Comptabilité : 2 articles
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Des normes !
20 décembre 2008 -
A qui profitent les normes comptables ?
24 juillet 2007, par Nicolas Veron
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La comptabilité est un système d’information recensant et communiquant des informations sur l’activité économique d’une entité économique (entreprise, collectivité, association, État, administration publique, etc.). Ces informations sont généralement exprimées en unités monétaires.
La comptabilité effectue des opérations de saisie des informations brutes, de classement et de synthèse de ces informations. Ces synthèses décrivent la situation financière de l’entité, sa création de valeur et ses flux de trésorerie.
Les informations comptables aident les dirigeants de l’entité, les propriétaires du capital social et les autres personnes intéressées à prendre des décisions, notamment sur l’affectation des ressources de l’entité et de ses résultats. Dans la plupart des entités et, notamment dans les entreprises commerciales, la tenue d’une comptabilité est une obligation légale pour des raisons juridiques, sociales ou fiscales.
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Histoire de la comptabilité
L’enfance de la comptabilité remonte à celle de l’humanité : les Sumériens et Assyriens nous ont laissé de nombreuses tablettes d’inventaires (terres, bétails, hommes). La Bible mentionne l’usage de la comptabilité simple dans l’Évangile selon Matthieu (parabole des talents).
Luca Pacioli (1445 - 1517) est crédité comme l’auteur du premier livre publié sur la comptabilité. Son Summa de arithmetica, geometrica, proportioni et proportionalita (Venise 1494), est une synthèse des connaissances mathématiques de son temps dont le livre XI, particularis de computus et scripturis décrit la méthode de tenue de compte des marchands vénitiens de son temps, la comptabilité en partie double. Luca Pacioli n’a fait que codifier plutôt que d’inventer ce système mais il est largement considéré comme le « père de la comptabilité ». Sa description comprend la plupart des éléments du cycle comptable tel que nous le connaissons aujourd’hui ainsi qu’une recommandation précieuse de ne pas aller se coucher avant que les débits n’égalent les crédits ! Ses journaux comportent des comptes pour les actifs (immobilisations, avoirs et inventaires), pour les dettes, pour le capital, pour les dépenses et les recettes ; toutes les catégories nécessaires à un bilan et un compte de résultat. Il présente les écritures nécessaires à une clôture des comptes de fin d’année et n’oublie pas les sujets relatifs comme l’éthique comptable et les centres de coût.
Le premier livre publié en anglais sur le sujet, A Profitable Treatyce called the Instrument or Boke to learn to knowe the good order of the kepyng of the famouse reconynge, called in Latin, Dare and Habere, and, in English, Debitor and Creditor, l’est en 1543 par John Gouge ou Gough à Londres.
En France, la comptabilité prend un véritable essor au XVIIe siècle avec l’ordonnance Colbert-Savary qui introduit la tenue de comptes obligatoire. Jacques Savary publie Le parfait négociant ou Instruction générale pour ce qui regarde le commerce des marchandises de France et des pays étrangers en 1675. Prenant la suite des Lombards et des Vénitiens, les Français deviennent de redoutables théoriciens de la comptabilité publique. Citons le Projet de dixme royale de Vauban.
Les types de comptabilité
La comptabilité publique détermine les recettes et dépenses de l’État et des autres collectivités publiques ; en France elle utilise le principe technique de la comptabilité simple pour les comptes de prévision (budget), et celui de la partie double pour les comptes d’exécution.
La comptabilité nationale agrège, au niveau d’un pays, les comptabilités publiques et les comptabilités privées pour donner l’image de la situation économique du pays.
La comptabilité générale, ou comptabilité financière, s’appuie essentiellement sur la technique de la comptabilité en partie double. Outil d’information obligatoire pour les entreprises au-delà d’une certaine taille ou d’un certain volume d’affaires, elle peut être fortement réglementée et contrôlée selon les législations nationales. Son objectif essentiel est d’informer les dirigeants et les tiers (propriétaires, prêteurs, fisc, etc.) sur la situation économique de l’entité. Elle sert de base au calcul du résultat et à celui des impôts directs ou indirects.
La comptabilité analytique, ou comptabilité de gestion, est une comptabilité qui cherche à déterminer le coût de revient des produits et des services que vend une entreprise. Dans le cas d’une entreprise qui achète des produits (par exemple des planches de bois) et les revend sans les avoir modifiés, le coût de revient est simple à calculer : c’est essentiellement le prix d’achat des produits. Mais si l’entreprise les modifie (elle fabrique des meubles, par exemple), le coût de revient est bien plus complexe : il intègre des salaires, des dépenses d’électricité, de petit outillage, de produits "consommables" (colles, vernis), etc. Si l’entreprise ne fait qu’un type de meubles, il lui suffit de diviser toutes ses dépenses par le nombre de meubles fabriqués pour connaître son coût de revient. Mais si elle fabrique plusieurs types de meubles, la comptabilité générale ne peut pas lui donner le coût de revient par type de meuble. Elle trouvera l’information dans sa comptabilité analytique, qui lui donnera aussi d’autres informations de gestion : coût de revient d’un centre de coût, marge réalisée par produit, par atelier, etc. Elle n’est pas obligatoire mais en pratique indispensable pour les grandes entreprises, et son processus de production est complexe.
Les normes et principes de la comptabilité financière
Il est important pour un investisseur de pouvoir comparer la situation et les résultats des entreprises nationales dont il souhaite acquérir des titres (actions ou obligations) et de pouvoir les comparer avec ceux des autres entreprises du même secteur, quel que soit le pays où il souhaite investir. Inversement, chaque État souhaite disposer d’informations établies selon des méthodes homogènes pour analyser l’apport des entreprises opérant dans le pays, quelle que soit leur nationalité, notamment pour déterminer l’assiette des impôts.
Normes et principes nationaux
En France, c’est en 1947 qu’est apparue la première norme comptable sous le nom de « plan comptable général » (PCG). La dernière révision d’ensemble de cette norme date de 1999. À l’origine, le PCG s’appliquait aussi bien à la comptabilité générale qu’à la comptabilité analytique. Depuis 1999, son champ d’application a été limité à la seule comptabilité générale. La comptabilité se doit de suivre quelques grands principes ou conventions. Le non-respect de ces principes ou conventions a conduit à des scandales boursiers ou à des faillites prononcées à l’encontre d’entreprises de taille internationale (Enron, Parmalat, Worldcom, Vivendi, etc).
Les normes comptables des États-Unis (Financial Accounting Standards - FAS) ont une importance internationale en raison de l’influence économique et financière de ce pays.
Normes comptables internationales
A l’international, elles sont devenues nécessaires en raison de la mondialisation des marchés financiers. Les comparaisons internationales des comptes des entreprises dont les titres sont traités sur les marchés financiers mondiaux, exigent que ces comptes soient établis selon des règles identiques. C’est pourquoi l’IASB établit des "normes de publication de l’information financière" appelées International Financial Reporting Standards - IFRS, anciennement dénommées "IAS" (International Accounting Standards) et dont l’application est conseillée aux entreprises du monde entier. Un règlement européen datant de 2002 a rendu ces normes obligatoires pour les sociétés cotées établies dans l’Union européenne. Aux États-Unis, les autorités boursières (SEC) s’orientent vers une reconnaissance des IFRS en autorisant les sociétés étrangères appliquant ces normes, à être cotées sur les Bourses américaines.
Les méthodes de la comptabilité financière
Il existe deux méthodes de comptabilisation : la comptabilité simple et la comptabilité en partie double.
Dans tous les cas, on passe des écritures datées, chiffrées (montant), allouées à un compte, explicitées par un libellé et correspondantes à un document répertorié qui doit toujours en retour pouvoir justifier une écriture comptable (une facture, un relevé de compte bancaire, une feuille d’impôt à payer, etc). Une écriture comptable ainsi justifiée peut alors être opposable à des tiers (État, actionnaires, organisme sociaux, justice, etc).
On subdivise généralement les opérations en catégories correspondant à des comptes numérotés et libellés que détermine le plan comptable. On distingue les « comptes de bilan » et les « comptes de résultat ».
- Les comptes de bilan correspondent à ce que l’entité possède (les bâtiments, les machines, les comptes clients, les liquidités, les avoirs divers) et ce qu’elle doit (les capitaux propres, les dettes envers les fournisseurs, les organismes sociaux, les salariés, les établissements financiers, etc.)
- Les comptes de résultat correspondent à l’activité de l’entité pour produire les richesses inscrites au bilan. On distingue les produits (vente de matières produites ou de services, de marchandises ou production immobilisée) et les charges engagées pour atteindre ces produits (achats de fournitures, d’énergie, de services, frais généraux, cotisations d’adhérents, etc.)
La comptabilité simple
Elle est basée sur la distinction des recettes et des dépenses et la détermination d’un solde entre le total des dépenses et le total des recettes telles qu’elles apparaissent dans le journal de banque et le journal de caisse.
Chaque événement économique est reporté sur un cahier à deux colonnes :
- la première colonne pour décrire l’événement,
- la deuxième pour mettre son montant, en plus ou en moins selon qu’il s’agit d’un encaissement ou d’une dépense pour celui qui tient la comptabilité.
Ce type de comptabilité dit « de caisse » ne permet pas de faire apparaitre les variations de stock (et, plus généralement, du patrimoine), de sorte qu’elle peut laisser penser que tout va bien alors qu’on est en train de vendre les "bijoux de famille" (et inversement, faire croire que la situation est difficile, alors que c’est simplement le stock qui grossit). Elle ne convient donc que pour gérer un stock dont la valeur est stable ou relativement faible, c’est-à-dire pour des particuliers ou de toutes petites entreprises dont les événements économiques sont très simples (par exemple : un cafetier qui encaisse au comptoir les consommations et rend la monnaie).
C’est pourtant avec cette technique que l’État français a fonctionné jusqu’en 2001. Cependant, pour ce faire, il avait adopté une variante un peu plus élaborée. En effet la comptabilité de caisse peut être perfectionnée par l’usage du plan comptable, permettant de déterminer des sous-totaux et des soldes par catégorie. Le solde général peut alors être subdivisé entre le solde des comptes de bilan et celui des comptes de résultats.
La comptabilité en partie double
La partie double est une technique qui fonctionne sur la correspondance entre des ressources et leur emploi, entre une origine et une destination. Elle est basée sur l’idée que chaque chose peut être inteprêtée comme un nombre correspondant au prix d’achat ou de vente et sur le fait que chaque opération comptable est un enregistrement réciproque et simultané de deux évènements : un débit et un crédit. La somme des débits est donc globalement égale à la somme des crédits.
Ce mode de fonctionnement entraine des paradoxes d’un point de vue sémantique car les mot débit et crédit peuvent signifier une chose et son contraire. Le contexte dans lequel ils sont utilisés est donc déterminant.
Au niveau des comptes de bilan (excepté les comptes de capitaux), le débit représente une richesse financière ou une possession de l’entreprise tandis que le crédit représente une dette de l’entreprise, la diminution de son patrimoine ou de sa trésorerie. Dans ce cas, le mot débit est utilisé à l’envers de son etymologie (être débiteur signifie littéralement avoir une dette).
Symétriquement, au niveau des comptes de résultat, le débit représente une dépense (achats, impôts) tandis que le crédit représente un gain (ventes, produits financiers). C’est donc le sens contraire que précédemment. Dans ce cas, le mot débit est utilisé dans un sens voisin de son etymologie (dépenser et avoir des dettes).
Les extraits de compte en banque sont un cas particulier puisque les termes débit et crédit y ont leur sens étymologique. Le mot débit correspond en effet aux dépenses et éventuellement aux dettes que nous avons et le mot crédit correspond à l’argent que nous avons confié à la banque. Voir l’article crédit.
Exemple de l’achat d’un véhicule
Une entreprise qui achète un véhicule 10.000 € augmente son patrimoine puisqu’elle a un véhicule. C’est un débit. En contrepartie, elle doit payer ce véhicule, donc faire diminuer sa trésorerie, évènement que l’on inscrit au crédit. On passera l’écriture suivante :
| Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Compte Véhicule | 10.000 | |
| Compte de trésorerie | 10.000 |
La première ligne représente le débit, la 2e le crédit.
L’opération est un peu plus complexe si elle achète le véhicule dans un garage sans le payer immédiatement : elle inscrira le véhicule au débit, et constatera qu’elle a une dette envers son fournisseur.
| Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Compte Véhicule | 10.000 | |
| Compte de fournisseur | 10.000 |
Quand elle règlera, elle passera l’écriture suivante :
| Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| Compte de fournisseur | 10.000 | |
| Compte de trésorerie | 10.000 |
Et l’opération sera terminée. Au niveau du compte fournisseur, le débit et le crédit de 10.000 € seront compensés, signifiant que le fournisseur a finalement été payé.
Avantages
Cette technique est bien supérieure à la comptabilité simple. En effet, elle permet d’enregistrer non seulement les opérations financières immédiates, mais aussi les opérations différées dans le temps : les emprunts, les prêts et les réserves ou provisions pour des opérations envisagées de façon certaine.
De même, elle permet à tout instant d’assurer que la richesse et les avoirs (ce que l’entreprise possède et qui est au débit) sont égaux aux dettes (ce que l’entreprise doit, et qui est inscrit au crédit) : si de la richesse est créée (supposons la vente de services), le résultat de l’opération sera comptabilisé au bilan comme une dette envers l’actionnaire. On fait ainsi toujours correspondre une opération de recette ou de dépense avec un moyen de la réaliser.
Ceci donne une image la plus fidèle possible de l’état des richesses d’un organisme à tout moment et de ses interactions avec les différents acteurs dont il dépend.
Certaines opérations (avec TVA par exemple) font entrer en jeu plusieurs débits et plusieurs crédits dont les sommes des débits doivent être égales aux sommes des crédits. Elle recourt à un plan comptable pour catégoriser les opérations, mais chaque compte peut être débité ou crédité et dispose donc d’au moins deux colonnes.
L’historique des écritures reflète ainsi à chaque date, la photographie de la situation financière de l’entreprise, avec ses acquis, l’état de sa trésorerie, l’évaluation des risques, ses dettes et ses créances. Cette technique offre en outre des garanties de cohérence beaucoup plus grande que celle d’une comptabilité simple. L’égalité entre les débits et les crédits permet en effet des contrôles sous plusieurs angles de la rigueur de la comptabilité. Notamment, le solde des comptes de bilan et celui des comptes de résultats doivent être égaux d’une part et d’autre part s’équilibrer : l’un créditeur (somme des crédits supérieure à celle des débits) et l’autre débiteur (somme des débits supérieure à celle des crédits).
Ce système ne garantit pas complètement contre la fraude : généralement les opérations sont techniquement correctes (débit=crédit), mais la fraude provient de pièces comptables inventées ou trafiquées et/ou d’affectations de comptes erronées, voire à des abus de confiance (signature de deux chèques pour une même opération par exemple). Parfois ce sont des systèmes virtuels très sophistiqués qui sont employés.
Le terme "partie double" est parfois pris au sens de comptabilité générale. Cette association est impropre car il existe des comptabilités analytiques tenues en partie double.
Progiciel de comptabilité
L’époque où les comptables utilisaient encore des « livres » et des « journaux » sur support papier est révolue. Les avancées en informatique ont permis des gains de productivité phénoménaux en la matière. Aucune entreprise ne peut aujourd’hui se passer d’un progiciel comptable qui automatise la saisie des opérations comptables et permet d’établir rapidement les états comptables les plus courants : le bilan, le compte de résultat, un tableau des flux de trésorerie.
Fréquemment on y associe un reporting plus ou moins élaboré en fonction des besoins de l’entreprise pour synthétiser les données de la comptabilité analytique. Ce progiciel couvre parfois des besoins de gestion plus étendus, tels que le suivi des investissements, les tableaux d’emprunts, l’analyse financière, la gestion prévisionnelle, l’analyse des écarts entre prévisions et réalisations, etc.
Plus ce logiciel comporte de fonctions, plus il se rapproche de la définition d’un PGI (progiciel de gestion intégré).
Plus récemment, à l’heure de l’Internet et du travail collaboratif en réseau (Groupware), apparaissent les applications de comptabilité en ligne de type ASP (Application Services Provider) qui permettent de partager sur le web en temps réel le travail du comptable d’entreprise, de l’expert comptable réviseur et des auditeurs commissaires aux comptes.
La certification des comptes et les métiers de la comptabilité
Les informations financières produites par la comptabilité d’une entreprise sont utilisées par nombre d’acteurs économiques : les propriétaires de l’entreprise au premier plan, l’État, les banques et autres prêteurs, mais aussi les clients et les employés qui peuvent désirer se faire une opinion sur la continuité et la solidité économique de leur partenaire et employeur. Il leur est nécessaire d’avoir une image aussi exacte que possible des comptes, c’est l’objet de l’audit comptable et financier, mené par les commissaires aux comptes, que de certifier la véracité des informations comptables et financières publiées.
Les métiers de la comptabilité sont par exemple :
- Commissaire aux comptes
- Commissaire de l’armée de Terre
- Auditeur
- Expert-comptable
- Contrôleur de gestion
- Consolideur
Annexes
Articles connexes
Lien externe
- Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes (IFEC)
- Dictionnaire des termes de comptabilité sous licence Creative Commons






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