés avec prudence, la prospective démographique ayant toujours été prise en défaut et pouvant elle-même influer en retour sur les comportements individuels et collectifs et sur les politiques de soutien à la natalité ou à l’immigration.
La croissance démographique s’est globalement poursuivie pour les 27 États membres de l’UE, mais dans les années 2000 à 2005 la population décroît déjà en Russie, Ukraine et Roumanie (-247 000 personnes au total pour ces pays en 2004). Ce déclin démographique semble plus important et plus rapide dans les ex-pays de l’Est, dans quelques pays où la pauvreté et le renforcement des inégalités ont suivi l’effondrement du communisme, et aussi dans les régions touchées par la catastrophe de Tchernobyl (la Biélorussie qui a reçu 70% environ des retombées d’iode et de césium radioactifs et connaît depuis 20 ans le plus fort taux d’avortement et le taux d’abandon d’enfants y est élevé). En Europe de l’Est, la population pourrait diminuer de 30% de 2005 à 2050, selon les prospectivistes les plus « pessimistes » si un flux migratoire significatif ne compense pas cette diminution. Par ailleurs, il n’est pas envisageable de pousser la population à habiter à nouveau les zones contaminées ni à y travailler. L’immigration, sauf changement de politiques des États ne suffira pas à contrebalancer le recul démographique, car il faudrait selon le conseil de l’Europe « 1,8 million d’immigrants par an » d’ici à 2050 pour maintenir d’ici là sa population à son niveau de 1995, « 3,6 millions d’immigrants par an » pour maintenir à son niveau la population en âge de travailler, et même « 25,2 millions d’immigrés par an » pour maintenir le rapport entre les actifs et les retraités.
Une telle diminution de la population est presque un fait nouveau (qui n’a dans le passé été associé qu’aux épidémies, de peste noire en particulier ou aux grandes guerres). Hormis pour la question des retraites qui nécessite des solutions innovantes et solidaires pour quelques décennies, le retour à une moindre population n’est pourtant pas en soi un fait négatif ni pessimiste. D’un certain point de vue, il semble d’ailleurs voulu par la population elle-même qui ne suit pas les exhortations des États, ni ne se laisse influencer par les prophéties catastrophistes des démographes. La tendance à la stabilisation ou une certaine diminution de la population des pays est un fait. On peut y voir des aspects très positifs pour le moyen et long terme, au-delà du passage difficile du financement des retraites de la « génération sacrifiée » du baby-boom. Les économistes tenant d’une décroissance soutenable et conviviale, voire du développement durable ou soutenable peuvent même y voir une condition nécessaire de la poursuite du développement humain et du développement de l’Europe dont les ressources, comme celle de la planète sont finies et pour certaines déjà utilisées largement au-delà de leur seuil de renouvellement. D’autant qu’une montée des océans prévisible limitera encore le territoire disponible pour les activités humaines.
« Au cours des quelques années à venir, la population européenne continuera à augmenter légèrement »… avant de décroître et poser des « problèmes de financement des retraites » annonçait en 2005 Charlotte Höhn, présidente du Comité européen sur la population.
Sur une surface réduite, l’Europe bénéficie d’une grande richesse ethnoculturelle et de langues. Les cultures nordique, anglo-saxonnes, slaves, et méditerranéennes sont traduites par la diversité des langues parlées : 120 langues et dialectes ayant des racines indo-européenne ; latines et grecques au sud, germaniques au nord et au nord-ouest ; slaves à l’est et en Europe centrale.
Trois ensembles de religions dominent :
Les catholiques sont majoritaires dans 23 pays, les orthodoxes dans 10 pays, les protestants dans 9 pays, les musulmans 2 pays (Bosnie-Herzégovine, Albanie), et également en Turquie si l’on considère cette dernière comme faisant partie de l’Europe.
Il existe des minorités religieuses à l’intérieur de ces grands ensembles :
Pendant longtemps, le continent a été ravagé par l’intolérance religieuse et les guerres de religion (France, Guerre de Trente Ans, pogroms).
Les pays qui ont tout ou partie de leur territoire en Europe (selon les limites géographiques définies plus haut) sont au nombre de 49 :
Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Biélorussie, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie,Ukraine, Vatican.
Paradoxalement, c’est à la veille de la guerre de 1914 que la carte politique de l’Europe a pu être considérée comme la plus homogène. Après l’unification de l’Italie et de l’Allemagne, le nombre d’États européens était tombé à 20[4] en 1871 (y compris la Turquie, qui contrôlait encore la majeure partie des Balkans), avant de remonter à 23 en 1878, date à laquelle le congrès de Berlin reconnut l’indépendance de la Serbie, du Monténégro et de la